[Critique] TERMINATOR 3 : LE SOULÈVEMENT DES MACHINES

STARVIDEOCLUB | 7 juin 2015 | 1 commentaire
Terminator-3-poster

Titre original : Terminator 3 : Rise of the Machines

Rating: ★★★½☆
Origines : États-Unis/Japon/Angleterre/Allemagne
Réalisateur : Jonathan Mostow
Distribution : Arnold Schwarzenegger, Kristanna Loken, Nick Stahl, Claire Danes, David Andrews, Earl Boen…
Genre : Science-Fiction/Fantastique/Action/Suite/Saga
Date de sortie : 6 août 2003

Le Pitch :
10 ans après les événements survenus à Los Angeles, qui ont vu le T-1000 tenter de tuer John Connor, le futur chef de la résistance dans la guerre contre les machines, ce dernier vit au jour le jour. Sans identité, sans travail, il erre dans l’espoir de se faire oublier par le tout puissant Skynet. Néanmoins, un T-X, une androïde nouvelle génération quasi-invulnérable envoyée du futur, arrive à retrouver sa trace. Heureusement, John Connor pourra compter sur un nouveau Terminator, reprogrammé pour le protéger face à cette nouvelle menace et peut-être empêcher le soulèvement des machines…

La Critique :
Arnold Schwarzenegger et Stan Winston, le légendaire spécialiste des effets-spéciaux, sont pour ainsi dire les deux principaux rescapés de la saga Terminator, quand un troisième volet est mis en chantier, au début des années 2000. James Cameron n’a pas souhaité rempiler, mais Hollywood, tel le Skynet du futur apocalyptique qu’il a imaginé dans les années 80, ne lâche jamais l’affaire quand celle-ci s’avère suffisamment lucrative. Arnold, dont la carrière cinématographique s’enlise et qui pense déjà à donner du corps à ses ambitions politiques, est partant, et au fond, vu que c’est lui le Terminator, c’est le principal. Adieu également Edward Furlong, trop paumé dans les méandres d’une vie dissolue peu compatible avec les canons « familiaux » désirés, et bye bye Linda Hamilton. Pour les producteurs, on peut faire sans, surtout si Earl Boen, le fameux psychiatre des deux premiers volets, vient faire un petit coucou pour faire vibrer encore un peu plus la corde sensible des fans nostalgiques et si à l’écran, le show atteint des proportions XXL. À l’époque, on dit Arnold trop vieux pour continuer à jouer les machines indestructibles. Bien sûr, personne ne s’imaginait que plus de 10 ans plus tard, le bougre reprendrait du service, dans la peau d’un Terminator vieillissant, nous apprenant du même coup que les robots peuvent avoir des rides et des cheveux blancs. Beaucoup montrent donc du doigt l’opportunisme du projet et le manque d’expérience de Jonathan Mostow, le réalisateur désigné pour prendre le relais de Cameron, alors principalement connu pour avoir emballé un thriller super efficace (Breakdown) et un film de sous-marin (U-571). Toucher à Terminator, ce mythe inoxydable, est très mal vu et personne n’envisage sérieusement que ce troisième opus puisse arriver au niveau de Terminator 2, considéré à très juste titre comme le meilleur du lot. À l’arrivée, si ce Soulèvement des Machines marque bel et bien un déclin, il serait profondément injuste de ne pas y reconnaître de véritables qualités, ainsi qu’une certaine flamboyance dans son mode d’exécution.

Terminator-3-Loken-Schwarzenegger

Pour autant, il convient de souligner le côté un peu feignant de Terminator 3, qui s’apparente plus ou moins à un remake du deuxième, si ce n’est qu’ici, la perspective du jugement dernier est de plus en plus palpable. L’urgence de la situation est au cœur de la dynamique d’un film dans lequel deux forces s’opposent dans la grande tradition de la saga, avec toujours ce déséquilibre indispensable. Tandis que la nouvelle menace, incarnée par la sculpturale Kristanna Loken, soit le fameux T-X, est plus perfectionnée et dangereuse que jamais, Arnold Schwarzenegger endosse cette fois-ci la carcasse d’une déclinaison à peine plus plus évoluée du T-800 (le T-101). Allant jusqu’à copier certaines scènes de Terminator 2, pour parfois les détourner assez maladroitement (cf. la scène du bar à strip-tease dans laquelle Arnold trouve ses fringues au début de l’histoire), le long-métrage ne force pas trop pour trouver une quelconque originalité. À vrai dire, même si au fond, Terminator 3 nous propose d’assister au véritable affrontement final avant la destruction de l’humanité désirée par les machines de Skynet, et se trouve donc motivé par l’urgence notifiée plus haut, rien ne justifie vraiment la démarche. Un sacré handicap pour le projet qui arrive néanmoins à aller jusqu’au bout, en gardant la tête haute et en offrant un déferlement d’action plutôt cohérent avec les épisodes précédents.

Porté par un budget monumental de 175 millions de dollars, Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines mise à fond sur la destruction massive. Si Jonathan Mostow n’est pas James Cameron, loin s’en faut, il demeure quand même un solide artisan et sait utiliser l’argent que le studio a mis à sa disposition pour orchestrer une apocalypse urbaine à la hauteur des attentes. Les poursuites automobiles au cœur de Los Angeles valent vraiment le détour, tout explose dans un déluge de flammes, les bastons entre les deux machines sont explosives comme il se doit, et les maquillages et autres effets inhérents aux terminators de s’avérer extrêmement convainquants, encore aujourd’hui. Pur produit de son époque, respectueux de ses origines, quitte à trop s’y reposer pour tenter de proposer un minimum d’audace, le film de Mostow rattrape la majorité de ses défauts grâce à une application certaine et à une grande générosité. En cela, il reste un divertissement de haute volée, mais n’arrive pas à renouer avec le côté sombre des films de Cameron. Quand il s’essaye à l’humour, c’est quitte ou double, contrairement à T2, qui brillait justement par un dosage parfait entre la violence du propos général et des images, et la légèreté de certaines répliques. Idem concernant la relation de John Connor et du Terminator, beaucoup plus survolée que précédemment. John Connor justement est trop effacé, pris en étau entre les deux machines et le personnage de Claire Danes, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, mais qui s’avère bien trop présent. Nick Stahl tente bien de camper un Connor consistant, mais impossible pour lui de faire oublier Edward Furlong et quoi qu’il en soit, le scénario ne lui en laisse pas vraiment l’opportunité. La musique de Marco Beltrami de son côté, fait de son mieux, mais se frotte elle aussi aux légendaires partitions de Brad Fiedel.

Il serait tentant de dire que Terminator 3 s’est condamné tout seul à rester dans l’ombre de T2 dès sa mise en chantier et le désistement de James Cameron. Adressé aux fans mais aussi à ceux qui n’ont pas vécu la sortie de T2, ce troisième volet n’est pas indispensable. Il mise tous ses jetons sur le grand spectacle et en cela, fait les choses en grand. Schwarzenegger, en grande forme, fait le job, imperturbable et toujours parfait dans la peau de ce sauveur de métal, et tout se résume à une course-poursuite qui, aussi spectaculaire soit-elle, se coltine tout du long du parfum de déjà-vu. Ultra efficace c’est certain, T3 annonce le chaos jusqu’alors suggéré par Cameron, tout en confirmant qu’on ne touche pas au culte sans se brûler un minimum les doigts…

@ Gilles Rolland

Terminator-3-2003-SchwarzeneggerCrédits photos : Columbia TriStar Films

 

Par Gilles Rolland le 7 juin 2015

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Chucky
Chucky
1 année il y a

“Arnold Schwarzenegger et Stan Winston, le légendaire spécialiste des effets-spéciaux, sont pour ainsi dire les deux principaux rescapés de la saga Terminator, quand un troisième volet est mis en chantier, au début des années 2000.3 Ils sont trois rescapés, Earl Boen reprends sont rôle du Dr Silberman.