[Critique série] THE BOYS – Saison 2

SÉRIES | 11 octobre 2020 | Aucun commentaire
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Titre original : The Boys

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Créateur : Eric Kripke

Réalisateurs : Phil Sgriccia, Liz Friedlander, Steve Boyum, Fred Toye, Batan Silva, Sarah Boyd, Stefan Schwartz, Alex Graves.

Distribution : Karl Urban, Jack Quaid, Erin Moriarty, Antony Starr, Dominique McAlligott, Jessie T. Usher, Laz Alonso, Chace Crawford, Tomer Capon, Karen Fukuhara, Nathan Mitchell, Alisabeth Shue, Aya Cash…

Genre : Science-Fiction/Action/Drame/Adaptation

Diffusion en France : Amazon Prime

Nombre d’épisodes : 8

Le Pitch :

Rien ne va plus pour les Boys. Alors que Billy Butcher reste introuvable, ses compagnons d’armes sont tous activement recherchés, considérés par les autorités comme de dangereux terroristes. Pendant ce temps, du côté de chez Vaughn, l’entreprise qui gère les super-héros, les Sept accueillent un nouveau membre, à savoir Stormfront, une jeune femme très puissante mais aussi relativement incontrôlable…

La Critique de la saison 2 de The Boys :

Le showrunner Eric Kripke, devant le succès de la saison 1 de The Boys, sa série adaptée des comics de Garth Ennis et Darick Robertson, a bien compris qu’il avait tout intérêt à ne pas relâcher la pression et à fournir, au plus vite, une saison 2 encore plus tonitruante. Voici donc les Boys de retour, un peu moins d’un an après la conclusion de la première salve d’épisodes. Qu’en est-il ? La série est-elle parvenue à maintenir le niveau ? À se surpasser ?

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Boys, Boys, Boys (air connu)

Très rapidement, The Boys s’est montrée plus constante et plus valeureuse que Preacher, soit l’autre série adaptée de Garth Ennis et produite par la duo Seth Rogen/Evan Goldberg. Pourquoi ? Car d’emblée, The Boys a démontré sa capacité à faire preuve de plus de mesure et de nuances alors que Preacher, mais c’est aussi une question de point de vue probablement, s’est trop reposée sur une impertinence un peu gonflante, partant dans tous les sens sans parvenir à trouver son équilibre. L’équilibre, dans The Boys, est peut-être fragile – le show menaçant d’en faire des caisses régulièrement- mais il est là. Ainsi, alors que la saison 1, malgré de menus défauts d’écriture, était parvenue à aller du point A au point B, en faisant preuve d’une belle constance, la saison 2 prouve assez vite qu’elle ne compte pas totalement jouer sur la sécurité et prend donc quelques risques appréciables, embrassant toujours les courbes du comics dont elle est l’illustration tapageuse.

Superbad

Il semblerait ainsi que le show se soit un peu recentré. Car si les fulgurances gores sont encore de la partie, assorties à un second degré réaffirmé, le récit prend une tournure plus sombre, plus adulte. Ce qui n’a pas vraiment surpris les amateurs de la bande-dessinée. L’arrivée du personnage de Stormfront, dans un premier temps jubilatoire dans sa façon de dynamiter un ordre bien établi, donne aux scénaristes l’occasion de traiter de thématiques permettant au show de mettre en avant un discours plus politique. Est-ce un hasard, à quelques semaines des élections américaines, qu’une série comme celle-là, plutôt punk dans ses intentions et son traitement, mette en avant des nazis au sourire ultra-brite, passés maîtres dans l’art de manipuler les foules pour servir leurs intérêts ? Homelander étant à lui seul une belle preuve du désir de The Boys de télescoper sa réalité avec la notre, dans un élan galvanisant qui certes ne plaira pas à tout le monde mais qui au moins, prouve qu’on est pas ici juste en face d’un divertissement explosif mais bas du front. Et c’est alors que la série traite de l’eugénisme, et d’autres thématiques actuelles et plus dramatiques, relatives à la famille notamment.

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Moule-burne et cape dorée

Presque paradoxalement, alors que l’intrigue s’assombrit, poussant les personnages, bons ou méchants, dans leurs derniers retranchements, la série se permet quand elle de revenir vers des choses plus légères et outrancières. Comme cette ultime séquence, à la fin du dernier épisode, ou encore l’explosion de cette baleine (pas de spoiler, vous verrez par vous-même). Oui c’est marrant mais au fond, ces scènes diluent finalement un peu la tension dramatique.

Quoi qu’il en soit, pour toutes ces raisons, la saison 2 de The Boys s’avère à bien des égards plus intense et plus profonde que la précédente. Dans la continuité, elle creuse plus profondément et, sans se renier, avance. Non sans faire du sur-place de temps en temps, pas toujours de manière très convaincante, mais jamais très longtemps heureusement.

On retiendra aussi la mise en images, souvent superbe et les acteurs, toujours aussi en place. Certains profitant d’une écriture plus ciselée de leur personnage et d’autres continuant leur course, avec toujours cette même intensité salvatrice. D’autres malheureusement, restent un peu au bord de la route, à l’image de Maeve ou de D-Train. Comme s’il était manifestement trop compliqué de véritablement inclure tous les protagonistes au cœur d’une seule et même intrigue où tous auraient un vrai rôle à jouer. Mais au fond, ce n’est qu’un détail. Détail qui en aucun cas, ne gâche le plaisir que procurent ces 8 nouveaux épisodes.

En Bref…

Les Boys ont mûri et ça leur va plutôt bien. Plus sombre, plus dramatique et concernée, cette saison 2 prend certains risques, fait aussi un peu de sur-place et se montre parfois un peu brouillonne dans son déroulé mais touche néanmoins au vif. On monte d’un cran, en espérant que la suite, forcément très attendue, aille dans le même sens…

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Amazon Prime Video
Par Gilles Rolland le 11 octobre 2020

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