[Critique] UNE DRÔLE DE FIN

CRITIQUES | 29 janvier 2018 | Aucun commentaire
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Titre original : A Futile And Stupid Gesture

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : David Wain
Distribution : Will Forte, Domhnall Gleeson, Emmy Rossum, Thomas Lennon, Matt Walsh, Seth Green, Joe McHale…
Genre : Comédie/Drame/Biopic/Adaptation
Date de sortie : 26 janvier 2018 (Netflix)

Le Pitch :
Doug Kenney était promis à un brillant avenir, mais décida, au lieu d’embrasser de prestigieuses études, de transformer le National Lampoon, le fanzine qu’il éditait à la fac, en un véritable magazine. Le tout avec l’aide de son camarade de toujours, le laconique Henry Beard. Très vite, l’aventure se transforme en flamboyant succès et voit Kenney devenir le nouveau patron de la comédie américaine. Kenney qui, malgré de nombreux déboires, va offrir une rampe de lancement à des stars du genre comme Christopher Guest, Bill Murray, John Belushi et Chevy Chase…

La Critique de Une Drôle de Fin :

Personne ou presque, surtout en France, ne connaît Doug Kenney. Ce qui n’a pas échappé au réalisateur David Wain et à son équipe, vu que c’est plus ou moins comme ceci qu’ils ont choisi de nous raconter son histoire. Le parcours d’un type qu’on connaît sans vraiment en avoir conscience vu que même si son nom n’évoque rien de particulier, c’est grâce à lui si Bill Murray, Harold Ramis, John Belushi et beaucoup d’autres, ont pu un jour percer pour devenir les superstars de la comédie américaine qu’on apprécie tant. Des acteurs qui constituent par ailleurs le noyau dur du Saturday Night Live, dont il est aussi question dans ce film. Intitulé Une Drôle de Fin chez nous, au lieu du préférable, A Futile And Stupide Gesture, ce long-métrage en question se propose donc ni plus ni moins de relater l’une des plus grandes pages de la gaudriole américaine, à travers la vie et l’œuvre de l’un de ses plus dévoués lieutenants…

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Parody story

Tout a commencé lorsque deux amis, Doug Kenney et Henry Beard ont décidé de lancer le National Lampoo, un magazine parodique particulièrement audacieux, en 1970. À la tête d’une équipe de comiques chargés de remplir les pages du mensuel, les deux hommes sont rapidement devenus des trublions incontournables. Tout spécialement Doug Kenney qui est donc ici incarné par Will Forte, tandis que le comédien Martin Mull campe une version plus âgée du même Kenney afin de nous conter son histoire. Là est la première trouvaille géniale du film : prendre en compte le fait que le personnage n’a rien d’une superstar aux yeux du grand public et briser le quatrième mur pour s’adresser directement à ce même public, lors d’une mise en abîme aussi brillante que pertinente. Ce qui renvoi à des œuvres comme le très réussi American Splendor, qui relatait la vie d’Harvey Pekar. C’est donc Douglas Kenney qui raconte sa propre histoire, à travers la performance de Will Forte et des autres acteurs. Un stratagème qui fonctionne à plein régime et qui donne lieu à des scènes très amusantes, comme quand Bill Murray apparaît à l’écran et que Kenney souligne que l’acteur qui le joue ne lui ressemble pas plus que Will Forte ne ressemble à Doug Kenney. Et si, dit comme ça, le truc peut apparaître un peu confus, à l’écran, ça fonctionne à plein régime et Une Drôle de Fin de parvenir à accrocher dès le début, en se montrant à la fois passionnant, drôle, tragique et instructif. Si tant est bien sûr que l’on s’intéresse au monde de la comédie U.S..

American comedy

Ainsi, Une Drôle de Fin fait office de biopic, mais pas complètement non plus tant le réalisateur David Wain (à qui on doit la formidable série Wet Hot American Summer) s’arrange pour dynamiter quelques-uns des codes inhérents au genre. Aussi parfaitement rythmé que dosé quand il s’agit de traduire à la fois le génie comique du personnage principal et sa lutte contre des démons qui le plongent dans un désarroi parfois insondable, le film n’est jamais plombant et ne se résume pas non plus à une comédie basique.
Les acteurs ne sont pas étrangers à la réussite de l’ensemble, à commencer par Will Forte. Connu chez nous grâce à la série The Last Man On Earth, ayant depuis bien longtemps prouvé qu’il était tout aussi à son aise dans la comédie pure et dure (MacGruber) que dans le drame (Nebraska), Forte trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Aussi drôle que charismatique, il mène la danse, remarquablement assisté par le toujours impeccable Domnhall Gleeson et par toute une escouade de prestigieux seconds rôles qui finissent de conférer au long-métrage un certain prestige.

En Bref…
À la fois original et passionnant pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la comédie américaine, Une Drôle de Fin vaut aussi par sa propension à mettre en avant un parfait équilibre entre comédie et drame, aidé en cela par le talent de Will Forte et des autres acteurs de sa prestigieuse distribution.

@ Gilles Rolland

Une-drôle-de-fin-cast   Crédits photos : Netflix

Par Gilles Rolland le 29 janvier 2018

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