[Critique] BLISS

CRITIQUES | 8 février 2021 | Aucun commentaire
Bliss-poster

Titre original : Bliss

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Mike Cahill

Distribution : Owen Wilson, Salma Hayek, Madeline Zima, Nesta Cooper, Joshua Leonard, Jorge Lendeborg Jr., DeRon Horton…

Genre : Drame/Fantastique

Durée : 1h44

Date de sortie : 5 février 2021 (Prime Video)

Le Pitch :

Rien ne va plus dans la vie de Greg. À la dérive depuis son divorce, il peine à rester connecté à une réalité qui ne lui correspond plus et passe ses journées au bureau à dessiner l’existence dont il rêve inlassablement. Un jour, il rencontre Isabel, une femme sans-abri qui lui dévoile que le monde dans lequel ils évoluent n’est qu’une création virtuelle de laquelle il est possible de s’extraire. Au début plutôt septique, Greg commence néanmoins à s’ouvrir à cette étrange perspective quand Isabel lui présente des preuves plutôt convaincantes…

La Critique de Bliss :

Réalisateur des remarqués (dans les cercles autorisés) I Origins et Another Earth, Mike Cahill ne change pas du tout son fusil d’épaule et propose, avec son nouveau film, une sorte de variation du thème déjà abordé dans Matrix. Ses deux personnages principaux, incarnés par Owen Wilson et Salma Hayek évoluant dans une réalité qui n’est que le produit d’un programme informatique super abouti. Owen Wilson jouant une version dépressive, blonde et pas du tout portée sur le kung-fu de Néo, tandis que Salma Hayek joue une sorte de Morpheus en roue libre… Un postulat plutôt intéressant, à défaut d’être totalement original, pour un film qui s’avère assez maladroit mais néanmoins attachant…

Bliss-cast

De l’autre côté du miroir

La tonalité de Bliss n’est donc pas du tout la même que celle de Matrix. Mike Cahill comptant d’ailleurs peut-être la dessus pour gentiment noyer le poisson et nous faire oublier que les deux longs-métrages racontent la même histoire. Si ce n’est que dans Bliss, la réalité est beaucoup plus fréquentable que l’illusion. Une sorte d’utopie devenue tangible, où tous les problèmes de l’humanité ont été réglés, où tout le monde est plein aux as et où il est possible de voir ses pensées illustrées sur une grosse tablette (si, si)… D’emblée, dès que le scénario commence à dévoiler ses cartes, Bliss s’avère donc moins fataliste que Matrix mais aussi un peu plus vain. Ce qui est dommage tant les aspirations narratives de Mike Cahill apparaissent en revanche limpides. Bliss dissertant avec une naïveté plutôt attachante sur les dérives de notre société, sur sa propension à broyer dans l’œuf les rêves et aspirations de chacun et sur l’importance de se rattacher aux authentiques valeurs, en écoutant son cœur. Ce genre de trucs…

Matrux

Si l’introduction de Bliss s’avère convaincante, en particulier quand le personnage principal découvre le pot aux roses, la suite trahit un manque de clarté dans la démarche ainsi qu’une petite prédisposition à en faire des caisses. Mike Cahill a tendance à tout mélanger et oui, cela nuit irrémédiablement à la bonne tenue de l’ensemble. Heureusement, les acteurs eux, tiennent bon. En fait, disons plutôt que c’est surtout Owen Wilson qui tient la baraque. Non seulement car il sait parfaitement incarner le spleen de son personnage mais aussi car il reste toujours dans la mesure et que c’est à lui que Cahill a accordé le plus de soin. Salma Hayek elle, en est un peu réduite à avancer pied au plancher, sans trop de subtilité, prise au piège d’un rôle écrit à la machette. Le plus étrange est que finalement, tous les défauts du scénario s’expriment un peu à travers elle, à l’exception de rares moments d’équilibre.

Pas de quoi gâcher le plaisir pour autant. Plutôt court, ludique et relativement bien rythmé, à part concernant le petit ventre mou à mi-parcours, Bliss nous encourage également à l’indulgence grâce à sa naïveté et à la mélancolie qu’il parvient à incarner. Un film qui au final, raconte surtout la dérive d’un homme brisé, qui a bien du mal à relever la tête après avoir touché le fond. Une sorte d’évocation de la dépression agrémentée de quelques éléments fantastiques donc…

En Bref…

Clairement bancal mais sincère, naïf et parfois outrancier, Bliss n’arrive jamais vraiment à trouver le bon équilibre entre ses ambitions et son désir de se démarquer de références aussi évidentes que plombantes. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il faille lui tourner le dos. Ne serait-ce que pour la performance d’Owen Wilson, parfait de bout en bout dans un rôle pourtant casse-gueule.

@ Gilles Rolland

Bliss-Owen-Wilson-Salma-Hayek
Crédits photos : Prime Video
Par Gilles Rolland le 8 février 2021

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