[Critique] JENNIFER’S BODY

STARVIDEOCLUB | 17 mars 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Jennifer’s Body

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Karyn Kusama
Distribution : Megan Fox, Amanda Seyfried, Johnny Simmons, Adam Brody, J.K. Simmons, Amy Sedaris, Chris Pratt, Kyle Gallner…
Genre : Horreur/Comédie
Date de sortie : 21 octobre 2009

Le Pitch :
Jennifer est belle, populaire et frivole. Sa meilleure amie, Needy est par contre plutôt discrète et prudente. Un trait de caractère qui l’empêche de monter dans la camionnette d’un groupe de rock, après l’un de ses concerts, alors que Jennifer elle, n’hésite pas.
Peu de temps après, lorsqu’elle retrouve Jennifer, Needy a du mal à la reconnaître. Couverte de sang et affamée, elle gerbe illico sur le carrelage de la cuisine et se barre brutalement dans la nuit. Le lendemain, au bahut, Jennifer a retrouvé son état normal. Mais les apparences sont trompeuses et Needy ne va pas tarder à s’en apercevoir…

La Critique :
Pour les deux principales instigatrices du film, à savoir la réalisatrice Karyn Kusuma et la scénariste Diablo Cody, Jennifer’s Body fait office de récréation. D’un côté, nous avons la réalisatrice burnée qui a mis k.o son monde avec le punchy Girlfight, et de l’autre l’ex-stripteaseuse arrivée au cinéma par le biais de l’écriture, avec le formidable script de Juno. Deux films engagés pour deux personnalités qui le sont tout autant et qui, d’une façon ou d’une autre, illustrent, via leur œuvre, leurs idées et leurs convictions. Avec Jennifer’s Body et son histoire de succube démoniaque mangeuse d’hommes (au sens propre), Karyn Kusuma et Diablo Cody ne baissent pas la garde. Le truc, c’est qu’ici, la légèreté est clairement au programme, ainsi que le mélange des genres. L’horreur côtoie la comédie et personne ne semble se prendre au sérieux, quitte à donner au long-métrage des airs de navet assumé.

Sur le papier, Jennifer’s Body avait tout de la petite bombe à faire frissonner de plaisir, autant les amateurs de belles courbes que ceux de films d’horreur décomplexés. À l’arrivée, il faut bien reconnaître que le film déçoit. Sur les deux plans, sans pour autant se priver de surprendre par un humour référentiel, pas forcement hilarant, mais pour autant appréciable. En lieu et place du trip d’épouvante sexy qui nous était promis, voici un teen movie plutôt sage, léger, un peu con-con, mais pour le moins efficace dans sa faculté d’assumer tous ses choix avec une gouaille fédératrice.
Une déception relative tant il était prévisible qu’un film estampillé « public large » comme celui-là n’allait pas plus plus offrir une boucherie à ciel ouvert décomplexée, qu’un spectacle érotique digne d’un peep show de haut standing, avec Megan Fox en tête d’affiche.

Pour autant, Megan Fox demeure l’une des bonnes raisons de se montrer indulgent avec Jennifer’s Body. L’autre principale bonne raison étant Amanda Seyfried. Et là, on parle aux mecs bien sûr, ce qui fait probablement du long-métrage un trip destiné aux personnes dotées d’un appareil génital mâle. Non pas que les filles ne pourront pas trouver une ou deux bonnes raisons également de s’en payer une bonne tranche, notamment dans la petite, mais parfois croustillante réflexion au vitriol sur la vie étudiante, égayée d’une métaphore un poil facile mais plutôt bien sentie sur le passage à l’age d’adulte chez la femme américaine moyenne. Une transition importante de la vie, passée à la moulinette du film de genre, certainement moins hardcore que dans des oeuvres comme Teeth par exemple (une nana se découvre des dents carnassières dans le vagin… ), mais dans son genre, plutôt amusante.

De son côté, Megan Fox fait plein de trucs dans Jennifer’s Body. Elle se ballade dans des tenues superbement sexy, impose un physique ravageur de bombe sexuelle prête à exploser, se brûle la langue, se tape des longueurs à poil dans un lac, mange des types à même les tripes, vole (au sens propre), et dévoile une rangée de dents acérées comme une scie circulaire. Moins présente que prévue, car c’est Amanda Seyfried qui incarne le rôle principal, Megan assure. Y-compris en terme de jeu, où la brune incendiaire n’est pas aussi mauvaise que beaucoup semblent le penser.
Amanda Seyfried à côté, travaille dur pour essayer de nous faire croire qu’elle est moche, et incarne le changement en question évoqué plus haut. Au départ petite fille sage, étouffée par le charisme ultra sexué de sa meilleure amie, elle devient une combattante contre les forces du mal. Un ersatz à lunettes et pull rayé de Buffy, aux lèvres pulpeuses et aux yeux verts. Elle s’amuse, tout comme Megan, ou encore ce bon vieux J.K. Simmons, que l’on retrouve dans les frusques d’un prof.

Étrangement, tout le monde semble avoir conscience de participer à un film plus ou moins anecdotique et inoffensif. Un film qui aurait pu tourner autrement entre d’autres mains… Peut-être… Histoire d’explorer la dimension provocatrice de son titre ou de jouer un peu plus sur le côté gore. Mais au final, si le corps de Jennifer reste sage, il dégage néanmoins un petit parfum de divertissement estampillé 80’s, auquel il est facile de pardonner pas mal de travers.

@ Gilles Rolland

megan-fox-jennifers-body-cheerleader-photoshoot-mq-01Crédits photos : 20th Century Fox France

Par Gilles Rolland le 17 mars 2013

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