[Critique] EVEREST

CRITIQUES | 23 septembre 2015 | Aucun commentaire
Everest-poster

Titre original : Everest

Rating: ★★★☆☆
Origine : Grande-Bretagne/États-Unis/Islande
Réalisateur : Baltasar Kormákur
Distribution : Jason Clarke, Josh Brolin, Jake Gyllenhaal, John Hawkes, Keira Knightley, Emily Watson, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington…
Genre : Aventure/Drame/Adaptation
Date de sortie : 23 septembre 2015

Le Pitch :
Au beau milieu des années 90, plusieurs équipes d’alpinistes se lancent à l’assaut de l’Everest. Alors que tout se passe pour le mieux, même si beaucoup vivent assez mal les conditions climatiques extrêmes, une violente tempête frappe de plein fouet la montagne. Histoire vraie…

La Critique :
Adaptation du livre Tragédie à l’Everest, de l’écrivain américain Jon Krakauer, Everest relate les terribles événements qui frappèrent une expédition dont l’auteur faisait partie, sur le plus haut sommet du monde, en 1996. Déjà adaptée à la télévision, cette histoire se retrouve aujourd’hui illustrée par Baltasar Kormákur, auquel on doit notamment Contrebande ou encore 2 Guns.
On retrouve ainsi Jon Krakauer (par ailleurs également auteur d’Into the Wild), sous les traits de Michael Kelly (House of Cards), aux côtés d’un nombre impressionnant d’acteurs célèbres. Sur la montagne, Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin ou John Hawkes confèrent immédiatement à cette cordée un surplus de prestige non négligeable, tandis qu’au camp de base, ou tout bonnement à des milliers de kilomètres de là, bien au chaud, Emily Watson et surtout Robin Wright et Keira Knightley se fond un sang d’encre pour leurs hommes partis escalader le plus gros rocher de la planète.

Everest-Jake-Gyllenhaal
On comprend assez vite de quelle teneur sera Everest. Pas d’action virile à la Cliffhanger, et pas de cannibalisme comme dans Les Survivants. Le film de Baltasar Kormákur se focalise tout simplement sur l’ascension d’une troupe de mecs blindés, embarqués par une entreprise spécialisée dans l’ascension de l’Everest. Ayant probablement tenu à rendre hommage aux disparus, les scénaristes et le réalisateur n’ont pas ajouté d’enjeux particuliers, et c’est une bonne chose. Par contre, ils ne se sont pas privés pour exploiter à fond les ballons l’aspect mélo d’une tragédie dont la faculté à exacerber les bons sentiments se fait de plus en plus claire à mesure que les hommes prennent de l’altitude. Alors qu’il est tentant de penser que le personnage campé par Josh Brolin va se montrer un peu plus abrupt, ce dernier se range rapidement et rejoint l’élan collectif et donc le message global du long-métrage qui oppose toute une troupe de mecs motivés par différentes causes louables, à une montagne gigantesque ayant déjà à son actif un nombre considérable de victimes. Au lieu de se concentrer sur ce qui pousse ses protagonistes à se livrer à une telle épreuve, le film passe rapidement (une seule scène s’y intéresse véritablement) pour multiplier les plans « émotion », comme ces nombreux focus sur le visage inquiet de Keira Knightley, qui est quasi en permanence allongée dans son lit, le téléphone à la main. Idem avec Robin Wright, qui joue un personnage passif, beaucoup trop anecdotique compte tenu du talent hors-norme de l’actrice.

Propulsé par une force virile, Everest est un survival dramatique. Étrangement plus intéressant dans sa première partie, quand il se focalise sur la préparation, que quand les choses sérieuses commencent, avec la tempête et la lutte contre le froid et le manque d’oxygène, le film manque cruellement d’équilibre et pêche par une vilaine tendance à en faire des caisses, quand une rigueur peut-être plus documentaire aurait justement permis de souligner in fine le courage et la détermination des personnages et de les rendre un peu plus consistants (seule une petite poignée parvient à vraiment « exister » à l’écran). Immanquablement, on pense alors au remarquable La Mort Suspendue, de Kevin McDonald, qui, même si il s’agit d’un documentaire, parvenait à procurer un véritable frisson, dont Everest peine à s’approcher.
Cela dit, l’émotion arrive parfois à percer. Tout spécialement grâce aux acteurs, comme Jason Clarke et John Hawkes, dont le rôle reste celui qui s’avère le plus émouvant du lot. Les amateurs de bon gros mélo y trouveront sans problème leur compte, et si on peut reprocher à Baltasar Kormákur d’avoir joué à fond cette carte, il est difficile dans le même temps de ne pas le comprendre un tout petit peu, vu le matériel mis à sa disposition. On peut aussi apprécier son désir de rendre justice à l’histoire, et tant pis pour les maladresses qui parsèment le long-métrage, car après tout, tout ce qu’il raconte est vrai. Il n’était tout simplement peut-être pas indispensable d’en rajouter des louches, les événements se suffisant à eux-mêmes.

Un peu laborieux, un poil trop long, Everest tient par contre complètement ses promesses sur un plan purement visuel. Contrairement à Vertical Limit, et ses scènes filmées à grand renfort d’effets un peu boiteux, il propose un grand spectacle, dont l’héroïne la plus fascinante demeure cette montagne, aussi monstrueuse qu’impressionnante.
Potentiellement nouvelle référence du film de montagne, Everest a un peu raté le coche. Reste un film classique. Une démonstration de force technique, mais un peu trop linéaire. Une expédition vertigineuse à temps partiel en somme…

@ Gilles Rolland

Everest-Jason-ClarkeCrédits photos : Universal Pictures International France

 

Par Gilles Rolland le 23 septembre 2015

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