[Critique] AMERICAN NIGHTMARE

CRITIQUES | 8 août 2013 | Aucun commentaire
Affiche-AMERICAN-NIGHTMARE

Titre original : The Purge

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : James DeMonaco
Distribution : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane, Edwin Hodge, Rhys Wakefield, Tony Oller, Arija Bareikis…
Genre : Thriller
Date de sortie : 7 août 2013

Le Pitch :
Dans un futur proche, les États-Unis ont mis en place une nuit pendant laquelle le meurtre est légal. Une solution extrême, mais efficace, qui a permis entre autres chose, une baisse significative du taux de criminalité. Pendant la nuit de la Purge, les hommes et femmes laissent parler leurs instincts les plus violents pendant 12 heures, réglant leurs comptes avec l’aval du gouvernement ou déchargeant simplement leur haine et leur rage sur le premier venu.
Alors que la Purge s’apprête à commencer, la famille de James, un expert fortuné en sécurité, se prépare. Cloitrée dans sa luxueuse maison, et protégée par le meilleur des systèmes anti-intrusion, elle va pourtant vivre une nuit de cauchemar, lorsque le cadet décide de sauver la mise à un pauvre malheureux, se mettant ainsi à dos un redoutable groupe de psychopathes sur-armés, bien décidés à fondre sur leur proie…

La Critique :
Le Home Invasion (invasion domestique en français) est un style à part entière et met en scène, pour résumer, des personnes confrontées à des agresseurs bien décidés à rentrer chez leurs potentielles futures victimes pour leur faire des trucs pas super agréables. Mètre-étalon du genre : Les Chiens de Paille de Sam Peckinpah. Depuis, des œuvres comme The Strangers avec Liv Tyler, Panic Room de David Fincher, Funny Games de Michael Haneke, et même Maman, j’ai raté l’avion (dans un registre comique) ont aussi illustré de manière convaincante le concept.
American Nightmare, alias The Purge en version originale, vient ainsi se placer dans cette même continuité et exploite non seulement la peur de voir son domicile envahi par des personnes malveillantes, mais aussi les thématiques inhérentes à un contexte social brûlant, en surlignant la montée en puissance de la violence urbaine.

Tout en ciblant le même public que les récents et lucratifs Insidious et Sinister, sans pour autant aborder un univers fantastique, American Nightmare a fait trembler le box office yankee grâce à une recette savamment pensée pour cartonner. De ce fait, il ne faut pas s’attendre à un film extrême et nihiliste comme Les Chiens de Paille, mais plutôt à un trip assez policé.
C’est d’ailleurs certainement cet aspect plutôt grand public qui a provoqué le courroux de la presse française à l’égard de ce qui demeure un divertissement somme toute honorable et efficace.

Au rayon des défauts les plus gênants, ce caractère assez policé arrive en pôle position, même si le final, hardcore (en comparaison du reste) vient favorablement nuancer l’impression globale. On pourra reprocher également au film de tabler sur quelques clichés bien fatigués. La famille vedette est assez fade, avec ses problèmes vus et revus dans moult longs-métrages, et la progression de l’intrigue est prévisible, ce qui fait que généralement, American Nightmare n’exploite qu’en surface son postulat de départ et pire, se permet de dessiner des pistes qu’il abandonne complètement par la suite. Entre d’autres mains, une telle idée aurait pu déboucher sur quelque chose d’autrement plus couillu c’est certain.
Mais en l’état, le film de James DeMonaco se laisse regarder. Ethan Hawke et Lena « Cersei Lanniter » Headey font le job, sans trop forcer non plus, ce qui donne une certaine consistance aux péripéties de leurs personnages.

Traduisant au final une certaine fainéantise, American Nightmare n’est pas un grand film d’horreur. Ce n’est pas un grand film tout court. En pilotage automatique, il ne brosse qu’en surface la virulente critique de la société américaine prévue initialement et se concentre sur le show. Un show traversé de fulgurances (la scène où Hawke se démène avec plusieurs agresseurs vaut le détour) qui saura trouver son public parmi les plus indulgents et celles et ceux qui ne nourrissaient pas non plus de trop grands espoirs. Vous l’aurez compris, il existe de meilleurs home invasion. Des monuments à visionner avant American Nightmare, histoire de voir ce que le genre offre de plus abouti. Pour les autres, ceux qui ont vu ces dits-classiques, ce petit trip trop peu tendu mais pas désagréable pour autant suffira à meubler une soirée.

@ Gilles Rolland

American-Nightmare-Ethan-HawkeCrédits photos : Universal Pictures International France

Par Gilles Rolland le 8 août 2013

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