[Critique] HUNGER GAMES

CRITIQUES | 22 mars 2012 | 3 commentaires

Titre original : The Hunger Games

Rating: ★★★☆☆ (moyenne)
Origine : États-Unis
Réalisateur : Gary Ross
Distribution : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Donald Sutherland, Elizabeth Banks, Woody Harrelson, Lenny Kravitz, Stanley Tucci, Wes Bentley; Willow Shields, Toby Jones, Sandra Ellis Lafferty, Amandla Stenberg…
Genre : Aventure/Survival
Date de sortie : 21 mars 2012

Le Pitch :
Dans le futur, tous les ans, une fille et un garçon sont choisis dans chacun des douze Districts de ce que furent les États-Unis, pour participer aux Hunger Games. Le but du jeu est simple : livrés à eux-mêmes au sein d’une gigantesque arène, les participants doivent s’entretuer pour espérer devenir le seul et unique survivant. Pour Katniss et Peeta, les deux représentants du District 12, le jeu peut commencer et tous les coups sont permis…

La Critique d’Anthony (le fan de la saga littéraire) Rating: ★★★★☆ :
« Puisse le Sort vous être favorable !», tel est le slogan d’une nouvelle génération de fans après les excellentes sagas comme « Le Seigneur des Anneaux » et « Harry Potter ». Adapté du best-seller éponyme, Hunger Games avait la lourde tâche de réconcilier les lecteurs après des adaptations ratées comme Eragon, Les Chroniques de Spiderwick et bien d’autres.

Mission réussie !
Dès les premières minutes du film, Gary Ross nous plonge dans le pays de Panem grâce au rappel de l’histoire des « Hunger Games ». Wes Bentley et Stanley Tucci nous accueillent avec une première scène inédite qui n’était pas dans le livre afin de mieux découvrir le sombre manipulateur des jeux : Seneca Crane. S’ensuit ensuite la découverte de notre nouvelle héroïne Katniss Everdeen, villageoise du District 12. Autant le dire tout de suite, Jennifer Lawrence est parfaite dans son rôle d’adolescente protectrice et sensible aux lois infâmes du Capitole.
Hélas malgré des magnifiques plans sur les paysages de Panem, Gary Ross enchaine les séquences avec la caméra sur l’épaule, ce qui risque de donner aux spectateurs une bonne migraine. Malgré ces défauts, Ross nous gratifie de nombreuses scènes mettant en scène le mentor des deux tributs du District 12, Haymitch dans des situations répugnantes.
Mention spéciale à Josh Hutcherson et à Elisabeth Banks pour leurs prestations tout au long du film.

La Bande Originale du film est quant à elle une réussite et mêle morceaux country comme Safe & Sound  de la chanteuse Taylor Swift à des morceaux instrumentaux de T-Bone Burnett (l’homme derrière la musique de O’Brother).

Les Costumes du film sont fidèles aux romans de Suzanne Collins, c’est à dire qu’ils puisent leur inspiration dans l’excentricité, comme par exemple pour les personnages de Effie Trinket, Haymitch ou encore des habitants du Capitole.

Au final, Hunger Games est une excellente adaptation du premier tome de Suzanne Collins, malgré quelques défauts. Défauts qui seront, espérons-le, retirés du deuxième film.

@ Anthony Genot

La Critique (Daniel) Rating: ★★☆☆☆ :
Non, Hunger Games n’est pas le nom d’un concours de gros mangeurs(« hunger » se traduisant en français par « faim »). Il s’agit de l’adaptation du premier livre de Suzanne Collins qui, comme beaucoup d’ouvrages de science-fiction, trace la vision d’un futur proche. Ici, c’est la même chanson. Répétez après moi si vous connaissez les paroles : dans une Amérique post-apocalyptique, une nation brutale et totalitaire organise un sport sanglant diffusé en direct à la télévision. Les participants, habituellement des jeunes, doivent s’entre-tuer dans des combats sans merci en terrain sauvage. Le but étant de maintenir la crainte et l’obéissance chez une population appauvrie et dominée.
C’est presque sans surprise que l’on constate le manque d’originalité : après tout, qui ne connaît pas Battle Royale, Running Man et Rollerball ? La critique sociale est large et évidente : on nous livre une vision inquiétante des États-Unis d’aujourd’hui, en représentant ses citoyens comme étant empiffrés d’argent et de nourriture et divertis par des émissions violentes. La majorité de la population est, ô surprise, issue de la classe ouvrière et rassemble des jeunes d’apparence “normale”et aux airs rebelles. En contraste, l’élite du Capitole (la capitale fictive du film) est composée de décadents ornés de costumes kitsch et de maquillages vulgaires. Un exemple typique de la métaphore d’une classe sociale crapuleuse et excessive, qui utilise la méthode “Faites nous confiance, c’est le futur”(chose déjà vu dans Brazil, Orange Mécanique, Le Cinquième Élément, Demolition Man, Tank Girl, Prayer of the Rollerboys…enfin, vous avez compris). Peu importe, car – comme dans beaucoup de films de science-fiction, Hunger Games nous donne l’allégorie qu’on s’attend à trouver.
Certains pourraient s’intéresser aux nuances politiques : l’ancienne génération représente sûrement une oligarchie d’extrême droite, tandis que la nouvelle est constituée de gauchistes. Les conservateurs pourraient associer les jeunes au Tea Party et les vieux aux élitistes.
Mais le fait que le long-métrage pique ses idées et son concept à d’autres sources n’est pas automatiquement un gros problème. Comme l’a démontré Avatar, un film peut resservir des formules déjà utilisées au spectateur s’il persiste avec la volonté de compenser ailleurs. Malheureusement, ce n’est pas le cas avec Hunger Games. Jennifer Lawrence (vu dans Winter’s Bone et X-Men: Le Commencement) est convaincante dans le rôle de l’héroïne Katniss Everdeen (oui, c’est aussi le futur parce que les gens ont des noms bizarres) et habite son personnage avec maturité et conviction ; mais tous les autres, Stanley Tucci en particulier, jouent avec tellement de légèreté qu’on pourrait les confondre avec des figurants. Seul Woody Harrelson se distingue du lot en tant que mentor alcoolique assez attachant. Oui, c’est vrai, Actrice Jellybean est plus intéressante que Bella de Twilight, mais le résultat laisse tous les autres adolescents de côte et on doit se contenter de personnages qui sont, soit gentils, soit dépourvus de toute personnalité et réduits à un paquet de méchants en carton, dont la mort n’est pas pleurée (raison de plus pour sympathiser avec Catfish Nevergreen).

C’est peut-être préférable d’ailleurs, puisque les scènes de combat sont affreuses, employant une cinématographie absolument insupportable. Car le réalisateur, Gary Ross est un fan de la shaky-cam, technique paresseuse et souvent ridicule qui consiste à secouer la camera comme un fou tout en espérant que le spectateur n’aura pas de crise épilepsie. Par conséquent, les bagarres se déroulent de façon incompréhensible, sans aucun sens de la chorégraphie, de continuité ou de composition. C’est bien dommage, considérant que la problématique (voir des gamins devenir des meurtriers) aborde un sujet sensible et que c’est précisément cela qui a fait le succès des livres. Ici, le niveau sanglant dépasse à peine celui des films de la saga Harry Potter. On peut remercier notre ami PG-13 pour avoir émasculé toute notion de brutalité. En fait, Hunger Games est a peu près aussi violent qu’une partie de frisbee.

On pourrait respecter le film pour sa fidélité au livre, mais il est néanmoins difficile de ne pas souligner le manque de clarté, notamment quant au fonctionnement propre des jeux. Les règles sont contradictoires et confuses : les membres des tribus sont relativement sereins lors de leur sélection, malgré le fait qu’ils ont une chance sur 23 de survivre et personne ne semble discuter de l’injustice d’un combat mortel entre un gamin de douze ans et un homme de dix-huit. Comment la population peut-elle accepter le violent sacrifice de vingt-quatre personnes chaque année ? Difficile à croire dans ces conditions à la popularité des Hunger Games.

C’est pourtant indéniable, Hunger Games est très fidèle au livre. Les acteurs sont globalement bons et le film fait de son mieux, compte tenu du public auquel il s’adresse. Pourtant, tout semble futile. Le long-métrage évite la critique sociale qui est généralement inhérente à la « bonne » science-fiction. Surtout si on le compare à Bienvenue à Gattaca ou encore à The Truman Show. Le tout manque de vie et ne traite son sujet qu’en surface. Gary Ross et son équipe de scénaristes privilégiant les scènes où Parebrise BillyJean chasse et tente de survivre. Ils ont peut-être raison. Pourtant, Hunger Games semble trop lent. C’est banal, médiocre, décevant, et par dessus tout, oubliable.

@ Daniel Rawnsley

 

La Critique (Gilles) Rating: ★★★☆☆ :
Le cinéma nous a donné maintes représentations du futur. Des plus sobres aux plus farfelues. Dans le genre, Hunger Games n’y va pas avec le dos de la cuillère. Imaginez un monde où le style vestimentaire de Lady Gaga aurait influencé la totalité de la mode. Des gens aux cheveux bleus, des vêtements fluo et un défilé de mauvais goût ultime prompt à filer la gerbe à des spécialistes du genre comme Karl Lagarfeld lui-même. Car l’adaptation du premier tome de la saga littéraire à succès (le mot est faible) de Suzanne Collins ne brille malheureusement par sa beauté. Tout est relativement laid, des costumes aux architectures des bâtiments, en passant par les coiffures et les maquillages. En cela, toutes les scènes, heureusement nombreuses, se déroulant en forêt, dans une espèce de Center Park géant apportent un peu de verdure et de fraicheur à une peinture ultra kitsch, qui sent le toc à plein nez et qui nuit à la crédibilité et à l’authenticité de l’ensemble. Dommage mais pas franchement surprenant.

Katniss, la jeune héroïne, déboule donc dans un jeu mortel tel Arnold Schwarzenegger dans Running Man. Un peu paumée et effrayée, Katniss n’a vraiment pas de chance. Son mentor (Woody Harrelson) est un alcoolo et le type qui est censé la relooker se trouve être Lenny Kravitz. La sanction ne tarde pas à tomber sur ce point précis. Katniss et Peeta son acolyte se retrouvent affublés d’une tenue tout à fait improbable qui, et c’est franchement ridicule, crache des flammes dans le dos. On y croit à peine tant le spectacle semble surréaliste. Et volontaire ou pas, la chose a au moins le mérite d’être drôle. Mais passons sur ce détail. La rétine a cette faculté à s’habituer aux agressions visuelles si l’histoire et le jeu des comédiens relève un tant soit peu le niveau. Et heureusement ici, c’est le cas !

Sans être non plus un monument du film d’anticipation ou du survival, Hunger Games rassure quant à la faculté d’Hollywood à adapter les sagas littéraires qui font un carton chez les jeunes. Le niveau est autre que chez Twilight et la violence, même si elle reste très polie, est relativement bien retranscrire. Le sujet étant après tout propice à un déchainement de brutalité. Sans être gore, Hunger Games ne cherche pas tout le temps à esquiver et s’il joue sur la suggestion, ne recule pas toujours (mais souvent quand même) à montrer un peu d’hémoglobine tout en restant dans le cadre d’une production pour adolescents.

Mais la bonne impression qui se dégage du film est aussi et surtout due à certains de ses acteurs, Jennifer Lawrence en tête. Venue du cinéma indépendant (elle est formidable dans Winter’s Bone), tout comme Kristen Stewart de Twilight, la jeune actrice habite son rôle avec une conviction qui fait défaut à sa consœur depuis les débuts de la saga vampirique. Non seulement très charismatique, elle porte une grande partie du long-métrage grâce à une présence indéniable. À ses côtés, on notera également la sobriété du jeu de Kravitz et la bonne tenue d’un Woody Harrelson à nouveau chevelu.

Pas totalement réussi, réalisé par un Gary Ross qui semble penser que bouger sa caméra dans tous les sens va donner à son film une patte réaliste alors qu’en fait ça donne la gerbe (la présence de Steven Soderberg au générique comme réalisateur de seconde équipe ne change rien) et souvent marqué par l’outrance d’une production design démodée, Hunger Games est avant tout destiné aux fans et aux plus jeunes. Les autres, ceux qui (comme moi) n’ont pas lu le livre et qui pensent trouver un survival digne de ce nom, se tourneront vers les valeurs sûres de la catégorie. Vers Battle Royale, qui a dû tourner en boucle chez Suzanne Collins quand cette dernière eut l’idée de son livre, ou alors chez Running Man (et donc chez Yves Boisset aussi, avec son Prix du danger), autre maitre étalon du genre qui présente aussi une version extrême d’une télé-réalité futuriste avide de sang. En somme, Hunger Games s’impose comme la version édulcorée et bien élevée de ces deux long-métrages. Un bilan mi-figue, mi-raisin qui sauve néanmoins les meubles.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Metropolitan Films

Par Gilles Rolland le 22 mars 2012

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[…] cette semaine, dans le sillage de la sortie du film Hunger Games, la nouvelle vidéo du site Funny or Die (site chapeauté par la troupe de Will Ferrell) détourne […]

Muhammad
9 années il y a

I started giinvg the film a bit more attention the more news that trickled and then when this trailer arrived I thought screw it, I was able to get all three books for less than $10. I just finished the books now and I rather liked them. I don’t think they’re the best books out there nor do I think it’s as good as Battle Royale but they were an entertaining read. There was always something for me to like through all three. But looking at the film trailer now ummmmmmmmmmmmmmmm. I can’t say it looks quite as interesting now. I’m not quite sure what it is but I can’t help but think that something has been lost from the translation from book to film.

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[…] que Hunger Games enregistre en ce moment même des scores ahurissants au box office et s’apprête à squatter les […]