[Critique] DON’T BREATHE 2

CRITIQUES | 26 août 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : Don’t Breathe 2

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Rodo Sayagues

Distribution : Stephen Lang, Madelyn Grace, Brendan Sexton III, Stephanie Arcita, Rocci Williams, Bobby Schofield…

Genre : Horreur/Thriller/Suite

Durée : 1h39

Date de sortie : 25 août 2021

Le Pitch :

Quelques temps après s’être frotté à de jeunes cambrioleurs auxquels il avait donné du fil à retordre, celui que l’on appelle l’Aveugle vit dans une maison isolée avec une petite fille qu’il a recueillie des années plus tôt. Un jour, des hommes s’introduisent chez lui dans le but de kidnapper l’enfant. Ils ne savent où ils viennent de mettre les pieds…

La Critique de Don’t Breathe 2 :

Si le pitch de Don’t Breathe 2 vous évoque celui de Don’t Breathe c’est normal. C’est un peu la marque de fabrique de la saga : il faut que des types, à un moment donné et pour des raisons pas forcément valables, entrent par effraction chez le mec joué par Stephen Lang. Dans le premier volet, c’était des jeunes pas vraiment mal-intentionnés ou en tout cas pas vraiment mauvais. Des cambrioleurs du dimanche qui étaient tombés dans la mauvaise baraque, face au genre de gus qu’il ne faut pas trop titiller. Ici, dans cette suite pas vraiment attendue, les gars veulent kidnapper la fille adoptive de l’Aveugle. La gamine est un peu tombée de nulle-part mais que voulez-vous, il fallait bien trouver un truc…

Vengeance aveugle : rédemption

Le premier Don’t Breathe tirait une grande partie de sa saveur et de son originalité de son personnage principal, déjà interprété par cette vieille carne musclée de Stephen Lang. Un vétéran des Navy Seals qui n’a pas laissé sa cécité le priver de ses compétences mortelles et qui a fait de sa baraque un dédale pour le moins fatal pour quiconque tente d’y pénétrer. L’Aveugle, qui s’appelle en fait Norman. Un sale type le Norman. Le genre qui est capable de séquestrer des filles pour les inséminer de force et qui semble prendre une sorte de plaisir malsain à butter salement ceux qui se osent se dresser en travers de son chemin.

Dans Don’t Breathe 2, vu que c’est le seul personnage qui revient, l’Aveugle est devenu un père de famille. Bon ok, il est un peu strict mais il a visiblement laissé tombé le truc de l’insémination. Dans sa cave, juste quelques bouteilles de gaz, des sacs de terreau, ce genre de trucs. Imaginez que dans Massacre à tronçonneuse 2, Leatherface soit devenu facteur et ait donc troqué sa tronçonneuse contre une casquette et un vélo et vous aurez compris le principe. Sauf que papy, il ne faut pas non plus le chatouiller trop longtemps avant qu’il ne retrouve ses réflexes. Mais bon, quoi qu’il en soit, cette histoire de revirement est assez problématique.

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Blind test

C’est problématique parce qu’on ne sait plus trop sur quel pied danser. Un peu comme le réalisateur qui a pris la relève de Fede Alvarez (qui a tout de même co-écrit le scénario). Le mec est gentil ou pas ? Non parce que là, c’est clairement lui qui est censé être le bon samaritain. Un bon samaritain cramé mais un bon samaritain quand même. Ce genre de film a besoin d’un bon samaritain. Et c’est donc lui. Du coup, les scénaristes lui ont opposé des pourritures encore plus ravagées. Mais vraiment hein. On ne rigole plus du tout ici. À tel point que la gamine, la seule véritable âme innocente de tout ce bazar, est coincée entre des intrus aux intentions troubles et un père de substitution qui a visiblement un sérieux problème de self control… Entre d’autres mains, en prenant les choses autrement, Don’t Breathe 2 aurait peut-être pu fonctionner. Ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’en l’état, il se prend plusieurs fois les pieds dans le tapis et n’arrive jamais à égaler l’intensité sauvage du premier.

Lang au chat

En reprenant tous les codes du premier, parfois sans vraiment chercher à s’en cacher, Don’t Breathe 2 avance un peu mollement, tout en essayant d’orchestrer la tentative de rédemption d’un anti-héros problématique à plus d’un titre. Si on n’est pas trop regardant et qu’on se contente de suivre tout ça de loin, ça peut passer. En tout cas, il faut une sacré dose d’indulgence pour avaler toutes les couleuvres que nous offre le film sur un plateau. Car cette histoire de rédemption ne fonctionne jamais vraiment. Prenez par exemple Impitoyable, le western de Clint Eastwood. Dedans, Clint joue un sale type aussi. On n’a jamais vu les trucs sales qu’il a commis mais il les évoque pour bien nous faire comprendre que son âme est pourrie à jamais. Par la suite, il passe plus ou moins tout le film à essayer de se racheter sans pour autant chercher notre totale approbation. Là, c’est beaucoup moins fin. L’Aveugle continue d’agir comme un sauvage, tue avec sadisme et se montre aussi résistant qu’un Michael Myers qui aurait pris un tonneau de Red Bull, mais quand on veut nous vendre qu’en fait, il n’est pas si mauvais, et bien ça ne prend pas totalement.

Bon, la bonne nouvelle, c’est que le mec derrière la caméra n’est pas un manche et que si son film n’a rien d’original et collectionne même carrément les clichés, le show en lui-même s’avère assez rythmé et assez jusqu’au-boutiste pour distraire. C’est déjà ça.

En Bref…

Parfaitement inutile, cette suite du très intense Don’t Breathe, tente en vain de retrouver la flamme mais se prend trop souvent les pieds dans le tapis pour convaincre pleinement. Si l’histoire n’a pas grand intérêt et qu’il est très difficile d’adhérer aux choix des scénaristes concernant le personnage principal, quelques séquences fonctionnent. Stephen Lang sait aussi tirer son épingle du jeu quand il s’agit de foncer dans le tas. Au fond, c’est suffisant pour une séance de cinéma en semaine mais une chose est sûre, Don’t Breathe 2 ne restera pas dans les mémoires.

@ Gilles Rolland

Don't-Breathe-2
Crédits photos : Sony Pictures France
Par Gilles Rolland le 26 août 2021

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