[Critique] R.I.P.D. BRIGADE FANTÔME

CRITIQUES | 31 juillet 2013 | Aucun commentaire

Titre original : R.I.P.D.

Rating: ★☆☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Robert Schwentke
Distribution : Jeff Bridges, Ryan Reynolds, Kevin Bacon, Mary-Louise Parker, Stephanie Szostak, James Hong, Marisa Miller, Robert Knepper, Mike O’Malley, Devin Ratray, Larry Joe Campbell…
Genre : Fantastique/Action/Thriller/Adaptation
Date de sortie : 31 juillet 2013

Le Pitch :
Flic réputé, Nick Walker se fait tuer au cours d’une descente de police dans le repaire d’un caïd de la drogue. Alors que son corps gît à terre, Nick se retrouve aspiré dans les cieux et atterrit au R.I.P.D., soit le service des forces de police de l’au-delà, chargé de débusquer les criminels ayant échappé à leur jugement céleste. Complètement paumé, Nick va se voir assigné en la personne de Roy, un co-équipier aussi chevronné que rustre, avec lequel il va revenir sur Terre, sous une nouvelle identité, dans le but de commencer sa deuxième carrière…

La Critique :
Ne tournons pas autour du pot : pour la faire courte, R.I.P.D. est une catastrophe. Une purge qui a dû certes faire plaisir aux banquiers de Jeff Bridges et de Ryan Reynolds, mais qui en aucun cas ne procure de plaisir.

Adaptation du comic-book éponyme édité chez Dark Horse créé par Peter M. Lenkov, R.I.P.D. s’intéresse donc à un pauvre gus, policier de son état, devenu flic plus ou moins morts-vivant. Un gars qui fait équipe avec un autre gars, plus vieux et plus expérimenté, pour chasser les entités malfaisantes qui refusent d’être jugées pour leurs pêchés et expédiées illico presto en enfer. Si ce rapide pitch vous rappelle celui de Men in Black, c’est normal. Le film lui-même fait furieusement de l’œil à celui de Barry Sonnenfeld. On remplace les aliens par des fantômes et le tour est joué. Idem pour les deux personnages, qui ne sont que de nouvelles déclinaisons de Will Smith (le jeune fougueux sans expérience) et de Tommy Lee Jones (le vieux roublard à qui on ne l’a fait pas).
Une copie pure et simple, tellement minutieuse qu’on la croirait sortie des années 90, avec ses effets-spéciaux à peine dignes de ceux de Van Helsing et ses blagues fatiguées propres aux mauvais buddy movies d’antan. Inutile de dire que la nostalgie ne sauve pas les meubles. Tout fout le camp dès la première scène, où un monstre hideux (parce que vraiment mal fait), composé d’un tas de pixels difformes, cavale dans les rues de Boston, alors que Jeff Bridges et Ryan Reynolds tentent de le stopper. Là, on se dit franchement qu’on est mal barré. 130 millions de dollars n’ont pas suffi pour livrer un long-métrage qui se souci au moins du bien-être de nos rétines. C’est laid, réalisé dans le seul but d’exploiter une 3D à la ramasse et, comme mentionné plus haut, périmé avant l’heure.

Si la présence de Ryan Reynolds, il faut le dire, rarement inspiré dans ses choix de carrière, pouvait laisser présager un tel désastre, celle du génial Jeff Bridges aurait pu par contre laisser penser qu’il y aurait quelque chose à tirer de ce gros bordel agressif. Et bien non. La différence entre les deux comédiens résidant seulement dans le plaisir évident que prend Bridges à en faire des caisses. Reynolds, à côté, rompu à l’exercice périlleux du navet, est sérieux comme un pape, tandis que Mary-Louise Parker est insupportable (comme dans les dernières saisons de Weeds) et que Kevin Bacon se laisse à nouveau coller l’étiquette du bad guy que tout le monde suspecte dès qu’il pointe le bout de son nez.

Loin des films d’auteur et autres odyssées crépusculaires, Jeff Bridges nous ressort tout l’attirail de son personnage de True Grit et joue au cow-boy avec de gros pistolets aux munitions éclairantes, dans un monde menacé par un cataclysme dont on se moque au bout de 5 minutes. Son abattage je-m’en-foutiste est le seul intérêt du film. Les 1h30 et des poussières que dure le métrage s’étirent alors au point de donner l’impression de passer trois heures à assister à ce qui demeure un spectacle affligeant.
Mise en scène par le même réalisateur que Red, cette Brigade Fantôme se tire un nombre incalculable de balles dans le pied. Jamais le film ne parvient à donner une chance aux petites bonnes idées qui parsèment un script squelettique. Même quand il pompe joyeusement sur Ghost, en mettant en scène une sous-intrigue amoureuse, il le fait mal. Gavée de clichés que Robert Schwentke se contente d’appliquer sans chercher à les sublimer, cette œuvre méchamment conceptuelle illustre au final ce qui se fait de pire en matière de blockbuster fantastique. Sans aucune personnalité, pas foutu d’utiliser à bon escient son budget, R.I.P.D. ne cesse de sombrer dans les abysses de la nullité pour finir par se ranger aux côtés de ces films pathétiques, qui n’ont rien à raconter, et rien à proposer de neuf. De plus, tout est tellement prévisible, qu’on devine dès le début comment les choses vont se terminer. On voit le mur s’approcher et on est assis là, les yeux grands ouverts, quand le film se le prend en pleine poire. Vous êtes prévenus : ce n’est pas beau à voir.

@ Rolland Gilles

RIPD-Briges-ReynoldsCrédits photos : Universal Pictures International France

Par Gilles Rolland le 31 juillet 2013

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