[Critique] CAM

CRITIQUES | 15 décembre 2018 | Aucun commentaire
Cam-poster

Titre original : Cam

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Daniel Goldhaber
Distribution : Madeline Brewer, Imani Hakim, Jessica Parker Kennedy, Patch Darragh, Michael Dempsey, Quei Tann, Devin Druid, Flora Diaz, Samantha Robinson, …
Genre : Thriller/Horreur,
Date de sortie : 16 novembre 2018 (Netflix)

Le Pitch :
Alice alias Lola est une cam-girl payée pour faire des shows érotiques. Un jour, elle n’a plus accès à son site internet et s’aperçoit qu’un sosie se fait passer pour elle…

La Critique de Cam :

Blumhouse Productions, c’est comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Spécialisée dans les productions à budget modeste, la société de Jason Blum alterne fulgurances (Insidious, Sinister, Get Out) et trucs bien plus dispensables (Action ou Vérité, les suites de Paranormal Activity, American Nightmare ou encore Unfriended) avec, à chaque fois pour cœur de cible les adolescents et jeunes adultes. Premier film de Daniel Goldhaber, Cam est-il dans la première ou deuxième catégorie ? On va tuer tout suspense : kil n’y a pas de quoi se relever la nuit.

Bête à cams

À défaut d’annoncer un chef-d’œuvre, Cam part sur le papier avec des arguments. Plongée dans l’univers des cam-girls, Cam a été co-écrit par Isa Mazzei, une ancienne de ce milieu. C’est ainsi que dans sa première partie, le film se montre plutôt réaliste. On retrouve une jeune femme addict à la reconnaissance, prête à tout pour satisfaire son audience, qui la rémunère suivant ses performances, et n’hésite pas à faire des show borderline. Le regard porté sur l’envers du décor est sans concession. On pénètre un milieu où les femmes sont objectivées à l’extrême, et enchaînent les shows de manière quasi-industrielle, en vraies bêtes de foire méprisées par la société et vénérées par des pervers en état de misère sexuelle avancée. Derrière les chambres aux couleurs dignes des vitrines du quartier rouge d’Amsterdam, là aussi l’envers du décor est peu reluisant. Madeline Brewer campe à merveille cette jeune femme ayant perdu toute innocence, mais inconsciente des dangers d’Internet. Si Cam était resté sur ce registre du thriller psychologico-dramatique, on tenait une jolie surprise.

Doppel-banger

Le problème, c’est qu’on est sur une production Blumhouse classique et par conséquent, le film doit basculer vers le film d’horreur. Et c’est là que les choses se gâtent. Si dans une bonne partie, Cam semble tenir la corde malgré une histoire de sosie (pas très sage) un poil bancale, on sent vite que Daniel Goldhaber lui-même ne sait pas où il va, tant l’histoire devient nébuleuse et part dans tous les sens. Qui est ce doppelganger ? Qui menace notre héroïne ? À aucun moment, le film ne répond aux peu d’enjeux qu’il pose, et l’improbabilité s’installe peu à peu. Pire encore, le dénouement complètement aux fraises achève une entreprise qui partait bien sur le papier mais qui se prend les pieds dans le tapis pour se vautrer finalement de manière acrobatique.

En Bref…
On a failli avoir une série B sympa, un petit thriller sans prétention au propos pertinent. Hélas, le dernier tiers mise sur de vaines tentatives vaguement horrifiques complètement à la ramasse et totalement inefficaces. Ce changement de registre inutile au possible fait de Cam une production Blumhouse lambda, pas franchement médiocre mais plutôt anecdotique.

@ Nicolas Cambon

Cam-cast   Crédits photos : Netflix

Par Nicolas Cambon le 15 décembre 2018

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