[Critique] NON-STOP

CRITIQUES | 26 février 2014 | Aucun commentaire
Non-Stop-affiche-France

Titre orignal : Non-Stop

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis/France
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Distribution : Liam Neeson, Julianne Moore, Scott McNairy, Michelle Dockery, Lupita Nyong’o, Omar Metwally, Corey Stroll, Nate Parker, Anson Mount…
Genre : Thriller/Action
Date de sortie : 26 février 2014

Le Pitch :
Alors qu’il est en plein vol, un marshall chargé d’assurer la sécurité des passagers d’un avion, reçoit de mystérieux SMS. Ces derniers lui annoncent qu’un passager sera exécuté toutes les 20 minutes si une importante somme n’est pas versé rapidement sur un compte en banque. Cherchant rapidement d’où proviennent les messages, le marshall se heurte au plan tortueux du pirate de l’air, qui met vite son plan à exécution…

La Critique :
C’est Luc Besson qui fit de Liam Neeson un pur héros de film d’action. De ceux que l’on voyait surtout dans les années 80/90 et qui ne faisaient pas dans le détail, en assaisonnant leurs coups de boules par de savantes punchlines bien senties. En 2008, à 56 ans, Liam Neeson, sous la direction de Pierre Morel et sous la production de Besson, qui avait aussi concocté un scénario dont lui seul a le secret, est devenu ce père de famille revanchard, prêt à tout pour sauver sa fille des griffes d’immondes trafiquants sans scrupules. Avec Taken, l’acteur a ajouté une corde à son arc et aujourd’hui, quand il s’agit de mettre en scène un monsieur tout le monde capable d’exploser des tronches à la chaîne, on pense à lui.
Un détail qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Car Joel Silver, le légendaire producteur derrière Commando, Predator ou encore Piège de Cristal, est loin d’être sourd. En voyant Neeson faire des clés de bras comme un forcené, il a flairé le bon coup et l’a embauché pour Sans Identité. Au final, gros coup de mou pour un thriller paranoïaque de plus, pas franchement palpitant ni reluisant.
Une qualité relative qui n’a pas empêché le film de cartonner et de permettre certainement au réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra, de revenir à la charge avec Silver pour orchestrer une nouvelle partie de brise-nez avec Liam Neeson en tête d’affiche.
C’est ainsi qu’est né Non-Stop, cet hommage voulu aux films catastrophes des 70’s se déroulant dans un avion, Airport en tête. Au final, Non-Stop est surtout un « hommage » aux film d’action aériens plutôt bourrins, du genre de Passager 57 ou d’Ultime Décision.

On sent néanmoins les velléités hitchcockiennes du réalisateur. L’action tarde à venir. On assiste en premier lieu à l’enquête en huis-clos de ce flic désabusé et alcoolique, qui s’inscrit malgré lui dans la plus pure tradition des action men du genre de John McClane. Un flic qui reçoit des menaces par SMS et qui traque le coupable en passant au crible les 146 passagers de l’avion. Parfois bien troussée, l’investigation cherche à installer un suspense qui accuse de sérieuses baisses de régime. Rempli de raccourcis hasardeux, le scénario ne fait pas dans la dentelle et ne parvient pas à exploiter son postulat de départ efficace à défaut d’être révolutionnaire. Avec une première partie qui s’inscrit dans la lignée du Flight Plan de Robert Schwentke, avec Jodie Foster, Non-Stop réserve de temps à temps quelques bastons pas piquées des vers. Des bastons qui dominent bien heureusement la seconde partie. Car faut pas rigoler non plus ! C’est pour voir Liam Neeson cogner sur d’autres types qu’on est là et pas pour le voir se torturer les méninges sur une énigme vue et revue dans d’innombrables films parfois meilleurs que celui-là.
Quand il passe la seconde, Non-Stop s’avère plutôt efficace, mais encore pas assez pour remporter tous les suffrages. Avec ses grosses ficelles et ses clichés gros comme un Boeing, le long-métrage de Collet-Serra manque non seulement d’originalité, mais aussi de personnalité. Pour résumer, on est en face d’un Taken dans un avion. Ni plus ni moins. Liam Neeson fait le job, un peu en pilotage automatique, et se montre toujours super convainquant en homme d’action à qui on ne la fait pas.
Autour, Julianne Moore cachetonne un peu, tout comme les autres acteurs connus ou moins connus. À noter d’ailleurs la présence de Lupita Nyong’o, nominée cette année à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour 12 Years A Slave.
Les performances sont ainsi correctes mais limitées, puisqu’inscrites dans un modèle ancestral du cinéma américain qui impose ici en permanence ses limites.

Rien n’interdit cependant de se laisser happer par l’intrigue et d’essayer de deviner qui a fait le coup. Certains d’entre vous trouveront certainement car, encore une fois, le dénouement ne brille pas par son audace. Et le fait d’avoir cherché à lui donner une résonance géopolitique ne change rien, bien au contraire.
Moitié thriller, moitié pur film d’action, Non-Stop est à 100% formaté. On est précisément en face du truc idéal pour une diffusion le dimanche soir sur TF1. Tout le monde, que ce soit à la réalisation ou au casting, semble en être conscient et tout le monde, d’une certaine façon, fait son boulot. Même Jaume Collet-Serra, que l’on a connu plus inspiré (c’est lui qui a fait La Maison de Cire et Esther) et qui semble aujourd’hui acquis à la cause des studios. Pour le meilleur et pour le pire comme on dit. Au risque de ne pas voler bien haut…

@ Gilles Rolland

non-stop-liam-neesonCrédits photos : StudioCanal

Par Gilles Rolland le 26 février 2014

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