[Critique] ATTACK THE BLOCK

CRITIQUES | 21 janvier 2012 | 1 commentaire

Titre original : Attack The Block

Rating: ★★★½☆
Origine : Grande-Bretagne
Réalisateur : Joe Cornish
Distribution : Jodie Whittaker, John Boyega, Alex Esmail, Nick Frost, Leeon Jones, Luke Treadaway…
Genre : Fantastique/Comédie
Date de sortie : 20 juillet 2011

Le Pitch:
Une escouade d’aliens belliqueux atterrit au cœur d’une cité londonienne. La résistance s’organise pour faire face à cette invasion du troisième type…

La Critique :
Après Harry Brown, Heartless ou encore la série Misfits, Attack The Block prend possession de la banlieue anglaise et transforme cet univers bétonné en véritable jungle. Un environnement qui a donc la côte et qui sert de cadre à un nouvel hommage au cinéma de genre, en occurrence le film d’aliens. Des aliens plutôt furax, qui ne cherchent pas à téléphoner où que ce soit, optant plutôt pour la traque hardcore de jeunes loubards.
Joe Cornish, acteur et scénariste ayant participé à l’écriture du script de Tintin, passe derrière la caméra, accompagné de son vieux pote Nick Frost, pour un joli trip comico-horrifique assaisonné de références old school.

Au final, s’il s’avère beaucoup moins drôle que prévu, Attack The Block est par contre plus immersif et plus palpitant que sa bande-annonce plutôt tournée vers un public ado, ne pouvait le laisser présager. La vraie bonne surprise provient de la mise en scène. Celle-ci exploite brillamment le côté très “John Carpenter” du script et utilise à bon escient l’environnement urbain très cloisonné de la banlieue. Les créatures venues de l’espace, par ailleurs très bien rendues, grâce à des effets spéciaux certes simplistes mais rudement efficaces, déboulent dans les couloirs, défoncent les obstacles, tranchent dans le lard, brillent dans le noir grâce à leurs sourires “ultra-brite”, pour finalement s’apparenter à une personnification d’une oppression sociale envers les habitants les plus défavorisés. Une analyse facultative (au premier degré, Attack The Block fonctionne très bien), qui renvoie aux brûlots des années 70. Une époque riche en artisans contestataires qui incluaient souvent plusieurs niveaux de lecture à leurs films.
Ainsi, les héros se demandent pourquoi les aliens ont choisi leur block pour commencer leur invasion et finissent par saisir l’importance du groupe. Encore et toujours, la cité est isolée du reste du monde, contrainte de mettre les clivages de côté pour faire front.

Un message social plutôt bien vu, qui place plus que jamais le long-métrage dans la lignée d’une création britannique concernée mais néanmoins spectaculaire et racée. Ceci-dit, Attack The Block, s’il confirme la bonne santé d’un cinéma de genre anglais allergique aux clichés, pêche par endroits et c’est dommage. Dans ses tentatives de faire de l’humour notamment, comme mentionné plus haut. La satire aussi, piétine et déçoit. Nick Frost est de plus relativement rare (mais toujours excellent) et les dialogues, souvent prévisibles.
Ainsi, l’intérêt est croissant car dépendant de l’action. En commençant en douceur, le film pose le décors, l’ambiance et tient bon la barre, malgré quelques petits ratés, multipliant les références. Des références pop très bien senties, qui confèrent au film une réelle identité, tout en l’encrant favorablement dans son époque.

Joe Cornish est un réalisateur à suivre. Définitivement ! S’il fait preuve d’une maladresse tout à fait pardonnable, peut-être due à une volonté vorace d’inclure trop d’éléments à son œuvre, le cinéaste compense et demeure profondément honnête et généreux avec son public. Une qualité trop rare pour être ignorée.

@ Gilles Rolland

 

Par Gilles Rolland le 21 janvier 2012

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