[Critique] LA MISSION

CRITIQUES | 11 février 2021 | Aucun commentaire
La mission

Titre original : News of the world

Rating: ★★★★½

Origine : États-Unis

Réalisateur : Paul Greengrass

Distribution : Tom Hanks, Helena Zengel, Elizabeth Marvel, Ray McKinnon, Mare Winningham, Bill Camp, Thomas Francis Murphy…

Genre : Western/Aventure/Drame/Adaptation

Durée : 1h59

Date de sortie : 10 février 2021 (Netflix)

Le Pitch :

Alors que la Guerre de Sécession est encore dans tous les esprits, au cœur d’une Amérique divisée, le capitaine Jefferson Kyle Kidd sillonne les routes du Texas, faisant étape de ville en ville afin de lire les nouvelles du monde et ainsi tenir les gens informés. Et c’est alors qu’il vient d’achever une lecture, en route vers Dallas, qu’il croise la route de Johanna, une enfant de 10 ans capturée 6 ans plus tôt par des indiens, élevée comme l’une des leurs, dont le chariot s’est fait attaquer alors qu’elle était reconduite dans sa véritable famille. Comprenant que sans son aide, la petite fille n’aura aucune chance de s’en sortir, le capitaine décide de la prendre en charge et de la ramener lui-même…

La Critique de La Mission :

Adaptation d’un roman relativement récent signé Paulette Jiles, La Mission, ou News of the world en version originale (titre beaucoup plus adapté), devait sortir au cinéma début janvier. Finalement, comme tant d’autres, et comme déjà deux autres films avec Tom Hanks, soit Greyhound et L’Extraordinaire Mr. Rogers, c’est à la télévision qu’il se présente à nous, via Netflix (les deux autres étant respectivement distribués par Apple et Prime Vidéo). Paul Greengrass intégrant du même coup le pool des prestigieux réalisateurs déjà séduits par la plate-forme au N rouge. Et c’est donc bien dommage encore une fois tant La Mission s’impose non seulement comme probablement la meilleure réalisation de Greengrass, mais aussi comme l’un des meilleurs films avec Tom Hanks et l’un des plus mémorables westerns de ces dix dernières années… Oui rien que ça !

La-Mission-Tom-Hanks

Il était une fois l’information

Ancien capitaine de l’armée, autrefois engagé dans la Guerre de Sécession, Jefferson Kyle Kidd s’est donné pour mission de parcourir l’état du Texas pour lire les journaux aux habitants des différentes villes. Pour autant, cette mission n’est pas LA mission à laquelle le titre français fait référence. Non, la véritable mission de Kidd débute quand il rencontre la gamine d’une famille de colons allemands massacrée par les Indiens et élevée par ces derniers. Mission (c’est le mot clé vous l’aurez compris) qui va le conduire à ramener la fille à son oncle et à sa tante, de l’autre côté d’une zone hostile justement truffée de hors-la-loi sans foi ni loi et d’Indiens remontés. L’occasion pour Paul Greengrass, qui a aussi participé à l’écriture du scénario, de disserter sur plusieurs thématiques, avec une habilité certaine.

En premier lieu, La Mission parle de transmission. La transmission de l’information que Kidd colporte de villages en villages mais aussi celle qui consiste pour lui à essayer d’accompagner la petite fille dans son long cheminement qui au terme, pourrait lui permettre de non seulement survivre mais aussi de s’épanouir. Un personnage clé car déraciné, à moitié-indien à moitié-allemand, dont les deux familles, l’indienne et l’allemande, ont péri, victimes d’une nation encore en pleine reconstruction, qui entrevoit l’avenir alors même qu’elle n’a pas fini de panser ses plaies. Et si à un moment donné, Kidd affirme à un personnage qui ne lui veut pas que du bien, qu’il faudra bien finir par cesser de se battre, toute sa mission consiste à non seulement batailler mais aussi à résister. La petite fille à ses côtés jouant aussi le rôle de révélateur comme c’est souvent le cas dans ce genre de film.

True News

Impérial, dans la mesure, tout aussi convainquant dans l’action, car La Mission en propose plus qu’à son tour, embrassant certains des codes les plus puissants du pur western américain, que dans l’émotion, Tom Hanks porte le long-métrage sur ses épaules avec force et sagesse. L’acteur retrouvant Greengrass, des années après Capitaine Phillips, incarnant en quelque sorte la symbolique de cette Amérique brisée mais tout de même animée d’une indéniable résilience. La fillette, jouée avec une grande justesse par Helena Zengel, symbolisant quant à elle le caractère cosmopolite du pays, déjà prégnant à l’époque bien sûr et à plus forte raison pertinent aujourd’hui. Car au fond, La Mission brille aussi par son côté très actuel. L’aspect western étant presque un prétexte pour parler de choses brûlantes. Le film se payant même le luxe, au cours d’une séquence très forte, d’aborder la question de la manipulation de l’info par les puissants à des fins d’asservissement.

Et comme sous-entendu plus haut, même s’il s’avère donc très actuel, le film est aussi un formidable western. Une aventure un peu vintage habitée d’authentiques gueules burinées, de salopards nés et emmenée par un héros au cœur pur. Le genre de personnage sur lequel Tom Hanks a en grande partie fondé son incroyable carrière.

En Bref…

En faisant montre d’un parfait équilibre entre l’action, l’émotion, la contemplation et l’intelligence d’un propos sublimé, Paul Greengrass signe avec La Mission son meilleur film. Un western noble comme on en fait rarement, honnête et sincère, porté par un Tom Hanks au sommet de son art.

@ Gilles Rolland

La-Mission
Crédits photos : Netflix
Par Gilles Rolland le 11 février 2021

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