[Critique] LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES

CRITIQUES | 1 mai 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : The Mitchells vs. The Machines

Rating: ★★★★½

Origine : États-Unis

Réalisateur : Mike Rianda, Jeff Rowe

Distribution voix (en V.O.) : Danny McBride, Abbi Jacobson, Maya Rudolph, Mike Rianda, Eric Andre, Olivia Colman, Fred Armisen, John Legend, Chrissy Teigen…

Genre : Animation/Comédie/Science-Fiction/Aventure

Durée : 1h50

Date de sortie : 30 avril 2021 (Netflix)

Le Pitch :

Kate Mitchell n’a qu’un seul rêve : partir pour Los Angeles pour étudier le cinéma et couper les ponts avec sa famille, dans laquelle elle étouffe. Prête à prendre l’avion qui l’emmènera vers sa nouvelle vie, la jeune fille doit revoir ses plans quand son père, Rick, décide d’annuler son vol pour embarquer toute la famille dans un road trip à travers les États-Unis, direction la Californie. Au même moment, Pal, une intelligence artificielle, prend le contrôle des machines et met en marche son plan de domination mondiale. Partout sur le globe les robots enlèvent les humains, semant le chaos sur leur passage. Absolument pas préparés, désorganisés au possible, les Mitchell vont néanmoins opposer à cette menace inédite, une résistance pour le moins inattendue…

La Critique de Les Mitchell contre les Machines :

La crise sanitaire a contraint les grands studios à faire des choix. Choix qui ont invariablement profité aux géants du streaming, Netflix en tête (même si Amazon n’est pas reste quand il s’agit de proposer aux majors une alternative). Depuis mars 2020, nombre de films prévus pour les cinémas ont ainsi débarqué en ligne. Des films comme Les Mitchell contre les Machines, un temps connu sous le titre Déconnectés, produit sous pavillon Sony avant de se retrouver chez le colosse au N rouge. Un long-métrage d’animation donc, produit par Phil Lord et Chris Miller, le duo derrière les géniaux La Grande Aventure Lego et Spider-Man : New Generation, qui raconte comment une famille un peu tarée doit faire face à un soulèvement des machines. Un film qui, autant vous le dire tout de suite sans tourner autour du pot, est absolument génial !

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Le retour de Skynet

L’histoire du cinéma nous a appris à ignorer les arguments publicitaires du genre « par les mecs qui vous ont offert tel ou tel truc ». Ce que Les Mitchell contre les Machines fait. Car ici, ce ne sont pas Phil Lord et Chris Miller qui réalisent mais deux relatifs inconnus, à savoir Mike Rianda et Jeff Rowe. Ok, le premier est certes populaire pour Souvenirs de Gravity Falls, mais il y avait tout de même de quoi se méfier un tout petit peu.

Coup de bol, le film est l’exception qui confirme la règle. Et ce pour deux raisons : 1) Lord et Miller ne se sont pas contentés de prêter leur nom et 2) Rianda et Rowe sont loin d’être des manches. Le premier par exemple, a eu la bonne idée d’écrire son scénario en se basant sur sa propre famille. Bingo ! D’emblée, Rick et Linda, ces parents un peu largués et attachants sonnent superbement « vrai ». Idem pour les enfants et tant qu’on y est, même pour le chien ! Quant à cette histoire de soulèvement des machines directement empruntée à Terminator, là aussi le duo fait mouche !

Quand l’outrance paye

Sans chercher à révolutionner une trame somme toute classique et attendue, Les Mitchell contre les Machines prend avant tout soin de ses personnages qui apparaissent, malgré l’emballage résolument fantaisiste, très authentiques. Ainsi, l’émotion est décuplée. Et si le déroulement global du récit suit une dynamique plutôt connue, on ne peut pas en dire autant de la mise en image. Car l’originalité est ici : visuellement, le film de Rianda et Rowe est complètement fou. Totalement dans la lignée de Spider-Man : New Generation, avec cette patte et cette générosité qui au final, font vraiment toute la différence.

Fresque pop art

D’une inventivité absolument dingue, le long-métrage attaque dès le début en brouillant les pistes quant à ses intentions formelles pour mieux nous en mettre plein les yeux. Sublimant la technique du cel-shading, les réalisateurs nous livrent un spectacle total, fourmillant de détails en forme de savoureuses références (un exemple ? Les chaussettes de la jeune héroïne reprennent le motif de la moquette dans Shining) sans pour autant s’y reposer. Une multitude d’effets, à chaque fois inspirés, compose cette fresque jubilatoire qui sans cesse, repousse ses propres limites. Chaque séquence déterminante (ou non) se transformant en joyeux prétexte pour révolutionner une animation merveilleusement inspirée. Non seulement le rendu est magnifique mais la profusion d’incrustations et autres audaces graphiques confèrent au film une patine pour le moins unique.

Le plus beau étant que finalement, cette ambition visuelle totalement maîtrisée, reste en permanence au service de l’histoire. Les Mitchell contre les Machines parvenant à se montrer terriblement drôle (certaines scènes sont vraiment hilarantes), incroyablement impressionnant et émouvant. L’histoire frappadingue d’une famille dans laquelle il est facile de se retrouver, qui tient sans aucun soucis la comparaison avec les fleurons de l’animation. Un film qui enfin, réussit également haut la main le défi qui consiste à fédérer autour d’un même show les petits et les grands.

En Bref…

Les Mitchell contre les Machines, c’est tout bonnement la plus belle surprise du printemps ! Un des films d’animation les plus dingues, les plus attachants et les plus inventifs de ces dernières années, haut la main. Allez on ose le dire ? Oui, il s’agit d’ores et déjà d’un sommet de 2021.

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Netflix/Sony Pictures Releasing France
Par Gilles Rolland le 1 mai 2021

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