[Critique] CHEZ MOI

CRITIQUES | 9 avril 2020 | Aucun commentaire
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Titre original : Hogar

Rating: ★★★½☆

Origine : Espagne

Réalisateurs : David Pastor, Alex Pastor

Distribution : Javier Gutiérrez, Mario Casas, Bruna Cusi…

Genre : Thriller/Drame

Durée : 1h43

Date de sortie : 25 mars 2020 (Netflix)

Le Pitch :

Un publicitaire au chômage est contraint de déménager de son confortable loft avec sa famille. Peinant à retrouver un emploi malgré son C.V. bien rempli, il n’arrive pas à se résoudre à accepter sa nouvelle condition et commence à espionner les nouveaux locataires de son ancien appartement. Jusqu’au jour où il décide de passer à l’étape suivante de son plan…

La Critique de Chez Moi :

Connus pour avoir mis en scène le très bon Les Derniers Jours, les frères Pastor ont rapidement cédé à l’appel d’Hollywood, où ils ont réalisé le film d’horreur Infectés et surtout Renaissances. Un film de science-fiction porté par Ryan Reynolds qui ne fit pas autant d’étincelles que prévu. Aujourd’hui de retour en Espagne, sur Netflix, les frangins mettent en scène un thriller en apparence beaucoup plus modeste qui porte en son sein des thématiques actuelles faisant écho au caractère impitoyable du fameux ascenseur social…

Descente en gamme

Porté par l’excellent Javier Gutiérez, qui n’a aucun mal à traduire la détresse, le malaise puis la glaçante détermination de son personnage, Chez moi s’impose d’emblée comme une impitoyable chronique sociale faisant écho à des problématiques bien tangibles. Le scénario extrapolant à partir d’une situation tragiquement conventionnelle, à savoir la perte d’un emploi, qui initie une réaction en chaîne amenée à impacter de nombreuses personnes. Chez moi qui aborde aussi la question de l’âge, encore prédominante sur le marché du travail, y compris pour les ex-cadors de leur discipline, et les effets néfastes de l’ambition. Celle de Javier, le personnage principal, consistant à ne rien lâcher, quoi qu’il en coûte, pour espérer retrouver sa vie d’avant, avec super boulot à l’appui, reconnaissance, femme admirative et enfant correspondant à tous les standards d’excellence en vigueur dans une certaine société.

Chez-moi

Jalousie maladive

Avec son personnage envieux, prêt à tout pour reprendre ce qu’il estime lui revenir, Chez moi évoque un autre film espagnol, à savoir Malveillance, de Jaume Balagueró. Les deux histoires mettant en avant la soif inextinguible d’un homme qui se révélé dans la détresse. D’un type en apparence très « normal », que les difficultés transforment en une sorte de créature carnassière ne reculant devant rien. Cela dit, là où Malveillance lorgnait davantage vers le cinéma d’horreur, sans toutefois totalement s’y réfugier, Chez moi reste un thriller. Un peu à la manière du Couperet de Costa Gavras (avec José Garcia). Chez moi qui est une œuvre bien ancrée dans son époque et dans le contexte économique et social de son pays, à l’Espagne. Ses excès et les quelques raccourcis de son récit découlant sans aucun doute de ce besoin de sensationnel que les frères Pastor justifient en empruntant les gimmicks bien connus d’une certaine catégorie de thrillers particulièrement tendance dans les années 80 à Hollywood. Alors certes on a vu plus original, mais sur bien des aspects, le film marque des points et sait faire entendre son discours. Jusqu’à la dernière scène, il enfonce le clou, avec cohérence et pertinence, encourageant une certaine indulgence vis à vis de sa facture visuelle sans grand relief ou de sa rythmique parfois un peu laborieuse.

En Bref…

Thriller en forme de satire sociale, Chez moi fait valoir de sérieux arguments et sait aussi rester cohérent vis à vis de ses intentions initiales et de son discours incarné. Souffrant de quelques baisses de régime et d’une mise en scène assez terne (on a connu les Pastor en plus grande forme), il finit néanmoins par s’imposer, confirmant la bonne santé d’un cinéma espagnol concerné et efficace.

@ Gilles Rolland

Chez-moi-cast
Crédits photos : Netflix
Par Gilles Rolland le 9 avril 2020

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