[Critique] AVENGERS

CRITIQUES | 26 avril 2012 | 6 commentaires

Titre original : The Avengers

Rating: ★★★★★ (moyenne)
Origine : États-Unis
Réalisateur : Joss Whedon
Distribution : Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Jeremy Renner, Stellan Skarsgard, Samuel L. Jackson, Cobie Smulder, Gwyneth Paltrow, Clark Gregg…
Genre : Fantastique/Action/Adaptation/Saga
Date de sortie : 25 avril 2012

Le Pitch :
Le maléfique Loki est de retour sur Terre avec la ferme intention de réduire à néant cette dernière. Face à cette menace d’une ampleur sans précédent, Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D. tente de réunir une équipe de super-héros. C’est ainsi que Captain America, Iron Man, Hawkeye, Black Widow, Hulk et Thor se retrouvent côte à côte. Une union au potentiel énorme qui peine pourtant à trouver sa cohésion…

La Critique (Gilles) Rating: ★★★★½ :
L’union fait la force ! Le message d’Avengers, la nouvelle super production des Studios Marvel est clair. C’est donc après avoir introduit les personnages clés de cette équipe de choc, avec les deux Iron Man, L’Incroyable Hulk, Captain America et Thor que Marvel sort enfin son plus bel As. Il s’agissait de ne pas se planter et le moins que l’on puisse dire, c’est que le pari est gagné. Au-delà des plus grandes espérances sommes-nous même tenté d’affirmer.

Avengers déboule tel un troupeau de mammouths dans un magasin de porcelaine. Il dévaste tout sur son passage. Les craintes inhérentes aux quelques fautes de goût des précédentes productions Marvel fondent comme neige au soleil à la vue de ce déferlement ultra jubilatoire qui nous est offert ici. Les geeks, fans des comics de Stan Lee et Jack Kirby seront aux anges et risquent bien de retourner voir le film un paquet de fois. Les autres, les curieux comme les amateurs de cinéma à sensation, risquent bien eux-aussi de prendre une claque mémorable.

Joss Whedon, le papa de Buffy, fait preuve d’une volonté admirable d’envoyer du lourd. En cela, la dernière partie d’Avengers s’apparente à une grande leçon. Le climax synthétise un état d’esprit concentré sur une immédiateté appréciable et sur une maitrise de l’image remarquable. L’action est lisible, décomplexée et jusqu’au-boutiste, offrant à chaque héros son quart d’heure de gloire.
Ainsi, l’incroyable plan-séquence qui intervient au cœur de la bataille finale s’impose comme LE grand moment du long-métrage. L’objectif virevolte dans les airs, s’intéresse aux prouesses combinées des Avengers et -il faut bien le dire- s’avère plus impressionnant que tout ce que Marvel nous avait offert jusque là sur un écran de cinéma.

Pas besoin de tergiverser trois heures pour arriver à la conclusion suivante : Avengers est probablement le meilleur film Marvel. L’un des plus fidèles aux comics. Whedon prend quelques libertés, mais les justifie constamment, tandis qu’il garde tout le temps à l’esprit la moelle des écrits de Lee et Kirby. On sent le fan qui jubile derrière son objectif, en voulant à tout prix offrir aux spectateurs un film dont ils se souviendront longtemps. Avengers marque les esprits. Joss Whendon, qui fut longtemps l’objet de toutes les craintes, est bel et bien l’homme de la situation. Il respecte la vision des réalisateurs qui, avant lui, ont mis en scène Hulk, Iron Man ou Thor et cristallise l’essence de chacun au sein d’un tout cohérent. En résulte un film qui n’oublie jamais son caractère universel mais qui ne sacrifie pas certains de ces éléments dans une logique enfantine. Avengers s’adresse au plus grand nombre, sans jamais cesser de poursuivre une ligne directrice solide. Contrairement aux Quatre Fantastiques qui s’apparentait à un cartoon pour gamins de moins de 8 ans par exemple.

Au cœur de ce maelström pyrotechnique, les acteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu. Aucun personnage n’est véritablement laissé de côté, y-compris les plus secondaires (comme par exemple l’Agent Hill incarné par Cobie Smulders, qui au passage est superbe). Certains y trouvent même une ampleur étonnante à l’image de Hulk. Mark Ruffalo, qui passe après Eric Bana et Edward Norton, fait un Bruce Banner remarquable, tout en retenue, tandis que son homologue le géant vert tient toutes ses promesses. Scarlett Johansson, est non seulement sublime (on salut au passage le goût du S.H.I.E.L.D. en ce qui concerne les tenues de ses collaboratrices), mais arrive aussi à insuffler une aura incroyable à son personnage. Personnage à peine effleuré dans le bordélique Iron Man 2 qui habite l’écran à chacune de ses apparitions (ah la scène de la chaise !!!). Les autres sont au diapason. Chris Evans continue de rendre crédible un Captain America attachant, Robert Downey Jr. brille sans trop tirer la couverture à lui et Chris Hemsworth confirme tout le bien qu’il faut penser de lui. Sans oublier Jeremy Renner, tout à fait à sa place et décidément à l’aise partout.

Et Loki ? Certes, le faux frère de Thor ne restera pas dans les annales des méchants du cinéma. Tom Hiddleston insuffle de la substance et réussit parfois à s’imposer, mais le personnage est faiblard, tout comme son costume un peu trop grandiloquent pour totalement empêcher le ridicule.

Prenant le temps d’installer une ambiance et une histoire, pour mieux emmener le spectateur à un dénouement époustouflant, Avengers glorifie les héros. Ceux d’un autre age, ceux qui s’ignorent et ceux qui s’autoproclament. De quoi oublier les quelques ellipses maladroites et un scénario qui se perd parfois en conjonctures inutiles. Des broutilles face aux séquences de folie qui s’enchainent à un rythme frénétique sous nos yeux. Du très grand divertissement ! D’ores et déjà l’un des grands de 2012.

Si vous avez la possibilité de voir le film en IMAX foncez. En ce qui concerne la 3D, foncez aussi car sans être indispensable, elle s’avère soignée et immersive, ce qui est bien le principal.

@ Gilles Rolland

 La Critique (Daniel) Rating: ★★★★★ :
C’est bizarre. On peut facilement expliquer comment les créateurs de comics ont imaginé des gus comme Batman ou Spider-Man, mais pour une raison ou pour une autre, on n’a pas beaucoup d’infos sur le contexte dans lequel Stan Lee et Jack Kirby ont créé les Avengers. Une version nous dit que les bonhommes travaillant pour Marvel en 1963 subissaient alors l’immense pression de devoir créer une nouvelle équipe de super-héros, tandis que la conception du groupe sur lequel ils bossaient à l’époque (Les X-Men) prenait trop de temps. Solution? Ils ont décidé de balancer une poignée de leurs personnages dans la même marmite, et de les baptiser les Avengers. Presque un demi-siècle plus tard, les éditions Marvel publient encore aujourd’hui les aventures de cette dream team.

Que ce récit soit vrai ou pas, c’est facile de comprendre pourquoi la série continue d’être populaire de nos jours. La grande innovation des publications Marvel pendant « l’âge d’argent » des comics était de pousser le concept d’un univers partagé, déterminé par la continuité, au maximum de son potentiel. Et les Avengers (les Vengeurs en France) représentaient l’œil du cyclone : une équipe dont les membres interchangeables rassemblaient des humains, des mutants, des aliens, des êtres magiques et tous les autres aspects divers du monde riche de Marvel. Toutes les routes menaient ainsi aux Avengers.

Et maintenant, pour la première fois, ce genre exubérant de narration tentaculaire qui défiait tous les styles a été adapté sur grand écran. Il y a eu beaucoup de long-métrages inspirés des super-héros des comics, notamment pendant ces dernières années, et une grande majorité d’entre-eux ont donné des bons films. Certains des chefs-d’œuvres.

Mais Avengers, ainsi que les multiples sagas des studios Marvel qui ont mené à son paroxysme (Iron Man, L’Incroyable Hulk, Iron Man 2, Thor et Captain America : First Avenger), représente la première tentative d’Hollywood de prendre la véritable expérience des comics (la vaste continuité et les personnages interconnectés, l’absurdité des costumes, l’indifférence totale par rapport à l’idée des genres étant à la base des entités séparées, etc.…) et la retranscrire à l’écran dans un cross-over ultime. On disait que c’était impossible. On disait que c’était interdit. Au final, Avengers apparaît comme étant le pari le plus insensé, le plus coûteux et le plus grand risque créatif jamais entrepris depuis Le Seigneur des Anneaux. Pari réussi.

Avengers est un grand film, une véritable claque si on le juge pour ses qualités propres, et quelque-chose proche du miracle au regard des efforts accomplis pour en arriver là. Un film qui, tout à la fois, triomphe là où d’autres blockbusters de l’été ont échoué, et qui ose visiter tous les domaines que les super-épopées précédentes ont exploré avec trop de timidité (Les Quatre Fantastiques) ou trop de sérieux ( les Batman de Chris Nolan…).

La question se pose déjà : est-ce le meilleur film de super-héros qui ait jamais existé ? Chose qui reste à voir, puisque les “Big Trois” (The Dark Knight, Spider-Man 2, Superman…) et ses cousins pèsent encore très lourd. Mais c’est sans nul doute une nouvelle référence pour le genre, un critère de qualité auquel tous les nouveaux venus devront se plier.

Mettons une chose au clair : malgré le fait que l’expérimentation avec la continuité s’est avérée cruciale dans la naissance du film, il n’est pas indispensable de se souvenir ou même d’avoir vu les divers long-métrages indépendants de Marvel qui ont préparé le terrain. Même si cela clarifie peut-être les choses, et approfondit peut-être quelques aspects à propos des personnages, sans doute. Mais en fin de compte, Avengers rafraîchit rapidement la mémoire du spectateur et établit à peu près tout ce qu’il faut savoir concernant l’équipe.

Croyez-le ou pas, l’intrigue est parmi les moins compliquées si on considère tous les autres volets qui ont vu le jour jusqu’ici. Les Avengers se rassemblent et ils sauvent le monde. Point barre. Oh, il y a bien des détails sur le contrôle de l’esprit, des intentions cachées, mais en gros, le scénar d’Avengers est tout ce qu’il y a de plus simple et emblématique. C’est un bouquet final prolongé, le couronnement d’une longue attente qui a traversé quatre ans et cinq films, une apothéose où il s’agit de donner vie à un maximum de moments mythiques, dignes des comics : héros contre héros, héros contre méchant, travail d’équipe, missions de sauvetage, destructions et catastrophes à grande échelle, batailles de monstres, invasion d’extraterrestres – tout est là, et bien plus encore.

Mais d’un autre côté, même l’iconographie a ses limites. Ouais, c’est toujours super cool de voir les gars de cinq films différents faire équipe pour se bastonner, mais soyons sérieux : les super-héros, on connait bien, désormais, n’est-ce-pas ? La dévastation des grandes villes, c’est du déjà vu. Des gros monstres en images de synthèse, rien de nouveau. Et les gentils qui mettent la raclée à des vagues interminables de fantassins, c’est vieux, quand même ! On aura décidément tout vu dans le blockbuster…

Mais Avengers apparaît comme une version infiniment supérieure d’un sujet tant traité, puisque parmi tout ce spectacle, et malgré la simplicité trompeuse de l’intrigue, le film conserve un scénario et des dialogues absolument fantastiques, signés Joss Whedon.

Bien sûr, le fait que Whedon a tout compris à propos des comics et sait comment les prendre au sérieux sans enlever le fun pour autant (étant un scénariste de comics chevronné, c’est une chose qu’il fait mieux que presque n’importe quel professionnel d’Hollywood) est un joli bonus. Mais la vraie raison pour laquelle le bonhomme de Buffy contre les vampires et Firefly reste un choix inspiré pour ce projet est son talent de rendre identifiable des personnages fantastiques et de bien équilibrer la dynamique d’un groupe. Personne ne le fait mieux que lui.

Oui, c’est génial de voir Iron Man se battre contre Thor, mais on savait déjà que ça allait être génial. Les vraies surprises se trouvent dans les petits détails du scénario : comme la façon inattendue dont le malaise de Captain America dans une époque qui n’est pas la sienne se manifeste, le fait que Tony Stark et Bruce Banner forment un duo parfait, l’efficacité avec laquelle Thor remplit le rôle du coéquipier sérieux, où la manière dont des révélations à propos de l’Agent Coulson réparent instantanément une bonne partie du deuxième acte maladroit d’Iron Man 2.

Les louanges doivent aussi être faites à l’inclusion de Hulk, qui est vraiment la perle rare du lot. Après deux tentatives imparfaites d’adapter le géant vert à l’écran, c’est la troisième fois qui est la bonne. Pourquoi s’acharner à nous servir une version monstrueuse du personnage, alors que tout ce qu’il faut c’est un rappel à quel point Hulk peut être fun ? Ici, il s’énerve, il se transforme, il casse tout. Grâce aux merveilles de la motion capture, Mark Ruffalo fait un travail magnifique en jouant les deux côtés du personnage – le balèze du groupe, et un scientifique qui a peur de lui-même. De tous les personnages, Hulk est l’élément qui se fera sans doute le plus de nouveaux fans.

Bien sûr, rien n’est parfait : Loki reste malgré tout un méchant de seconde zone, Cobie Smulders aurait bénéficié d’un rôle un peu plus développé, et le début commence un peu à la va-vite. Mais ce ne sont que des problèmes mineurs. Une seule erreur de casting, un seul faux pas aurait suffit à faire chavirer tout le navire, mais ici, tout marche à merveille.

Avengers est un film que certains ont attendu presque toute leur vie. Et l’émergence potentielle d’une nouvelle forme de cinéma. Le fait qu’ils aient visé juste dès la première tentative est carrément époustouflant. L’œuvre qu’on attendait tous est enfin arrivée. Le tour de force. La carte maîtresse. En un mot: Wow.

@ Daniel Rawnsley

Crédits Photos : Marvel Studios

Par Gilles Rolland le 26 avril 2012

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Marion
9 années il y a

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