[Critique] RED LIGHTS

CRITIQUES | 13 avril 2014 | Aucun commentaire
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Titre original : Red Lights

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis/Espagne
Réalisateur : Rodrigo Cortés
Distribution : Robert De Niro, Cillian Murphy, Sigourney Weaver, Elizabeth Olsen, Toby Jones, Joely Richardson, Craig Roberts, Burn Gorman…
Genre : Thriller/Fantastique
Date de sortie : 11 avril 2014 (DTV)

Le Pitch :
Simon Silver, un fameux parapsychologue, refait surface après 30 ans d’absence, avec des théories susceptibles de bouleverser la science établie. Tom Buckley, qui travaille comme assistant pour le Dr Margaret Matheson avec laquelle il démystifie des phénomènes paranormaux, décide d’enquêter sur cet homme mystérieux, apparemment doué de pouvoirs spectaculaires. Mis en garde par son aînée, le jeune homme persiste et commence à s’enfoncer dans les tréfonds d’une investigation tortueuse…

La Critique :
Rodrigo Cortés a bluffé son monde dès son premier long-métrage, le dénommé The Contestant. Nous sommes en 2007. En 2010, Cortés frappe encore plus fort avec le remarquable et étonnant Buried. L’exploit est de taille : non seulement le film se déroule uniquement dans un cercueil, mais il met en scène Ryan Reynolds, un acteur pas spécialement connu pour sa subtilité. Au final, Buried est une petite bombe à fragmentation. Plus tendu que les bretelles du haut en lycra de Hulk Hogan, redoutablement mis en scène et écrit, et interprété par un Reynolds incroyable d’intensité et de dévotion, le film est un succès critique et public et annonce de grandes choses pour la suite concernant son réalisateur.
Cela dit, Hollywood est aussi le pays des soufflets. Un soufflet, ça monte vite, mais parfois, ça redescend illico et c’est précisément ce qui s’est produit pour Rodrigo Cortés.

Si Red Lights n’était pas réalisé par le type qui nous a assis avec Buried, l’indulgence aurait été davantage à l’ordre du jour. Le truc, c’est qu’ici, on parle d’un petit génie capable de faire de grandes choses avec pas grand chose. Un cinéaste plein de malice, qui a tourné Buried en 17 jours, pour un budget minime, tout en offrant à un acteur alors lesté par une réputation de bellâtre sans substance, une chance de se refaire une virginité. Là, aux commandes d’une production de plus grande ampleur et bénéficiant d’un casting de prestige, Cortés semble embarrassé. Il semble perdu aussi. Perdu dans les méandres d’une histoire en premier lieu prometteuse (des enquêteurs spécialisés dans le paranormal tentent de démystifier les actes d’un célèbre parapsychologue), qui se perd en conjonctures épuisantes, le cinéaste multiplie les effets de manches un peu faciles.

Red Lights fait clairement partie de ces films que De Niro semble avoir accepté pour payer les factures. Il est là, certes, mais en fait des caisses, probablement pour masquer un petit je-m’en-foutisme. Cela dit, ce n’est pas lui qui se retrouve au premier plan, mais bel et bien Cillian Murphy. Un Murphy en forme, plus que jamais torturé, face à une Sigourney Weaver qui a enclenché le pilotage automatique, mais qui reste imposante. Dans Red Lights, les poids lourds du cinéma veillent tranquillement au grain, laissant aux jeunes le soin de faire avancer les choses. Cillian Murphy assure donc, tout comme Elizabeth Olsen, dont le magnétisme s’affirme un peu plus à chaque film.
Tous les deux sont au centre d’une œuvre inutilement complexe, tirée heureusement vers le haut par une réalisation parfois inspirée et par une photographie assez léchée. La preuve du soin tout particulier apporté par un Rodrigo Cortés quoi qu’il en soit méritant dans sa volonté de s’affirmer face à la machinerie hollywoodienne. Encore une fois, venant de lui, il était normal d’attendre plus. Red Lights aurait pu être un grand thriller fantastique. Il manque le coche mais ne se plante pas sur toute la ligne quand même. Il demande un peu de patience (1h53 c’est long), et recèle ici ou là de belles choses qui tendent à faire de l’ombre aux défauts. Pas toujours, mais parfois.
Au final, le spectacle n’est certes pas passionnant, mais il sait conserver une certaine classe, sur un plan purement formel. Il intrigue puis s’essouffle, avant de franchir la ligne d’arrivée sur les rotules, confirmant le choix du distributeur de ne pas l’avoir projetté en salle. Le principal c’est de participer disait Coubertin. Cortés a essayé, mais espérons que son prochain film le remette pour de bon sur les rails.

@ Gilles Rolland

Red-lights-Elizabeth-OlsenCrédits photos : Metropolitan FilmExport

Par Gilles Rolland le 13 avril 2014

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