[Critique] DIVERSION

CRITIQUES | 25 mars 2015 | Aucun commentaire
Diversion-poster

Titre original : Focus

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateurs : Glenn Ficarra, John Requa
Distribution : Will Smith, Margot Robbie, Rodrigo Santoro, Gerald McRaney, Adrian Martinez, Robert Taylor, B.D. Wong…
Genre : Thriller/Romance
Date de sortie : 25 mars 2015

Le Pitch :
Quand Jess, une arnaqueuse à la petite semaine, aussi belle qu’inexpérimentée, croise le chemin de Nicky, un professionnel de la discipline, le courant passe rapidement. Ensemble, ils enchaînent les coups d’éclat, tandis que des sentiments commencent à faire leur apparition. De quoi considérablement compliquer leurs existences déjà mouvementées…

La Critique :
Will Smith est de retour. Non pas qu’il soit parti longtemps ou très loin, mais force est de reconnaître que ces dernières années, l’acteur semblait avoir pris un peu de distance, en laissant son fils au premier plan (After Earth), en jouant les invités de luxe (Légendes Vivantes) ou en apparaissant dans un navet que personne ou presque n’a vu (Un Amour d’Hiver). Son dernier gros film étant Men in Black 3, qui marque du même coup l’époque durant laquelle l’ex Prince de Bel-Air a dominé le box office, le pliant au grès de sa volonté au rythme de blockbusters systématiquement (ou presque) salués par le public.
En revenant sur le devant de la scène, à l’affiche d’un film qu’il porte sur son seul nom, Smith s’est pourtant ramassé. Diversion n’a pas déchaîné les foules outre-Atlantique, où il s’est fait laminer par la concurrence. En attendant Suicide Squad, le blockbuster de David Ayer adapté du comic-book DC Comics, Will Smith se paye une douche froide. Et si au fond, ce bide ne peut qu’être bénéfique à son égo un poil démesuré, il est aussi symptomatique d’une industrie plus que jamais en pleine mutation. Difficile aujourd’hui de livrer un long-métrage en mettant en avant une tête d’affiche, et espérer qu’il cartonne. Un stratagème qui a longtemps fonctionné, notamment dans les années 80 et 90, mais qui aujourd’hui est obsolète. Quand on voit Diversion, difficile de ne pas trouver le manque d’intérêt du public et des critiques compréhensibles. Non pas que le film de Glenn Ficarra et John Requa soit raté, mais difficile surtout de ne pas voir là quelque chose de déjà vu 100 fois ailleurs et souvent en mieux…

Diversion-Margot-Robbie-Will-Smith

Alors on nous ressort tout l’attirail du parfait film d’arnaque : les costards à 3000 boules, le mec beau gosse, la nana canon, les bagnoles de luxe, les paysages paradisiaques, etc… Merci bien, mais d’autres ont déjà arpenté cette route. Il est clair dès le départ que Diversion ne fera pas mieux et ne se classera donc pas parmi les classiques du genre, comme par exemple L’Affaire Thomas Crown. Cela dit, il ne fait pas non plus partie des plus mauvais et si l’exécution est classique, elle bénéficie quand même du charisme des interprètes et d’un talent certain des réalisateurs pour enfiler les clichés comme des perles, sans y perdre leur acuité à rendre le tout un tant soit peu intéressant.
Des réalisateurs qui nous avaient d’ailleurs habitué à un peu plus d’audace, avec I Love You Phillip Morris ou encore Crazy, Stupid, Love. Également auteurs du scénario de Diversion, ils multiplient ici les hommages aux grands, mais oublient un peu de sortir du cadre pour créer la surprise. Du coup, on sent venir le twist du film à des kilomètres. C’est le soucis avec les trucs d’arnaqueurs. Rarement les bonnes surprises sont au rendez-vous et au final, c’est le spectateur qui est floué. À trop vouloir multiplier les retournements de situations voulus imprévisibles, le film finit par tomber dans le grand n’importe-quoi, comme en témoigne cette fin bien capillotractée, qui laisse un mauvais arrière-goût.
Diversion n’a pas contre jamais peur de vouloir péter plus haut que son cul. Le couple de cinéastes fait son intéressant, sans même s’apercevoir que les choses partent en couille. Résultat : sans être totalement déplaisant, leur film gagne petit à petit une condition très anecdotique et donc dommageable au prestige annoncé.

Mais c’est sans compter sur Margot Robbie. Révélation spectaculaire du Loup de Wall Street, un film d’un tout autre calibre, vous en conviendrez, l’australienne illumine le métrage de sa beauté surnaturelle et survole ce joyeux foutoir prétentieux avec la classe des plus éclatantes étoiles de la légende hollywoodienne. Non seulement capable de faire passer Claudia Schiffer pour le dernier des laiderons, Margot Robbie constitue à elle seule la principale et plus solide des raisons de débourser 10€ pour aller voir Diversion. Certes, être un homme, hétéro de surcroît, doit pas mal aider mais peu importe. Les autres peuvent toujours se rabattre sur Will Smith. En pilotage automatique, il nous ressort ses plus fameuses mimiques et fait le job avec le professionnalisme et le charisme qui le caractérisent, sans trop forcer.
Et si Diversion n’est clairement pas un grand film, la bande originale, pleine d’Iggy Pop & The Stooges, de Rolling Stones ou de tout un tas de morceaux ultra classes, envoie du lourd.

@ Gilles Rolland

Diversion-Margot-RobbieCrédits photos : Warner Bros. France

 

Par Gilles Rolland le 25 mars 2015

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