[Critique] BROKEN CITY

CRITIQUES | 27 juin 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Broken City

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Allen Hughes
Distribution : Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones, Jeffrey Wright, Barry Pepper, Kyle Chandler, Natalie Martinez, Alona Tal…
Genre : Thriller/Drame
Date de sortie : 26 juin 2013

Le Pitch :
Billy Taggart, un ancien flic reconverti en détective privé suite à une bavure, est embauché par le Maire de New-York, afin d’enquêter sur la supposée infidélité de la femme de ce dernier. En pleine campagne municipale, Billy va plonger dans les rouages d’une machination dont il était loin d”imaginer l’ampleur…

La Critique :
Connu pour avoir, avec son frangin, mis un bon coup de pompe dans la fourmilière en 1993, avec Menace II Society, puis plus récemment pour avoir livré le très bon trip post-apocalytique Le Livre d’Eli, Allen Hughes s’affranchit de son jumeau pour la première fois. Soutenu par un Mark Wahlberg séduit par le script de Broken City, le réalisateur a donc souhaité rendre hommage aux polars cultes des années 70, Chinatown de Polanski en tête, tout en remaniant la recette à sa sauce.
Corruption et rédemption sont au cœur d’une intrigue à tiroirs, qui prend pied dans les tréfonds d’une machination politique, avec pour centre de gravité la Mairie de New York.
Et ça part plutôt bien. Mark Walhberg, barbu, le flingue au poing, vient de dessouder en pleine rue, un type dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose. Le ton est donné et conformément à la tradition, le héros de Broken City, ne peut pas se vanter d’avoir les mains propres.
Billy Taggart est badass à souhait et sait se servir de ses poings. Pour bien nous le faire comprendre, on nous le montre en train de mener une enquête au terme de laquelle il laisse deux types sur le carreau dans un ruelle sombre. Détective privé qui tire la langue, ancien alcoolique, Billy n’est pas pour autant un salopard intégral, comme on peut s’en douter et l’histoire à venir, va se charger de nous le prouver par A+B.

Les ficelles, on les connait par cœur et toute la bonne volonté d’Allen Hughes ne suffit pas à nous passionner sur la longueur. Sans être déshonorant, son premier film en solo peine à maintenir une tension voulue croissante et il devient parfois difficile de se focaliser correctement sur les méandres d’une affaire tordue aux ramifications complexes.
Mark Wahlberg porte le film, tout en nerfs. Russell Crowe aussi, imposant et insidieux. Catherine Zeta-Jones fait ce qu’elle peut dans un rôle ultra-caricatural et malgré tout surjoué et les seconds rôles, solides (Barry Pepper, Jeffrey Wright et Kyle Chandler en tête) assurent les arrières avec un aplomb remarquable. Tout le monde y croit c’est indéniable, mais pourtant cela ne suffit pas. Tout comme la verve, beaucoup moins acerbe qu’autrefois, d’un cinéaste perdu dans son propre récit.
Écrasé par ses références, Broken City est l’exemple typique du polar urbain qui passe un peu à côté de son sujet. Et le pire dans cette histoire, c’est qu’il est difficile de pointer le responsable du doigt.
Il s’agit donc d’un problème d’ensemble. L’ambition de Hughes apparaît comme mal canalisée et le scénario enchaîne les poncifs fatigués en ne parvenant jamais vraiment à les sublimer pour proposer quelque chose de neuf, ou au moins quelque chose de vif.

Ceci dit, tout n’est pas à jeter dans Broken City. Même si on devine les tenants et les aboutissants principaux assez vite, il faut reconnaître au film sa volonté de ne pas adoucir son propos, malgré sa mise en forme maladroite. Broken City traite de corruption et tient bon ses positions. Même chose quand il aborde la rédemption difficile du personnage interprété par Wahlberg. Celui-ci a beau porter les apparats de quelques illustres héros du cinéma urbain et viril des 70’s, il le fait bien. Sombre, il donne le ton. Idem pour le Maire, cette entité puissante bénéficiant du traitement d’un Russell Crowe impeccable, lui aussi héroïque dans sa façon de saisir la moindre occasion pour relever le niveau de l’ensemble.

Redevable à ses acteurs et à l’implication -certes un peu vaine- de son réalisateur, Broken City sauve les meubles. Il intrigue en premier lieu, ennuie par la suite, titille à intervalles réguliers et s’achève heureusement sur une bonne note. Cette fin qui encourage la tolérance envers un film bancal que l’on aurait aimé beaucoup plus percutant et du coup moins anecdotique.
Morale de l’histoire : quand on se frotte aux classiques, mieux vaut en avoir sous la ceinture…

@ Gilles Rolland

broken-city-photoCrédits photos : Studio Canal

Par Gilles Rolland le 27 juin 2013

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