[Interview] Pat Healy : la star de Cheap Thrills et de The Innkeepers se confie !

INTERVIEWS | 12 avril 2014 | Aucun commentaire
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Ce mois-ci sort en DVD Cheap Thrills, le premier film d’un certain E.L. Katz. Et autant vous le dire tout de suite, ce film est complètement dingue ! Comme en témoigne notre critique, c’est un trip totalement barré, maîtrisé en long, en large et en travers, rock and roll, satirique, drôle, cruel, comique, provocant et courageux. Le genre de truc que l’on ne voit pas souvent et qui fait vraiment plaisir !
Et dans Cheap Thrills, il y a Pat Healy, dans un rôle à la mesure de son talent.
Vu dans un grand nombre de films et de séries tv depuis les années 90, souvent au second plan (il a notamment joué dans Maman, je m’occupe des méchants, Pearl Harbor, Rescue Dawn, Magnolia, Ghost World… et dans les séries Six Feet Under, Les Experts : Miami, Charmed, Cold Case, NCIS, FBI – Portés Disparus, Star Trek : Enterprise, Grey’s Anatomy, Las Vegas, 24…), Pat Healy a su attirer le regard des bonnes personnes et s’est retrouvé au premier plan il y a quelques années, avec le traumatisant Compliance, où il harcelait Dreama Walker au téléphone pour une adaptation d’un fait divers glaçant, ou dans le flippant The Innkeepers du surdoué Ti West. Aujourd’hui, on peut notamment le voir en train de réparer le Soldat de l’Hiver dans Captain America : Le Soldat de l’Hiver et dans Cheap Thrills donc. En gros, le gars est en train d’exploser ! Il faut le voir se plier en quatre pour remonter la pente dans ce film de malade mental. Parfaitement dans le ton, Healy a tout compris et prouve à quel point il est bon. Dans un premier temps vulnérable, il passe ensuite du côté obscur de la force et contribue à rendre Cheap Thrills si étonnant.
Très proche de son public grandissant, Pat Healy est en plus un homme affable, très présent sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs là que nous l’avons approché, pour lui demander de nous parler de sa carrière et de son métier. Gentiment, il a accepté. En résulte une interview aussi dense que passionnante. En version française et en version originale (voir en bas de page) ! Que Mr. Healy en soit remercié !

OR : Ta filmographie est impressionnante. Beaucoup de genres se côtoient, entre productions indépendantes et blockbusters. Peux-tu nous parler de ta première expérience en tant qu’acteur ?

Pat Healy : J’ai fait ça toute ma vie. Professionnellement, je joue maintenant depuis 20 ans. Le but du jeu est de ne jamais cesser de bosser ! Ainsi, j’ai accepté beaucoup de rôles différents dans de nombreuses séries et de nombreux films, très différents également.
J’ai débuté enfant, dans une pièce montée par l’école et je suis allé à l’université pour continuer le théâtre à l’Illinois State University à Normal, dans l’état de l’Illinois. Nous avons étudié la méthode Stanislavsky aussi bien que différentes formes d’improvisations, en travaillant sur la voix et le mouvement. Il a toujours été important pour moi d’étoffer mon jeu d’acteur. Ainsi, alors qu’une majeure partie de la Méthode repose sur le fait de jouer le « vrai », certains l’appréhendent d’un point de vue trop « réaliste », ce qui peut vite devenir ennuyeux. Il est crucial d’être vrai et honnête vis à vis d’une performance. C’est de cette façon que l’on éclaire le public à propos de tout ce que nous essayons de communiquer.
Cependant, une performance d’acteur a selon moi besoin d’autre chose. D’une certaine grandeur. Les personnages qui retiennent notre attention sont à la fois réalistes et outranciers. Je pense que c’est pour cela que des comédiens comme Marlon Brando, Robert De Niro, Meryl Streep et Daniel Day-Lewis sont les meilleurs dans ce qu’ils font. Ils sont tous intimement réalistes, grandioses et fascinants ! Ils comprennent qu’ils ne font pas dans le documentaire mais bel et bien dans la performance. Une sorte de théâtre.
Ma première expérience fut donc de regarder De Niro, Mickey Rourke, Brando, etc… et d’essayer de trouver leur « truc » en les imitant ! Mais j’ai réellement compris ce que signifiait jouer quand j’étais à la fac. C’est là que le Steppenwolf Theater de Chicago a débuté (où John Malkovich, Joan Allen, Gary Sinise, Gary Cole et de nombreux autres y ont fait leurs débuts). Une porte s’est alors ouverte dans mon esprit quand j’ai commencé à comprendre. J’ai découvert la vérité et débloqué la magie qui donne naissance à un personnage et à une performance.
Je me souviens avoir joué Murph dans la pièce d’Israel Horowitz, The Indian wants the Bronx et senti à la fois cette énergie ainsi que de l’immédiateté. J’ai senti s’installer une certaine « réalité » à avec mes collègues acteurs, mais aussi une électricité qui s’installait entre le public et moi. Vous sentez leurs yeux posés sur vous. Vous voulez rester vrai avec vous-même, avec vos pensées et vos sentiments, mais vous voulez toujours que leurs yeux restent focalisés sur vous. Il s’agit de créer quelque chose d’authentique et de convainquant. C’est un exercice d’équilibre permanent et je ne suis toujours pas sûr de le tenir complètement.
Bref, jouer dans cette pièce fut le début. Cheap Thrills est le premier film qui me donne l’impression de pouvoir véritablement utiliser ces compétences pour la première fois. Je continuer d’apprendre. Définitivement. Mais quand vous faites les choses correctement, c’est la meilleure sensation au monde.

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Tu parles de la Méthode Stanislavsky comme étant la base de ta technique. Comment appliques-tu cette méthode pour des rôles comme celui que tu tiens dans Compliance. Un rôle où tu n’as que ta voix pour exister à l’écran et ainsi imposer la pression et la peur que ton personnage crée chez celui interprété par Dreama Walker ?

Je ne suis pas sûr de la façon dont la Méthode s’applique dans ce cas précis. Je dirai que j’ai appréhendé ce rôle comme je l’aurais fait avec n’importe quel autre. En fait, contrairement à la plupart des films comprenant des scènes au téléphone, celles de Compliance ont été enregistrées en direct. Ce qui signifie que les acteurs interagissaient les uns avec les autres, qu’ils soient dans la pièce ou au téléphone. Dans la plupart des cas, les voix au téléphone sont difficiles à enregistrer en direct. Les conversations téléphoniques sont donc traitées séparément et éditées plus tard pour donner l’impression que les deux interlocuteurs se parlent.
Dans le cas de Compliance, nous étions en mesure de réellement agir avec l’autre, et au final, ce n’était pas si différent du déroulement de n’importe quel autre film. La seule différence est que nous ne voyions pas le visage de l’autre. Je peux seulement parler pour moi, mais j’ai eu l’impression que cela ressemblait à ce que les gens décrivent quand ils sont privés d’un ou de plusieurs de leurs sens. Mon ouïe est devenu plus affutée. J’écoutais non seulement les paroles, mais aussi les nuances et les sentiments exprimés par l’acteur qui se trouvait au bout du fil. Même si la scène a été scénarisée, parfois, nous changions l’intention du script. Un exemple : l’acteur à l’autre bout de la ligne pouvait jouer la peur avant de jouer sur l’humour sur la prise suivante. Ce qui dictait ma façon de réagir. Dans ce cas, je n’étais pas pris au sérieux et mon personnage accentuait la pression qu’il exerçait sur ses victimes. À contrario, si je sentais que je les avais sous ma coupe, je pouvais lâcher la bride et les laisser souffler. De même, si je suis amené à conduire la scène et que mon intention est de manipuler les autres personnages en les pliant à ma volonté, je pouvais adopter un ton plus sévère ou une attitude plus amicale en fonction de ce qui me semblait peut-être plus efficace sur cette personne en particulier, à ce moment en particulier.
Le réalisateur Craig Zobel et moi avons beaucoup discuté en privé des différents moyens de tenter des choses, et à la fin, le film est probablement une combinaison de tous ces efforts conjugués.

J’imagine que dans ma version de la Méthode, je joue « l’action » de la scène et non l’émotion. C’est difficile, sinon impossible, de conjurer une émotion. Ceci dit, je pense que si une scène concerne une action suffisamment forte (comme par exemple, quand il s’agit de couvrir de honte un personnage, comme dans Compliance), l’émotion naitra naturellement. Dans la vraie vie, on ne choisit pas de ressentir une émotion. Nous agissons et nos émotions émergent de nos actions. Parfois, nos émotions prennent le dessus et nous conduisent à agir de manière irrationnelle, mais je ne pense pas que ce soit jamais un choix conscient. Par conséquent, il est important pour moi de ne pas « fabriquer » un sentiment, car ce serait se détacher de la réalité. Ça sonnerait faux et je pense que le public le sentirait de la même façon. La Méthode, ou quel que soit le nom que l’on donne à ce processus, est de conférer de l’authenticité à la scène. J’essaie toujours d’obtenir la vérité de quelque chose, même si je ne suis pas sûr de ce que la vérité pourrait être au final. Parfois, c’est un mystère et je suis le premier surpris. Mais j’aime creuser et jouer la scène telle qu’elle a été écrite et voir ce qui se produit quand deux personnes, aux intentions parfois opposées (ce qui est le cas avec Compliance), se heurtent dans une scène. Quelque chose de nouveau, d’intéressant et de surprenant nait de ce moment. Quand cela se produit, c’est probablement la chose la plus excitante qui puisse arriver à un acteur.

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Compliance

The Innkeepers est totalement différent. La peur est présente, mais il s’agit d’une peur différente que celle qui anime parfois Compliance. Dans ce film, ton personnage est une sorte de geek, qui est amoureux. Un gars plutôt faible. Peux-tu nous parler de The Innkeepers et plus généralement de ta collaboration avec le réalisateur Ti West ?

J’avais très envie de travailler avec Ti West, car j’avais vu The House of the Devil et trouvé ça vraiment fantastique. Nous avions des connaissances en commun dans le circuit des festivals et du cinéma indépendant et j’avais vu ses films précédents. The House of the Devil était vraiment choquant. Dans le bon sens du terme. Un brillant morceau d’horreur et de suspense. Le travail de Ti West m’évoque Polanski et Hitchcock. Surtout dans ce film en particulier qui rappelle aussi les slashers des années 80. Mais au-delà de ça, c’était tout à fait original. En tant que cinéaste (Pat Healy réalise également, ndt), je me sens vraiment emballé par la façon dont Ti West prend des choses qui existent déjà pour les mélanger et en faire quelque chose de nouveau et d’unique.

J’ai été plutôt surpris de recevoir un coup de fil de l’actrice Amy Seimez, une amie commune, qui me disait que Ti West me voulait pour son prochain projet. J’étais prêt à accepter The Innkeepers, avant même de lire le scénario. Heureusement, le script était très bon. D’un point de vue purement cinématographique, je pouvais voir qu’il allait remonter encore plus loin dans le temps, à certains égards. À des films de maison hantée atmosphériques et gothiques comme La Maison du Diable (The Haunting,1963), Les Innocents (The Innocents,1961) et, encore plus loin La Falaise Mystérieuse (The Uninvited,1944). Mais j’ai aussi apprécié la lumière qui se dégageait de l’histoire, tout comme la répartie entre les deux personnages. Il s’agissait principalement d’une histoire contemporaine au sujet de l’amitié entre un homme et une femme (le genre d’amitié que l’ami de Ti, le réalisateur Joe Swanberg, a exploité avec brio avec le film Drinking Buddies), avec pour toile de fond, cet ancien hôtel hanté, avec ses fantômes, des médiums et des activités paranormales.
Techniquement, The Innkeepers repose sur un style old school, tourné en 35mm et cinémascope, avec des couleurs riches et profondes qui donnent le ton parfait pour un pur film de maison hantée. C’est ce que Ti West et son équipe technique m’ont très bien expliqué en premier lieu. Je savais que le terrain était favorable et que je pouvais me concentrer sur mon travail et créer un personnage authentique et crédible, qui se juxtaposerait bien avec cette scénographie en forme de cauchemar gothique.

Je m’entends très bien avec Sara Paxton (qui joue sa partenaire dans le film, ndt). Jouer l’amitié a donc été facile. Nous nous entendions très bien sur le tournage. Nous aimions faire rire l’équipe et trainer ensemble pendant des heures, exactement comme Claire et Luke dans le film. Concernant ma performance, je n’ai pas adopté le rôle d’un point de vue typique d’un film d’horreur ou même d’une comédie (pour les passages comiques). Je voulais rester fidèle au parcours du personnage. Je savais que si je jouais les scènes avec honnêteté, elles deviendraient drôles, effrayantes ou quoi que soit d’autre suivant le moment. Parfois, en tant qu’acteurs, nous pouvons ressentir de l’insécurité : le script peut ne pas être bon ou le réalisateur ne pas nous aider suffisamment. C’est dans ces cas-là que nous fonçons et tentons de créer quelque chose. Pour The Innkeepers, les choses étaient très claires. Le scénario de Ti West était limpide, notamment concernant mon personnage. Ma relation avec Sara fut naturelle. Et Ti est un réalisateur formidable. Vous vous en apercevez déjà en regardant ses films. Ainsi, pour moi, il s’agissait de l’histoire d’un homme amoureux d’une femme, qui a du mal à exprimer ses sentiments. Il fait tout un tas de trucs (comme la chasse aux fantômes, alors qu’il s’en fout un peu et n’a de toute façon pas assez de courage) dans le seul but de l’impressionner. Quand il trouve enfin le courage de lui dire ce qu’il ressent, elle ne le rejette même pas. Elle fait comme si de rien n’était. Elle n’imagine même pas que Luke puisse ressentir une telle chose. Dans un sens, c’est encore plus terrible pour lui qu’un simple refus : sentir que de son côté, Claire ne peut même pas envisager la possibilité d’être avec lui. Devant son incapacité à la conquérir, il est submergé par sa peur de l’inconnu. (spoiler) Il s’enfuit, la laissant seule. Il se ravise et revient, mais il est trop tard. Elle est morte (fin du spoiler).
Pour moi, il s’agit d’une tragique histoire d’amour à sens unique. Ce qui ne veut pas dire que c’est ce qu’est le film. C’est juste comme ça que je le vois. Et je le vois de cette façon car c’est ce que j’ai perçu dans la façon dont Luke, mon personnage, voit les choses. Un personnage par la suite utilisé par Ti West pour conférer à The Innkeepers, une tonalité riche et diversifiée. On y trouve du rire, de la peur et des relations solides qui peuvent légitimement toucher.

Un bon exemple de la façon dont mes intentions jouent dans le film est la scène dans laquelle nous avons tous deux picolé et que j’essaye de dire à Claire que je l’aime. J’ai joué cette scène avec une complète vulnérabilité et beaucoup d’honnêteté. Quand elle refuse mes avances, je me suis vraiment senti brisé. Pourtant, quand tu regardes le film, cette scène sonne plutôt comique. C’est comme cela qu’elle devait être. L’authenticité de la situation et l’émotion qui s’en dégage sonnent vraies aux yeux du public. Les spectateurs peuvent se reconnaitre ou peut-être reconnaître quelqu’un de leur entourage dans cette scène. C’est drôle justement parce qu’il s’agit d’une situation courante. Je crois que si j’avais joué cette scène en essayant de faire rire, le résultat aurait été atroce. Cela aurait sonné faux. C’est l’honnêteté du script, la superbe et complexe relation entre Sara et moi qui résonnent avec le public. Nous voulons tous être un héros et conquérir la fille avec nos belles paroles et notre charme. Ou au moins, revenir et lui sauver la vie. Mais nous savons aussi que la réalité est plus « facile » dans les films que dans la vie. Je fais alors confiance à l’écriture d’un film quand je pense qu’elle est pertinente. Pour le reste, pour tout ce que je ne suis pas conscient de jouer, c’est le public qui remplit les blancs, car ils se reconnaissent dans la situation et peuvent s’identifier.
Je n’aime pas non plus jouer dans le seul but de provoquer les rires ou tout axer sur les résultats que cela pourrait donner, parce que si je joue quelque chose honnêtement, je pense que le résultat à l’écran sera peut-être complètement différent de ce que j’attendais. Pour revenir à la scène dont je parlais, je ne pensais pas que les gens la trouveraient si drôle. Mais c’est bien comme ça ! Je trouve que c’est une scène formidable. L’une de celles qui me rendent le plus fier dans toute ma carrière. Émotionellement, je me mets à nu et les gens se connectent. De plus, je pense qu’ils ne rient pas à cause de la dérision mais par rapport à l’identification qui s’opère. On est tous passés par là. On a tous pris au moins un râteau. C’est indéniablement une expérience profondément humaine. Je ne m’assois pas pour déclarer avant de tourner : « ce sera une expérience unique à laquelle les gens vont pouvoir s’identifier ! ». Je fais juste mon boulot et je pense que je suis assez expérimenté à ce jour pour pouvoir faire du bon boulot. Plus tard, après le tournage, je regarde le film et je vois ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. C’est ensuite que je peux parler de ce genre de chose avec des gens comme toi, qui ont la gentillesse de s’intéresser à mon travail.
Comme dans la vie, ce n’est que dans la rétrospective, en regardant dans le rétro, que nous voyons émerger les tendances et que nous reconnaissons nos forces et nos faiblesses.
Je pense qu’il ne faut pas aborder les choses d’une façon trop intellectuelle car cela peut conduire un acteur à indiquer ce que son personnage sent, dans un effort pour se distancier émotionnellement. Ce qui peut souvent être très douloureux quand il s’agit de faire face à des millions de personnes. Ces acteurs sont ceux qui font des commentaires au sujet de leur personnage. Des commentaires du genre « Regardez comment il est faible et idiot ! ». Pour moi, c’est une façon de se protéger, qui ne sert pas le film. Et peu importe si on parle d’un film d’horreur qui pourrait être jugé trop léger, stupide ou frivole. Nous sommes tous des êtres humains qui partageons une expérience.

Bref, en tant que cinéphile, on se doit de reconnaître que Ti West est un grand artiste, même si il évolue dans un genre qui n’est pas souvent pris au sérieux. Pour The Innkeepers, j’ai vraiment voulu mettre tout ce que j’avais sur la table car je savais que Ti West était de ceux qui bossent avec tout leur cœur et toute leur âme.

Après The Innkeepers, tu as retrouvé Sara Paxton dans Cheap Thrills. Un film qui a tout du culte instantané. Comment le décrirais-tu ?

Très difficile de ranger Cheap Thrills dans une catégorie, car bien qu’il soit considéré comme un film de genre, il organise le croisement de beaucoup de genres : c’est un film de « crimes », un thriller, une comédie noire, une satire, et on y trouve même quelques éléments horrifiques. De toute façon, je pense que les meilleurs films sont ceux qui échappent à toute tentative d’étiquetage. Des films qui arrivent à être différents, uniques et nouveaux. Mais vu qu’il s’agit du premier film du très talentueux E.L. Katz, je le rapprocherai du premier long-métrage des frères Coen, Blood Simple, du premier long de Tarantino, Reservoir Dogs ou du Mean Streets de Martin Scorsese. Cheap Thrills dissèque le rêve américain tout en étant incroyablement drôle, et fun sur la longueur.
Sara et moi ne pouvions pas être plus heureux de travailler à nouveau ensemble. On s’est beaucoup amusés sur le tournage. Vu le caractère super intense du tournage, c’était super agréable de l’avoir à mes côtés pour détendre l’atmosphère. Si cela ne tenait qu’à moi, je la mettrais au générique de tout ce que je vais faire à partir de maintenant !

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The Innkeepers

Tu surfes entre les films indépendants, comme Cheap Thrills et les blockbusters hollywoodiens comme Captain America : The Winter Soldier, dans lequel on peut te voir aux côtés de Robert Redford. Tu as également pas mal bossé pour la télévision. Quelles sont différences entre tous ces « formats » ?

Captain America ne m’a pris que quelques jours (Pat Healy joue un scientifique chargé de « l’entretien » du Soldat de l’hiver, ndt). Même chose pour quelques rôles que j’ai pu interpréter dans différentes séries tv. Je ne suis pas aussi investi dans ces projets que dans Cheap Thrills, ou Complicance, ou The Innkeepers. Quelque chose comme Captain America 2 ne représente pas beaucoup de travail. C’est plus de la figuration de luxe. Ceci dit, ce fut l’opportunité de travailler avec mes amis les frères Russo, qui ont réalisé le film, et de jouer également avec Robert Redford, qui est une icône et que j’ai toujours admiré. Et puis bon, j’adore ces gros films. Quand ils sont bons bien sûr. Ce qui est le cas de Cap 2, qui déchire ! Pour moi qui ai grandi en lisant des comics, ce fut vraiment cool.
Cela dit, je voudrais donner la même attention à mon travail d’acteur, peu importe ce que je fais. Ce qui n’est pas tout le temps possible. Vous n’avez tout simplement pas le temps de vous préparer pour quelque chose comme Captain America alors que lorsque je reçois un rôle de premier plan dans quelque chose auquel je suis habitué, j’ai a ma disposition plus de temps pour analyser le script, me mettre en forme, etc…

Un de mes profs d’arts dramatiques me disait : « Regarde la profondeur d’une piscine avant d’y plonger. ». Quelque chose comme Captain America ne nécessite pas de « plonger » et de faire des recherches sur le passé des personnages. C’est juste du fun. Je n’ai pas à me sortir les tripes comme pour Cheap Thrills.

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Trent Haaga, Pat Healy et E.L. Katz sur le tournage de Cheap Thrills.

Comment vois-tu le futur ? Peux-tu nous parler de tes projets ?

C’est toujours incertain et je n’aime pas trop spéculer. Cependant, Great World of Sound (de Craig Zobel, 2007) a ouvert la porte à The Innkeepers, à Compliance et à Cheap Thrills. Et ces films, Cheap Thrills en particulier, ont à leur tour ouvert de nouvelles portes. En particulier dans la façon dont je suis perçu en tant qu’acteur capable de porter un film. Quant à savoir si je suis « financièrement » fiable… je ne sais pas. Cela dépendra de la façon dont mes précédents et récents films suivront leur route en VOD, sur le câble, sur Netflix, etc… Mais je sens qu’il y a des personnes prêtes à m’offrir des rôles plus importants dans de bons projets. Et quoi qu’il en soit, je pense que c’est justement le fait de faire du bon boulot dans de bons projets qui a donné un coup de boost nécessaire à ma carrière et qui m’a ainsi aidé à devenir un meilleur acteur.
Je pense donc que le futur s’annonce bien, même si je ne suis pas sûr de quoi il sera fait à l’heure actuelle. J’ai eu droit à plus d’attention et on a beaucoup plus parlé en bien de moi grâce à Cheap Thrills. Je croise les doigts pour que cela débouche sur plus de bons rôles dans de grands projets. Et je pourrai aussi avoir un peu plus d’argent ! Mine de rien, on ne gagne pas énormément en jouant dans des films indépendants à petits budgets, alors j’espère que ça ira de pair avec le succès. En attendant, je profite.

Pour finir, peux-tu nous dire quels sont tes films préférés ?

J’adore les films. J’en regarde tout le temps. Des quantités astronomiques. Mais si je devais établir un top 10, ce serait le suivant : La Valse des Pantins, 2001 : Odyssée de l’espace, Taxi Driver, La Horde Sauvage, Blue Velvet, Les Affranchis, Le Parrain, Le Parrain 2, Meurtre d’un bookmaker chinois et Bullitt.
Je sais, ce ne sont que des films américains ! Mais j’aime aussi les films d’autres pays. En ce qui concerne la France, je suis particulièrement fan de Jean-Pierre Melville, de Jacques Demy, de Claude Chabrol et de François Truffaut.

Merci beaucoup Pat !

Merci à toi !

Version originale : 

Your filmography is very large. Many different styles, independant movies and blockbusters. Could you talk about your first experience as an actor ? 

I have been doing this my whole life and professionally for 20 years now. The goal is always just to keep working! So I have taken many different kinds of jobs in many different kinds of television shows and films. I began as a child in school plays and went to college for theatre at Illinois State University in Normal, Illinois. We studied the Stanislavsky method as well as many different forms of movement, voice and improvisational techniques. It was always important for me to be a well-rounded actor. So while much of the method relies on being ‘real,’ some people take that as strictly ‘realistic,’ which can often be boring. It’s important to be real and tell the truth with a performance. This is how we illuminate our audience about whatever it is we are trying to say about the human condition. However, the performance needs something more. Some size. The characters that draw our attention are both ‘real’ and larger-than-life. I think that’s why actors like Marlon Brando, Robert DeNiro, Meryl Streep and Daniel Day-Lewis are the best at what they do. They are both intimately realistic and grand and compelling to watch! They understand that it is not documentary but ‘performance’ as well. Theatre if you will. My first experiences are of watching people like DeNiro, Mickey Rourke, Brando, etc. and trying to figure out what they were doing by imitating them! But I really came to understand what acting was in college at ISU. It is where Steppenwolf Theatre in Chicago began(where John Malkovich, Joan Allen, Gary Sinise, Gary Cole and many others got their start). There is a door that opens up in your brain when you begin to understand both discovering the truth and unlocking the magic within yourself that gives birth to a character and a performance. I remember playing ‘Murph’ in Israel Horowitz’ play THE INDIAN WANTS THE BRONX and feeling both this energy and immediacy and reality both with my fellow actors but also an electricity between myself and the audience. You feel their eyes on you. You want to stay true to your thoughts and feelings but you want to keep their eyes on you. And so you craft something both ‘real’ and compelling. It’s a constant balancing act and I’m still not sure I’ve got it right. Doing that play was the first time I really felt that power and doing CHEAP THRILLS is really the first time I’ve been able to fully utilize all of those skills in a film. I’m definitely still learning. But if you’re getting it right, it’s the greatest feeling in the world.

You talk about the Stanislavsky Method as the base of your technic. How do you apply this method to a role like your role in Compliance, where you’ve got only your voice for exist in the movie and to impose the pression and the fear that your character create for the Drama Walker character ? 

I’m not sure specifically how the method applies in this instance. I will say that I approached this role as I would any other role. In fact unlike most movies with phone call scenes in them, these scenes were recorded live. What that meant is that the actors were actually performing opposite one another. In most cases since voices over the phone are difficult to record live, the phone conversations are covered separately and edited together later to seem as if the two people are talking to each other.

In this case, because we were able to actually act with each other, the results were not dissimilar to how any other scene would play out in any other film. The only difference is we are not seeing each other’s faces. We only have each other’s voices to react to. I can only speak for myself, but for me this resulted in what many people describe when they are deprived of one or more of their senses. My hearing became more attuned. I listened not only for the words but for the nuance and feeling of the other actor. Even though the scene was scripted, sometimes we would change the intension of the written word. An example might be that the actor on the other end of the line plays one take frightened and another take of the same scene humorously. That would then dictate how I would react. I might get angry if I felt I was not being taken seriously and come down on them harder. If I felt I had them under my thumb, I might use a soft touch. Similarly, if I am to drive the scene and it is my intention to manipulate them into doing my bidding, I might adopt a harsher tone or a more friendly demeanor depending on what feels like might be more effective on that particular person in that given moment. The director, Craig Zobel, and I would discuss privately the different ways of trying it and the end result is probably a combination of all our different efforts.

I guess in my version of the method, I play the ‘action’ of the scene and not the emotion. It is difficult, if not impossible, to conjure an emotion out of thin air. However, I find that if I have a strong action word to play in the scene(for example ‘To Shame the other person’), then the emotion will arise organically. In real life we do not choose to express emotion. We choose a course of action and our emotions emerge from that. Sometimes our emotions take over and lead us to act irrationally but I don’t think this is ever a conscious choice. Therefore it’s important to me to not ‘manufacture’ a feeling, for it would come off as false to me and I think the audience would feel the same way.

A by-product of ‘The Method,’ or whatever we want to call this particular process is hopefully an authenticity to the scene. I’m always trying to get at the truth of something, even if I’m not sure what that truth might be. Sometimes it’s a mystery and I surprise myself. But I like to dig in and play the scene as written and see what happens when two people, sometimes with opposing intentions(as is very much the case with COMPLIANCE) clash in a scene. Something new and interesting and surprising is born. It’s probably the most exciting thing about acting when that happens.

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Pat Healy et Ethan Embry dans Cheap Thrills.

The Innkeepers is totally opposed. The fear is here but it’s a different kind of. In this movie your character, a sort of nerd who is in love, is more weak. Can you talk about this movie and most generaly about your collaboration with Ti West ?

I was very keen to work with Ti West because I had seen THE HOUSE OF THE DEVIL and thought it was just fantastic. We were acquaintances on the film festival circuit and through the independent film scene here in the states and I had seen his earlier films. But THOTD was shockingly good. A really brilliantly directed piece of horror and suspense. I think he does things like remind me of Polanski and Hitchcock in that film as well as recalling the slasher films of the 1980’s. But on top of all that, it was also completely original and new. As a cineaste, I felt really excited by the way he was taking things that had already existed before and blending them into something new and unique.

It was quite a surprise to get a call from our mutual friend, the actress Amy Seimetz, saying that Ti had wanted me to be in his next film. I was ready to say yes before I even read the script for THE INNKEEPERS! Luckily, the script is quite good. Looking at it strictly from the cinematic point of view, I could see that he was going back even further in time in some ways, to more atmospheric and gothic haunted house movies like THE HAUNTING(1963), THE INNOCENTS(1961) and even as far back as THE UNINVITED(1944). But I also liked the lightness to it, the repartee between the two characters. It was essentially this modern story of a male/female friendship(something Ti’s friend Joe Swanberg would mine to even greater effect a few years later with DRINKING BUDDIES) against the backdrop of this creaky old haunted hotel with its ghosts and psychics and paranormal activity. Technically, it has an old-school style, shot in 35MM and Cinemascope with rich, deep foreboding colors that set the tone for the ‘haunted house movie.’ That was all there and explained to me very well by Ti and his great team of technical collaborators. I knew that I could let all of that speak for itself and just do my job of creating a real and believable character that would juxtapose well with this gothic nightmare setting.

I had a great rapport with Sara Paxton so ‘playing’ the friendship was easy. We genuinely got along very well and make each other laugh and could spend hours and hours hanging out together just goofing off, like Claire and Luke do in the movie. As far as my own performance, I approached it not from a point of view of a ‘horror’ or ‘comic’ performance. I wanted to remain true to the character’s journey. I knew that if I played the scenes honestly, that they would be funny or scary or whatever they needed to be on their own. Sometimes we are insecure as actors or maybe the script is not that good or the director is not helping us enough. That is when we push and try to create something that is not inherently there. The storyline for Luke was laid out very clear to me in Ti’s script. The relationship with Sara was effortless. And Ti is a terrific director with a command of all the necessary elements. You know this just by watching his films. So I saw that from my point of view, this is a story about a man who has romantic feelings for a woman that he has difficulty expressing. He does all kinds of things(including ghost hunting which he clearly has no real interest in or stomach for) just to try and impress her. When he finally gets the courage to tell her how she feels, she doesn’t even reject him. She behaves as if it was never said. This is the furthest thing from her mind. In a way, that is more crushing to him: To feel that she wouldn’t even consider this possibility. Losing his drive to win her over, he is overwhelmed by his own fear of the unknown. He flees, leaving her alone. He changes his mind and comes back but it’s too late. She’s killed.

It’s a tragic, unrequited love story the way I see it! That doesn’t mean that this is what the film is. I approach it that way because that’s how I feel the character sees things. It is then utilized by Ti in both the shooting and editing of the film to make THE INNKEEPERS a tonally rich and diverse film. It has laughs, scares and genuine human relationships that legitimately touching.

A good example of how my intensions play out in the film is the scene in which we both get drunk late at night and I haplessly try to tell her that I love her. I played that scene as completely vulnerable and honest. When she does not accept my romantic proposal, I felt genuinely heartbroken inside. However when you watch the film, the scene plays as very funny. This is as it should be. The honesty of the situation and the emotion translates to the audience as real. They recognize themselves or perhaps someone they know well in that scene. It’s funny because it is all too common and true. I believe that if I had played that scene for laughs, it would be intolerable. It would seem hokey and false. It’s the honesty of the writing, the great and complex relationship between Sara and I that resonates with people. We all would like to be the hero and get the girl with our words and charm. Or, at least, come back and save her life. But we also know the reality of that is more common in movies than in life. I trust the writing if I think it is written well. Whatever I am not conscious of playing the audience will fill in the blanks on because they recognize this situation as human and real.

I also don’t try to play for laughs or be ‘results-oriented’ because if I play something the honest way I think I should, then the results may be completely different from what I had intended. I didn’t know people would laugh so much at that scene. But I’m glad they did! I think it’s a wonderful scene. Certainly one of the scenes of which I am most proud of in my career. I am emotionally naked and people connect to that. And they do not laugh out of derision but identification. We’ve all been there. It is an undeniably human experience. I don’t sit and pontificate and proclaim before doing a scene ‘THIS WILL BE A UNIQUELY HUMAN EXPERIENCE THAT PEOPLE WILL RELATE TO!’ I just do my work and I trust that I am good enough by now with the right material to excel in that work. Later on, I look at the film and see what works and what doesn’t. Then I can make these kinds of pronouncements to people like you who are nice enough to ask.

Like life, it is only in the retrospective, the looking back, that we see patterns emerge and recognize our strengths and weaknesses. I think too much of an intellectual approach to the material can lead an actor to ‘indicate’ what the character is feeling in an effort to distance themselves emotionally from what can often be very painful to show to millions of people. These actors are commenting on the character saying ‘Look how weak and silly he is!’ It’s a way of protecting themselves but it does not serve the work. It doesn’t matter how light or silly or frivolous we might think a ‘horror-comedy’ might be. We are all human beings having a shared experience. I happen to be lucky enough to be a cinephile and recognize that even though he is working in a genre that is often not taken very seriously, Ti West is a great artist. I just wanted to bring to the table everything I had because I know he puts his heart and soul into everything he does.

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Kene Holliday et Pat Healy dans Great World of Sound.

After the Ti West’s movie, you work again with Sara Paxton in Cheap Thrills. The movie is already cult before it’s came out. Even in France. How could you describe the movie for the future audience ?

It’s a difficult movie to categorize. Although its considered a ‘genre’ film, it crosses many genres: it is a crime film, a thriller, a black comedy, a satire and even has horror elements. I think the best films are often difficult to categorize. It’s usually because they are unique and different and new. Those are the best kinds. If anything, since it is the directorial debut of a really talented young director named E.L. Katz, I would liken it to the crime-film debuts of Joel and Ethan Coen with BLOOD SIMPLE, Quentin Tarantino with RESERVOIR DOGS and even Martin Scorsese with MEAN STREETS. It’s an often disturbing look at the underbelly of the American dream that also manages to be incredibly funny and fun during its entire running time.

Sara and I couldn’t be more delighted to be working together again. We have a lot of fun on set and make each other laugh quite a bit. Both the subject matter and tight schedule of CHEAP THRILLS were intense so I was happy to have her there to lighten the mood. If it were up to me, I’d have her in everything I ever did from now on!

You surf between indie movies, like Cheap Thrills and blockbusters like Captain America The Winter Soldier. You worked for many Tv series too. Is the work and your approach of it is different or not ? 

Well doing things like CAPTAIN AMERICA is just a few days of my life. Same with guest starring on television series. I’m not as invested in the project as I would be on a CHEAP THRILLS or a COMPLIANCE or THE INNKEEPERS. Something like CAPTAIN AMERICA is not really work at all. I’m basically a glorified extra. But it was an opportunity to work with my friends The Russo brothers, who directed it, and to work opposite Robert Redford who is an icon and an idol of mine. Also, I love these big movies when there good. And Cap 2 definitely kicks ass! I grew up reading comic books so it’s a lot of fun.

Having said that, I’d like to give the same amount of attention to my work as an actor no matter what I do. It’s not always possible. You just don’t have the time to prep for something like that whereas when I get a lead role in something I am usually afforded a good amount of time to analyze the script, get in shape, etc.

An acting teacher of mine once said to me ‘Know how deep the pool is before you dive in.’ Something like CAPTAIN AMERICA, I’m not going to dive deep and figure out the characters backstory, etc. It’s just fun. I don’t have to put myself through the gut-wrenching machinations required of me in CHEAP THRILLS.

How do you see the future ? Can you tell us about your projects ? 

It’s always uncertain and I am hesitant to speculate. But GREAT WORLD OF SOUND opened the door to THE INNKEEPERS, COMPLIANCE and CHEAP THRILLS. And these films, CHEAP THRILLS in particular, have opened up new doors for me. Particularly in the way I am viewed as being an actor who can carry a movie. Whether or not I am ‘financeable’ is unclear. It all depends on how these films eventually do after their long run in theaters, VOD, cable, Netflix, etc. But people are definitely open to me playing larger roles in good projects. And I think doing good work in good projects has what has both given my career a much-needed shot in the arm and helped me become a better actor. So I think the future looks bright, even though I’m not exactly sure what it looks like right now. I’ve gotten more attention and had more nice things said about me because of CHEAP THRILLS than in my entire career. I’m crossing my fingers that this translates into more good parts in great projects. I could also use a bit more money! You don’t exactly get wealthy making low-budget indie movies. So let’s hope that follows the success I am currently enjoying.

Finally, what are you favorite movies of all times ? 

I love movies. I always have. Many many movies. But I if I had to pick a top ten they would be the following: THE KING OF COMEDY, 2001: A SPACE ODYSSEY, TAXI DRIVER, THE WILD BUNCH, BLUE VELVET, GOODFELLAS, THE GODFATHER, THE GODFATHER PART II, THE KILLING OF A CHINESE BOOKIE and BULLITT.

I know, these are all American films! But I love films from all over the world. From France, I am particularly fond of Jean-Pierre Melville, Jacques Demy, Claude Chabrol and Francois Truffaut.

Pat-Healy-Rescue-Dawn

Thank you very much Pat !

Thank you!

@ Propos recueillis par Gilles Rolland

Par Gilles Rolland le 12 avril 2014

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