[CRITIQUE] BETTER MAN

CRITIQUES | 14 mars 2025 | Aucun commentaire
Better Man affiche

Titre original : Better Man

Rating: ★★★★☆

Origines : Australie/Chine/États-Unis/France/Royaume-Uni

Réalisateur : Michael Gracey

Distribution : Robbie Williams, Jonno Davies, Steve Pemberton, Alison Steadman, Damon Herriman, Kate Mulvany…

Genre : Biopic/Drame

Durée : 2h14

Date de sortie : 22 janvier 2025

Le Pitch :

Le jeune Robert Williams rêve de laisser son empreinte dans l’histoire de l’entertainment. Biberonné aux chansons de Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr., il admire son père qui, de son côté, est trop occupé à suivre ses propres rêves de gloire. De fil en aiguille, contre toute attente, le garçon parvient néanmoins à s’extraire de sa réalité pour devenir célèbre. Tout d’abord au sein du groupe Take That puis en solo, alors que ses démons ne cessent de le harceler…

La critique de Better Man :

Autrefois partout, Robbie Williams a passé quelques années sans véritable tube (rien de comparable à ses plus grands faits de gloire en tout cas) puis est revenu via un très bon documentaire Netflix, avant de carrément débouler au cinéma sous la forme d’un singe, dans le film Better Man.

Pourquoi un singe ? Parce que c’est vrai que le parti-pris est un peu étrange et pourrait sembler très opportuniste de prime abord. Alors qu’en fait, pas du tout. Ouf !

Williams est d’ailleurs le seul singe du film. Et personne ne lui fait remarquer qu’il est un singe. Imaginez quand même si vous découvriez à la télévision un groupe dont l’un des membres est un chimpanzé non seulement capable de chanter mais aussi de danser, avec des fringues et tout l’attirail… Mais le truc, comme nous l’explique Robbie Williams dès le début, c’est qu’il apparaît sous la forme d’un singe parce que c’est ainsi qu’il se perçoit. D’un coup tout s’explique. Lui se voit comme un singe car il n’a jamais évolué. Tel est le fardeau que celui qui a connu la célébrité et ses excès dès l’âge de 15 ans a dû se coltiner toute sa vie.

Better-Man-movie
Better Man. Tous droits réservés : Facing East Entertainment/Footloose Productions/Lost Bandits/Rocket Science/Sina Studios/Zero Gravity Management

Monkey Business

Better Man est donc un biopic. Il suit la vie de Robert Williams, devenu Robbie Williams quand il intégra le boys band Take That, avant de connaître un succès encore plus énorme en solo avec des tubes comme Angels ou Rock DJ. Et si le déroulé est plutôt classique, avec les rêves de gosse, l’ascension, la descente aux enfers et la rédemption, la mise en forme est plus originale. Mise en forme assortie d’une belle sincérité qui favorise l’émergence d’une émotion palpable. Et tant pis si le mec qui joue Liam Gallagher n’a clairement pas la carrure. Ce n’est qu’un détail.

Et le coup du singe ? Force est de reconnaître que c’est plutôt bien vu. Et si en plus on aime bien Robbie Williams, c’est banco. Même si c’est ici optionnel tant le film s’avère assez fédérateur, atypique dans la forme et puissant pour convaincre même celles et ceux qui n’ont jamais vraiment aimé l’ex-Take That.

La planète du singe

Robbie le singe avance donc dans la vie au rythme de plusieurs excès, parfois remarquablement mis en image, comme quand il se fait éjecter de Take That et fonce pied au plancher sous la pluie vers sa destinée. Aux commandes, Michael Gracey (The Greatest Showman) fait montre d’un réel savoir-faire et au final, et bien le singe fait toute la différence. D’une part car le parti-pris se justifie donc de lui-même, mais aussi car les effets spéciaux sont très réussis. Un peu comme si César de La Planète des Singes décidait d’embrasser une carrière dans la musique. Le film nous gratifie même d’une bataille aussi gore qu’inattendue à l’occasion du concert de Williams à Knebworth. L’un des nombreux délires qui ensemble, font de cette comédie musicale (sans trop de numéros de chant non plus rassurez-vous) un trip suffisamment enlevé et audacieux pour emporter la mise.

Un singe dans la brume

Perdu dans les méandres d’une vie qu’il a certes choisie mais qui a encouragé de multiples faux pas qui ont bien failli lui coûter la vie, Robbie le singe parvient à encourager l’empathie, se montrant à la fois impertinent et attachant. La faute à la mise en scène donc, au coup du singe mais aussi au scénario qui, s’il reste donc relativement conventionnel, exploite les codes du genre avec un certain brio. La dernière scène, qui voit Robbie chanter My Way, incarnant finalement toutes les intentions de ce film recommandable sur bien des points.

En Bref…

Better Man aurait pu être un biopic très classique. Et au fond, c’est ce qu’il est. Sur le fond en tout cas car concernant la forme, c’est autre chose. En résulte donc une expérience de cinéma atypique, qui voit une star à l’ego détraqué enchaîner les singeries (au sens propre) à l’écran, au cœur d’une histoire galvanisante au possible.

Et si Better Man inspirait d’autres biopics ? Imaginez un peu. Un film sur Michel Sardou où l’idole des EHPAD apparaîtrait sous la forme d’un porc ? Même si ce serait offensant pour les cochons…

@ Gilles Rolland

Better-Man-Williams
La Planète du singe. Better Man. Tous droits réservés : Facing East Entertainment/Footloose Productions/Lost Bandits/Rocket Science/Sina Studios/Zero Gravity Management
Par Gilles Rolland le 14 mars 2025

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