[Critique] DANS LES ANGLES MORTS

CRITIQUES | 5 mai 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : Things Heard & Seen

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateurs : Shari Springer Berman, Robert Pulcini

Distribution : Amanda Seyfried, James Norton, Natalia Dyer, Rhea Seehorn, Alex Neustaedter, Karen Allen, F. Murray Abraham, Michael O’Keefe…

Genre : Drame/Épouvante/Horreur/Adaptation

Durée : 1h59

Date de sortie : 29 avril 2021 (Netflix)

Le Pitch :

Catherine et George Clare quittent Manhattan pour s’installer dans une ancienne ferme de la vallée de l’Hudson. Rapidement, Catherine remarque des choses étranges. Le soir en particulier, des phénomènes paranormaux semblent lui indiquer une présence fantomatique. George lui, focalisé par son travail de professeur d’art, n’y prête pas attention. Néanmoins, plus le temps passe et plus ces événements étranges semblent mettre en valeur la lente déliquescence de leur mariage…

La Critique de Dans les angles morts :

Connu pour avoir réalisé American Splendor, l’excellent vrai/faux biopic de l’auteur de bande-dessinée Harvey Pekar, le duo Shari Springer Berman/Robert Pulcini revient aux affaires, sur Netflix, avec un film qui prouve encore une fois sa faculté à aborder des genres diamétralement opposés (on leur doit aussi la comédie avec Scarlett Johansson Le Journal d’une baby-sitter et l’ode punk rock Ten Thousand Saints avec Ethan Hawke). Un long-métrage adapté du roman éponyme d’Elizabeth Brundage, qu’il serait de prime abord tentant de ranger dans la catégorie épouvante alors qu’en fait, les choses sont légèrement plus compliquées…

Union en décomposition

Les meilleurs films d’horreur, ou en tout cas les plus flippants, sont souvent ceux qui ne se contentent pas de raconter une histoire flippante. Non car quand quelque chose se cache derrière les frissons, les scènes éprouvantes et tous les mécanismes censés nous mettre mal à l’aise, l’effet est décuplé. Un peu comme avec Rosemary’s Baby, La Nuit des Morts-vivants ou encore Zombie. Dans les angles morts ne nous narre donc pas uniquement l’histoire d’un couple comme tant d’autres, confronté au paranormal. Non car ici, il est surtout question de la lente et inexorable détérioration des sentiments entre un homme et une femme. Les esprits frappeurs, qui hantent les couloirs de cette maison isolée dans laquelle Catherine, George et leur petite fille ont élu domicile ne faisant que se nourrir de l’indifférence et des rancœurs sans cesse à l’ordre du jour dans un quotidien pour le moins plombant.

Bonne nouvelle donc tant Dans les angles morts affiche de belles ambitions qui auraient pu faire de lui une nouvelle référence du genre. On dit « auraient pu » car en l’état, le film de Shari Springer Berman et Robert Pulcini s’avère trop bancal pour vraiment convaincre dans sa globalité. Ce qui ne veut pas dire que tout soit à jeter bien au contraire. La première heure est même carrément convaincante, avec ce qu’il faut d’effets de style, d’élégance et de séquences inquiétantes.

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The Haunting of Farm House

Calé sur une rythmique un peu lancinante, regardant droit dans les yeux ses ambitions, le film rappelle donc un peu les récentes séries de Mike Flanagan, The Haunting of… si ce n’est qu’ici, format film oblige, tout va tout de même plus vite. Trop vite. Un paradoxe amusant tant certains passages s’avèrent aussi un peu longuets. Passée cette fameuse première heure, quand le film organise sa montée en puissance, les références affichées se font plus pensantes et la mise en image bizarrement moins convaincante. La toute fin par exemple, est visuellement un peu ratée. Et par ratée, on veut dire qu’à l’écran, le résultat n’est pas ce que l’on peut appeler très harmonieux. Dommage car on comprend l’idée. C’est simplement son illustration et la façon d’y parvenir qui peinent à convaincre.

Mais bien heureusement, les acteurs font un boulot formidable. Que ce soit Amanda Seyfried, magnétique au possible, James Norton, inquiétant à souhait, F. Murray Abraham, toujours solide ou encore Rhea Seehorn, qui prouve qu’elle peut aussi littéralement bouffer l’écran en dehors de Better Call Saul. Des comédiens bien dirigés au sein d’une histoire ambitieuse mais parfois curieusement agencée. Le scénario se prenant les pieds dans le tapis à quelques reprises. Suffisamment de fois en tout cas pour à la fin, laisser une impression un peu mitigée. Malgré le début prometteur, la belle photographie, les paysages enveloppants, les ambiances à couper au couteau et les apparitions il est vrai souvent effrayantes…

En Bref…

Porté par la performance magnétique d’Amanda Seyfried et par de belles intentions, Dans les angles morts ne manque pas de qualités et parvient même à provoquer quelques frissons. Mais à la fin, les imperfections, la narration en dents de scie et certains choix un peu hasardeux le font davantage ressembler à un ersatz maladroit de Shining ou d’Amityville.

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Netflix
Par Gilles Rolland le 5 mai 2021

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