[Critique] LEMMY

STARVIDEOCLUB | 22 avril 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Lemmy

Rating: ★★★★★
Origine : États-Unis
Réalisation : Greg Olliver, Wes Orshoski
Distribution : Lemmy Kilmister, Mikkey Dee, Phil Campbell, Dave Grohl, Slash, Alice Cooper, Phil Taylor, Eddie Clarke, James Hetfield, Kirk Hammet, Lars Ulrich, Dee Snyder…
Genre : Rockumentaire
Date de sortie : 26 novembre 2010

Le Pitch :
Rencontre avec Lemmy Kilmister, leader du groupe Motörhead. Chez lui, à Los Angeles, dans son bar fétiche ou sur scène, Lemmy se raconte, appuyé par de nombreux intervenants plus ou moins célèbres. Des débuts, aux côtés d’Hendrix à Motörhead donc, en passant par les années psychées avec Hawkwind, évocation d’une légende insubmersible…

La Critique :
Le film débute sur un jeu-vidéo. Déconcertant quand on est venu voir sur grand écran la vie de la plus charismatique des rock stars. Lemmy Kilmister est assis dans un canapé lui-même installé dans un salon encombré de toutes sortes d’objets. L’homme imposant est concentré sur l’écran de son téléviseur, loin de l’image véhiculée par la musique de son groupe. Ensuite, nous voyons Lemmy se préparer des frites, bien grasses dans une cuisine un peu crade, elle aussi remplie de babioles rock. Le ton est donné. Ici, pas de strass ni de paillettes. On est loin de l’idée de la star pétant dans la soie. Lemmy est un vrai, un pur. La suite est au diapason. Lemmy se rend dans un magasin de disques et s’offre le coffret de l’intégrale des Beatles, en mono s’il vous plait. « Le plus grand groupe de rock du monde », c’est lui qui le dit. Son influence principale même. « Tout le monde croyait que les Stones étaient de vrais durs et que les Beatles étaient des tapettes. C’est tout l’inverse ». N’en déplaise aux bourrins, Lemmy adore les Beatles, plus que tout. Lemmy considère aussi Elvis, Jerry Lee Lewis et Little Richards comme les trois créateurs du rock, remettant à ce dernier le titre de plus grand chanteur rock de l’histoire. Et oui, car Motörhead, c’est avant tout du rock and roll. L’homme est érudit et distribue sans avarice des anecdotes croustillantes glanées au cours d’une vie passée sur la route d’un style qu’il aime et qu’il a contribué à rendre légendaire. Lemmy est né dans le terreau du rock and roll. Ancien roadie d’Hendrix, Lemmy a vu les Beatles à leurs débuts, à la Cavern à Liverpool et selon lui, c’était magique. Personne n’en doute. À ce moment du film, la jubilation est à son comble. Pas de doute, c’est dores et déjà un chef-d’œuvre !
Le rockumentaire se poursuit dans la même tonalité. Les intervenants sont nombreux : Slash des Guns n’ Roses, Dee Snyder des Twisted Sisters, Metallica, Ozzy Osbourne, Alice Cooper, Henry Rollins ou Dave Grohl ne tarissent pas d’éloges sur celui qui est unanimement considéré comme l’un des piliers les plus importants du milieu. Lemmy Kilmister passe ainsi donc en revue les étapes importantes de sa vie. La drogue, les excès, le secret de sa longévité (« Mon secret de survie ? Ne pas mourir »), la musique, les femmes ou encore sa passion pour tout ce qui touche aux grandes guerres, pour autant de chapitres d’un livre passionnant.
Le travail est celui de deux mordus, qui se sont hasardés à suivre Lemmy au jour le jour. Les bougres n’ont pas dû être déçus tant le spectacle est permanent. Il y a de l’acteur dans cet homme sans pour autant que ce dernier ne s’amuse à feindre quelques émotions que ce soit. Pour preuve, il présente, pour la première fois au public, son unique fils, lui-même musicien, dont la mère fut en son temps la maîtresse de John Lennon. Une grand famille qu’on vous dit !
À l’instar du formidable Anvil !, sorti au début de la même année, Lemmy le film, propose un spectacle vérité loin des stratégies mercantiles de la télé-réalité et surprend par un taux élevé d’humour et d’émotion. Le tour de force du rockumentaire étant tout de même de réussir à captiver autant les néophytes que les passionnés.

Et il y a bien sûr la musique. Jalonné de tubes dont ceux du trio bruyant de Birmingham, Lemmy le film est un formidable voyage dans la vie d’une icône. Une icône vivante loin d’avoir dit son dernier mot. Bien évidemment indispensable, ce formidable portrait redonne envie de se plonger dans la discographie passionnante du bonhomme (qui outre les albums de Motörhead compte des perles rockabilly, country et psyché-rock), tandis que lorsque vient le générique de fin, un constat s’impose : le rock and roll, il n’y a que ça de vrai ! Ceux qui sont déjà dedans ne pourront qu’abonder dans ce sens.

Nota Bene : les bonus du double DVD sont fantastiques…

@ Gilles Rolland

Lemmy-the-movie

Par Gilles Rolland le 22 avril 2013

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