[Critique] 3 DAYS TO KILL

CRITIQUES | 19 mars 2014 | Aucun commentaire
3-days-to-kill-affiche

Titre original : 3 Days to Kill

Rating: ★½☆☆☆
Origine : France/États-Unis
Réalisateur : McG
Distribution : Kevin Costner, Hailee Steinfeld, Amber Heard, Connie Nielsen, Tomas Lemarquis, Richard Samuel, Marc Andreoni, Bruno Ricci…
Genre : Action/Thriller
Date de sortie : 19 mars 2014

Le Pitch :
Alors qu’il décide de ranger les armes et de mettre un terme à sa carrière d’agent secret, Ethan Renner apprend qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Rongé par la maladie, il se rend à Paris afin de passer le plus de temps possible avec sa femme et son adolescente de fille qu’il n’a pas vu depuis 5 ans. Rapidement, une jeune femme prend contact avec lui pour lui proposer un marché : accepter un dernier contrat en échange d’un traitement expérimental qui pourrait bien lui sauver la peau…

La Critique :
Février 2013 : L’Academie des César remet un trophée d’honneur à Kevin Costner pour l’ensemble de sa carrière. Cependant, ce n’est pas uniquement pour cette occasion que l’acteur américain est en France. En parallèle, Luc Besson lui a offert ce qui restera comme l’un de ses pires films, à savoir 3 Days to Kill. Paradoxal ? Pour sûr ! D’un côté on vous récompense pour votre filmographie et donc pour les chefs-d’œuvres qui la constellent (Danse avec les Loups, JFK, Open Range, etc…) et de l’autre vous devenez la nouvelle marionnette d’un ex-réalisateur devenu avec les années producteur cupide en quête de toute-puissance.
3 Days to Kill s’inscrit dans la logique toute neuve de Besson et de sa Cité du Cinéma, qu’il souhaite imposer comme un ensemble de studios incontournable et ainsi attirer les tournages étrangers, afin d’engranger un max de pognon le plus rapidement possible. Car il y a bien longtemps que le barbu ne fait plus de cinéma. Pas au sens artistique du terme en tout cas. Malavita, sa dernière réalisation en date, était une belle preuve et d’ailleurs, on peut tout aussi bien assimiler le film à une grosse pub pour la Cité du Cinéma. Même si ce fut un flop retentissant, Malavita permit à Besson de recevoir Robert De Niro, Tommy Lee Jones et Michelle Pfeiffer et ça c’est la classe. Peu importe dans quoi on les fait tourner. Luc n’est pas vraiment regardant concernant les scénarios. Lui ce qu’il veut, ce sont des prétextes, pas des scripts. Pour ses productions, c’est pire. Là il chapeaute tout de A à Z, monte un truc à la l’arrache, file du blé, loue ses murs, engage un réalisateur malléable et s’accoquine avec une star américaine ou deux pour faire bonne mesure.
C’est ainsi que l’on finit par accoucher d’un film comme 3 Days to Kill.

Dans le cas présent, Besson, qui est crédité comme co-scénariste, ne s’est vraiment pas foulé. Au lieu d’imaginer une nouvelle histoire, il a carrément recopié le pitch de sa série télé No Limit (avec Vincent Elbaz). Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Qui verra la supercherie ? Pas les américains en tout cas, qu’il espère toucher avec autant de force qu’avec son Taken (plus gros succès français aux USA) et pour les français et bien tant pis, ils sont habitués. On va leur mettre sous les yeux une nana canon (Amber Heard), une superstar vieillissante qui a grave la classe (Kevin Costner), quelques poursuites en bagnoles et des bastons, et ça passera comme une lettre à la poste.
Comment déboucher sur un bon résultat quand on part avec des intentions aussi louches ? Comment s’étonner qu’au final, 3 Days to Kill soit un nouvelle purge à rajouter au palmarès d’un mec qui ne cesse de s’enfoncer dans les tréfonds de la nullité, pour nous faire oublier un peu plus à chaque film qu’un jour, il réalisa des œuvres cultes inscrites au patrimoine du cinéma français ?

3 Days to Kill aurait finalement gagné à n’être qu’une resucée de Taken. Un truc court, nerveux, bien bourrin, certes con, mais jubilatoire. À la place, McG, complètement effacé derrière son producteur, emballe un truc difforme dans lequel un type essaye de renouer avec sa gosse et sa femme, tout en essayant vaguement de stopper les agissements d’un albinos.
D’emblée, 3 Days to Kill n’annonçait pas de grandes choses, mais on pouvait espérer un minimum d’action. Après tout, Taken vaut ce qu’il vaut, mais au moins, il envoie du lourd et Liam Neeson y gagne ses galons d’action man. Bien sûr, ici, Costner tabasse et flingue quelques gus, mais la plupart du temps, il parle. Il cause et fait du vélo dans les rues de Paris, entre Montmartre et la Tour Eiffel. La carte postale est parfaite, le film beaucoup moins, et on finit par s’ennuyer sévère devant ce thriller qui se rêve comme une comédie dramatique touchante.

Pourquoi Kevin Costner a-t-il accepté de jouer là-dedans ? Amber Heard a avancé son admiration pour le réalisateur de Leon, mais lui, c’est quoi son excuse ? Et Amber Heard d’ailleurs parlons-en. Les fidèles d’On Rembobine savent que le niveau d’admiration de l’auteur de ses lignes pour la belle américaine tutoie les étoiles, mais là, difficile d’y trouver un alibi. Certes toujours ravissante, Amber Heard ne sert qu’à joliment décorer une intrigue foireuse, complètement anecdotique. Mise en scène dans différent lieux un peu bizarres et dans différentes tenues sexy, la pauvre se gâche tout simplement. Même sentence pour Hailee Steinfeld, que l’on avait découvert dans True Grit et pour Connie Nielsen, transparente au possible, à l’image de Famke Janssen dans les deux Taken (bientôt 3 youpi !).

Très radin en action, 3 Days to Kill ne donne pas beaucoup d’occasions à McG pour démontrer de son savoir-faire. Une seule poursuite en bagnole dans les rues de Paris vaut à la limite le détours, ainsi qu’une ou deux bastons. Pour ce qui est du reste, le cinéaste se laisse guider par un scénario indigent, bête à bouffer du foin. Comme Costner, McG a l’air de s’en balancer comme de sa première chemise, conscient qu’il est en train de lustrer les cuivres du Titanic.
En tentant de reproduire le petit miracle de Taken, Luc Besson ne fait que rendre plus lisible sa démarche opportuniste. 3 Days to Kill n’arrive même pas à se montrer divertissant. Il enfile les clichés comme des perles, nous ressort ce même humour typique de l’auteur de Taxi et du Transporteur, et s’apparente à un produit calibré et totalement désincarné. Un truc de feignasse en somme.
En français, 3 Days to Kill signifie 3 jours à tuer. Un conseil : même si vous avez 2 heures à tuer, vous avez surement mieux à faire que de les perdre devant ça.

@ Gilles Rolland

3-Days-to-Kill-Amber-Heard-Kevin CostnerCrédits photos : EuropaCorp Distribution

Par Gilles Rolland le 19 mars 2014

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