[Critique] HOLMES & WATSON

CRITIQUES | 15 mars 2019 | Aucun commentaire
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Rating: ★★½☆☆

Titre original : Holmes & Watson

Origine : États-Unis

Réalisateur : Etan Cohen

Distribution : Will Ferrell, John C. Reilly, Ralph Fiennes, Rebecca Hall, Rob Brydon, Kelly Macdonald, Pam Ferris, Hugh Laurie, Lauren Lapkus, Noah Jupe…

Genre : Comédie/Adaptation

Date de sortie : 11 mars 2019 (DTV)

Le Pitch :

Détective adulé de tous, Sherlock Holmes résout les affaires les plus complexes. Holmes qui peut de plus compter sur le docteur Watson, son fidèle partenaire, pour l’aider à démêler le vrai du faux. Notamment quand le redoutable Moriarty passe à l’action et met à mal la paix dans le royaume de Sa Majesté…

La Critique d’Holmes & Watson :

Il y a les films que l’on attend et ceux que l’on redoute. Holmes & Watson a d’emblée fait partie de la première catégorie. On l’attendait pour retrouver le duo Will Ferrell/John C. Reilly, 11 ans après le fantastique Frangins malgré eux, mais aussi parce que la perspective de voir les deux acteurs incarner Sherlock Holmes et John Watson avait bien évidemment quelque chose de terriblement excitant. Des ardeurs cependant un peu refroidies par la présence d’Etan Cohen à la réalisation. Non pas que le type derrière le sympathique mais anecdotique En Taule : Mode d’emploi ne pouvait absolument pas faire du bon boulot, mais il aurait été plus rassurant que le film soit mis en scène par un metteur en scène vraiment solide, comme Adam McKay par exemple… Puis sont venus les Razzies. Non pas que cette institution loufoque soit digne de confiance, mais parfois, et bien ils visent justes. La note sur Imdb, très basse et les critiques assassines de la presse américaine ont quant à elle mis à mal la réputation du film, dont la sortie en salle a dans la foulée été annulée en France. Aujourd’hui, il atterri directement en vidéo. Et malheureusement, quand on le voit, aussi fan que l’on soit de Will Ferrell, de John C. Reilly ou même de Sherlock Holmes, difficile de voir en cette tentative autre chose qu’une comédie terriblement bancale, rarement drôle et parfois relativement poussive…

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Pas si élémentaire que ça…

Dès le début, quand Will Ferrell caresse une énorme courgette dans son jardin, sur Baker Street, ça sent le roussi. Puis arrive John C. Reilly, le duo est enfin réuni et les gags foireux s’enchaînent à vitesse grand V. Bien sûr, l’alchimie entre les deux comédiens nous incite à croire que les choses vont s’arranger mais elle ne fait pas de miracle non plus. Également au scénario, Etan Cohen livre une histoire poussive, en forme de parodie maladroite des romans d’Arthur Conan Doyle, mais aussi de la série avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman et des films de Guy Ritchie. Le script de Holmes & Watson s’apparente alors à une succession maladroite de scénettes. Des gags pour la plupart indignes du talent des forces en présence, à l’exception d’un ou deux en passant, sans véritable liant. Et si, très vite, Holmes & Watson se montre prévisible, ce n’est pas le plus grave. Non, ici, c’est le manque d’unité qui plombe vraiment l’affaire ainsi que cette tendance à trop souvent miser sur la facilité. Le contexte n’est qu’un prétexte pour le réalisateur/scénariste qui joue sur les mêmes ficelles encore et encore sans chercher à véritablement exploiter le potentiel pourtant énorme du projet.

Échec et Mat

Devant la caméra, pas du tout stimulés, Will Ferrell et John C. Reilly font ce qu’ils peuvent pour sauver les meubles mais rien n’y fait. On retient ici ou là de bonnes idées vite sabordées, quelques gags assez drôles surnagent et contribuent à nous encourager à tenir jusqu’à la fin mais c’est maigre. On soulignera aussi la facture assez soignée du film sur un plan purement visuel mais c’est aussi mince. Holmes & Watson est très décevant, c’est un fait. Même pour le fans hardcore du duo. On comprend ainsi aisément pourquoi sa sortie en salle a été annulée et pourquoi la critique s’est acharnée sur lui. Alors peut-être que nous attendions trop de ce projet sur le papier ambitieux. Peut-être que la perspective de voir une sorte de Frangins malgré eux transposé dans le monde de Conan Doyle nous a empêché d’apprécier Holmes & Watson pour ce qu’il est à savoir une comédie très légère, feignante et anecdotique, au mieux amusante, au pire ennuyeuse. Reste qu’en effet c’est dommage. Vraiment dommage…

En Bref…

Conspué outre-Atlantique, Holmes & Watson est en effet une grande déception. Une comédie rarement drôle, poussive et prévisible, qui ne sait pas exploiter le talent de ses deux acteurs. La faute à Etan Cohen, ici au poste de réalisateur et de scénariste, lui qui se réfugie derrière des automatismes usés jusqu’à la corde sans jamais arriver à trouver la bonne tonalité. Reste l’énergie déployée par Will Ferrell et John C. Reilly. C’est mince mais sur 1h30, ça peut suffire pour tenir jusqu’au bout. On a vu pire mais dans la filmographie respective des deux acteurs, Holmes & Watson fait un peu tâche et c’est regrettable.

@ Gilles Rolland

Holmes-et-Watson-John-C.-Reilly-Will-Ferrell
Par Gilles Rolland le 15 mars 2019

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