[Critique] CITADEL

CRITIQUES PIFFF 2012 | 22 novembre 2012 | 1 commentaire

Paris International Fantastic Film Festival 2012

Titre original : Citadel

Rating: ★★★★½
Origine : Angleterre/Irlande
Réalisateur : Ciaran Foy
Distribution : Aneurin Barnard, James Cosmo, Amy Shiels, Wunmi Mosaku, Jake Wilson…
Genre : Épouvante/Horreur/Drame
Date de sortie : Indéterminée

Le Pitch :
Tommy, jeune père de famille modeste, voit sa vie basculer le jour où sa femme enceinte se fait sauvagement agresser par une bande de mystérieuses personnes encapuchonnées. Devenu veuf, agoraphobe et paranoïaque, son enfer se prolonge lorsqu’il s’aperçoit que la sinistre bande en à toujours après lui…et son bébé…

La Critique :
Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un premier film aussi réussi et aussi complet. En fait, il n’y a pas grand chose à redire…peu de défauts qui de toute façon sont écrabouillés par les innombrables qualités de cette bombe.
Car oui, Citadel est une bombe. Un petit chef-d’œuvre à la fois viscéral et réfléchi, qui va beaucoup plus loin dans le fond, que ce que son histoire ne le laisse penser.
Ciaran foy, l’auteur et le réalisateur, s’est inspiré de sa vie personnelle pour ce premier film. Véritable décharge catharsis, Citadel puisse sa source dans l’affreuse expérience qu’a vécu l’artiste, qui s’est vu victime d’une agression.
De cette douloureuse expérience résulte un film profondément pesant, dérangeant et incroyablement immersif. Rien dans Citadel n’est tape à l’œil…mais tout fonctionne à merveille.
La musique est discrète, mais elle traine malicieusement de sourdes notes, la photographie et le choix des décors est plus vrai que nature, les acteurs restent dans une justesse saisissante et le film tout entier est accompagné par un sentiment de peur vraiment palpable. Tellement ancré dans le réel, que tu flippes après de renter chez toi en RER.

Comme le dit Rurik Sallé dans l’interview qu’il nous à accordé, « Si tu as vécu dans un endroit un peu chaud, tu comprends ce que le film veut dire ». Quand tu as connu l’expérience de te retrouver à maintes reprises entouré par des individus hostiles et que tu sais violents, tu ne peux être que stupéfait par le réalisme du film.
Car l’une des grandes forces du film est d’arriver à saisir la violence dans ce qu’elle a de plus sournois. Il y a rarement une musique angoissante en prémisse d’une agression et une volée de coups ne prend jamais cinq minutes comme dans les films, mais plus souvent une poignée de secondes. Ce premier aspect du film, à savoir réussir à capturer quelque chose de très compliqué à retranscrire sur pellicule est déjà une belle réussite. Mais cela ne s’arrête pas là.

Très souvent, dans les films où le héros se fait violenter, il finit par se venger d’une manière sanglante. Ici, (et toujours sans vous dévoiler la fin) la réflexion autour de l’auto défense et des agresseurs est bien moins frontale que dans la plupart des films de ce genre.
Les agresseurs du film, n’apparaissent pas vraiment comme des humains normaux.
Ils carburent à la peur et le facteur déclencheur de leur furie est avant tout le sentiment d’effroi qu’ils font naitre chez leurs victimes. Cependant, ceux qui sont considérés parfois comme de véritables monstres (et c’est ici qu’on voit le parallèle avec le monde réel) ne sont finalement ni si inhumains que certains les décrivent, ni si innocents que d’autres les considèrent.
On renoue donc ici avec des thématiques chères aux vrais bons films de genre, là où la lumière sur notre nature nous fait apparaitre sous un jour nébuleux et où les bons et les méchants ne sont jamais si bien définis que ça. Ciran Foy, en déversant dans ce film tout son flot de souffrance et de réflexion, a su raconter une histoire de manière simple, honnête, modeste et incroyable. Avec un réalisme étouffant, Citadel est une véritable pépite que je vous encourage mille fois à aller voir au cinéma… Sans blaguer hein ?

@ Pamalach

Par Pamalach le 22 novembre 2012

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paulus christiane
paulus christiane
8 années il y a

bon sang gilles j avais déja peur avec ton commentaire j ai eu un frisson quand il est dans l ascenseur j adore ce genre de film