[Critique] AMERICAN PIE 4

CRITIQUES | 20 avril 2012 | 2 commentaires

Titre original : American Reunion

Rating: ★★☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateurs : Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg
Distribution : Jason Biggs, Alyson Hannigan, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Tara Reid, Sann William Scott, Mena Suvari, Eddie Kaye Thomas, John Cho, Eugene Levy, Ali Cobrin…
Genre : Comédie
Date de sortie : 2 mai 2012

Le Pitch :
Jim, Michelle, Finch, Kevin, Stifler, Oz, Vicky et les autres ont bien grandi… ou plutôt vieilli. Jim et Michelle ont eu un enfant et ne cessent de s’éloigner, Oz est célèbre mais ne se reconnaît plus dans sa vie, Stifler est l’esclave d’un patron tyrannique, Kevin s’est enfermé dans la routine… Les amis autrefois si délurés sont devenus des adultes plus ou moins responsables. La fête des anciens élèves de leur lycée tombe à point nommé pour lâcher un peu de pression et renouer avec l’état d’esprit qui était le leur il y maintenant plus de 10 ans…

La Critique :
American Pie, American Pie 2, American Pie : Marions-les !, et American Pie 4. Ce n’est pas tout ! Entre temps, les bacs dvd se sont vu honorés par American Pie présente : String Academy, Campus en folie et les Sex Commandements. Des inédits aux titres évocateurs uniquement destinés aux fans hardcore de la saga, ô combien dispensables pour les autres. N’ayons pas peur de le dire : la saga American Pie s’est peu à peu enfoncée dans les tréfonds d’une nullité scabreuse au fil des épisodes.
Est-ce que ce quatrième volet redore le blason rouillé de la série ? À peine…

American Pie 4 joue à fond la carte de la nostalgie. Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg restent dans les clous et recyclent toutes les idées qui ont fait le succès du premier volet. Ni plus, ni moins. Réalisateurs/scénaristes rompus à l’exercice de la blague qui tache (ils ont scénarisé Harold et Kumar chassent le burger et scénarisé et réalisé la suite, Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo), Hurwitz et Schlossberg orchestrent avec respect cette réunion d’anciens élèves sans originalité et sans trop d’audace non plus. American Pie 4 se contente donc de placer devant la caméra Jim, Michelle, Stifler et les autres, qui offrent des prestations attendues. Jim sort sa chaussette, Michelle sa flute (brièvement), Stifler parle gras, la mère de Stifler est toujours nymphomane et le père de Jim n’a pas bougé (il apparaît d’ailleurs dans l’intégralité des longs-métrages de la saga ! Chapeau !). Rien de neuf sous la ceinture. Celles et ceux qui attendent de voir des nichons, des culs ou un mec chier dans une glacière seront servis. On voit même une bistouquette !

Le tout étalé sur presque deux heures pour un film qui tire sur la corde jusqu’à ce que cette dernière lâche. Les acteurs, bien que présents, semblent pour certains peu concernés. Au rayon des performances transparentes, notons celle de Tara Reid, qui est clairement là pour payer les traites de sa dernière rhinoplastie (ou autre, le choix est large), Shannon Elizabeth fait de la figuration, Mena Suvari à l’air de s’en moquer et Alyson Hannigan doit déjà regretter d’avoir accepté de remuer le passé, elle qui a depuis trouvé les faveurs du public grâce à son rôle dans How I met your Mother.

Les autres font leur boulot. Seul Chris Klein surprend par la maturité de son jeu. On est pas chez Bogart non plus, mais le comédien donne suffisamment d’épaisseur à son personnage pour le rendre crédible. Thomas Ian Nicholas aussi dans une moindre mesure lui qui, de toute façon, rame depuis le premier volet et devait être l’un des seuls à attendre que les producteurs se décident à le rappeler. Toujours anecdotique, son personnage (Kévin) fait ce que l’on attend de lui, dans l’ombre du géant Stifler. Incarné par Seann William Scott, Stifler est fidèle à lui-même… Haut en couleurs, toujours sur la brèche et en perpétuelle recherche d’un plan cul quel qu’il soit. Des vétérans bien entourés par de petits nouveaux pas piqués des vers. Mention à la jeune Ali Cobrin qui n’hésite pas à se désaper et à une Katrine Bowden (échappé de Tucker & Dale fightent le mal) ultra sexuée. Que les fans soient rassurés, les situations improbables sont légion. À tels point qu’il semblerait que l’on ait affaire à un remake et non à une suite. La démarche et le ressenti qui en découlent sont à peu près les mêmes que pour Scream 4. C’est amusant de retrouver de « vieux amis », mais ça tourne vite en rond.

Ce serait mentir que d’affirmer qu’American Pie 4 est drôle. Amusant peut-être, à deux ou trois reprises, mais véritablement drôle, certainement pas. Le truc, c’est que depuis 1999 et l’avènement de la tarte aux pommes, la comédie américaine a connu un bouleversement de taille. Son nom, Judd Apatow. Apatow a changé les codes, pour le meilleur. Avec 40 ans toujours puceau, American Trip et surtout avec Supergrave, Apatow a ringardisé American Pie. Et pas qu’un peu. Aujourd’hui, la tarte aux pommes a un sérieux goût de rance

Mais heureusement, American Pie ne place pas tous ses œufs dans le même panier. C’est quand il décrit les effets du temps sur ses adolescents attardés que le film se montre le plus convaincant. Pour certains, ces dix ans n’ont pas été spécialement cléments. La crise de la trentaine n’est pas tendre avec ses jeunes adultes qui doivent composer avec le langage d’une nouvelle garde toujours plus débridée. Certains d’entre-eux en devenant même touchants (Finch et Oz notamment). Un sous-propos plus convaincant noyé dans un océan de couilles, cul et nibards.
Pourvu que ce soit le dernier.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : American Pie 4

Par Gilles Rolland le 20 avril 2012

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Thomas
Thomas
9 années il y a

Je trouve la critique agressive et non adaptée!

Lorsque l’on va voir american pie 4, on sait ce qu’on aura et on y va justement pour ces raisons!
Ce film nous rappelle à nos souvenirs! Je ne pense pas qu’il plaira aux plus jeunes car pour eux…c’est deja de la vieille époque mais pour tous les trentenaires, ce film est un grand moment de plaisir.

On y retrouve l’humour de notre temps, les fêtes de notre temps et le tout mêlé avec ce qu’on est tous plus ou moins devenu! Bref, on se retrouve un peu dans cette ambiance et on se dit que nous aussi, on aimerai revoir nos amis de fin d’étude 😉

Moi je recommande ce film aux nostalgiques trentenaires bien plus qu’aux fans d’humour trash comme dans les opus actuels cherchant à toujours en faire plus quitte à en faire trop

hippocampestudio
Administrateur
9 années il y a
Reply to  Thomas

Je comprend tout à fait votre point de vue Thomas. Pour autant, je ne pense pas que je sois agressif. J’adapte juste ma critique au ton du film, qui est parfois vulgaire. Le coup de le nostalgie fonctionne selon moi par intermittence. Je suis moi-même trentenaire et franchement je n’ai pas été touché plus que ça par le ton du film. Comme je le dis, le concept American Pie a beaucoup vieillit et ce quatrième épisode ne fait que le souligner davantage. Surtout si on le compare aux comédies comme Supergrave ou même plus anciennement Mary à Tout prix qui n’a pas pris une ride.