[CRITIQUE] EVIL DEAD RISE

CRITIQUES | 15 avril 2023 | Aucun commentaire
Evil Dead Rise poster

Titre original : Evil Dead Rise

Rating: ★★★★½

Origine : États-Unis

Réalisateur : Lee Cronin

Distribution : Lily Sullivan, Alyssa Sutherland, Nell Fisher, Gabrielle Echols, Morgan Davies, Anna-Maree Thomas…

Genre : Horreur/Suite/Saga

Durée : 1h37

Date de sortie : 19 avril 2023

Le Pitch :

Beth rend visite à sa sœur aîné Ellie. Cette dernière vit avec ses trois enfants dans un immeuble promis à la démolition, dans le centre de Los Angeles. Leurs retrouvailles sont interrompues par un tremblement de terre qui met à jour une cavité secrète dans les sous-sols de l’édifice. Un endroit où les enfants trouvent un mystérieux livre ainsi que d’anciens enregistrements. Le cauchemar peut commencer…

La Critique de Evil Dead Rise :

Les péripéties se sont multipliées depuis la sortie en 2013 de l’excellent Evil Dead, le quatrième volet de la saga initiée par Sam Raimi en 1981. Si plusieurs rumeurs concernaient un éventuel Army of the Darkness 2, avec Bruce Campbell dans le rôle titre, à l’arrivée, c’est un tout nouveau film qui a vu le jour, sans autre lien avec les précédents que son concept, avec le fameux Necronomicon, le Livre des Morts, et bien sûr les Deadites, ces démons avides d’âmes humaines. Un long métrage produit par Sam Raimi et Bruce Campbell, réalisé par l’Irlandais Lee Cronin, principalement connu pour ses courts métrages et pour le film de 2019 The Hole in the Ground.

Bain de sain en huis-clos

Evil Dead Rise commence comme tous les autres Evil Dead : les personnages trouvent le Necronomicon, se montrent trop curieux et ouvrent la porte à des démons aussi facétieux que prompts à massacrer tous ceux qui se trouvent sur leur chemin. Ce nouveau volet reprenant en plus peu ou proue la même dynamique que le film précédent (réalisé par Fede Álvarez) avec une héroïne en proie à des problèmes personnels, déjà torturée avant l’arrivée des Deadites, amenée à se révéler dans l’adversité. Rien d’original donc. Car non, Evil Dead Rise, qui n’implique donc jamais Ash Williams, le héros légendaire de la saga, qui a eu droit à son (excellente) série TV en 3 saisons, n’apporte rien de particulier à une recette déjà connue. Ce qui au fond, n’est pas plus mal.

Evil-Dead-Rise
Evil Dead Rise. Tous droits réservés : Warner Bros./New Line Cinema/Ghost House Pictures.

Démons 3

Dire qu’Evil Dead Rise n’apporte aucune nouveauté n’est néanmoins pas très juste car au fond, sa localisation est plutôt innovante au sein de la franchise. En effet, ici, l’action se déroule non pas dans une cabane perdue au fond des bois mais dans un appartement à Los Angeles. Les personnages étant tous bloqués dans les étages après un tremblement de terre qui, manque de bol, a bousillé l’ascenseur et les escaliers. Un cadre claustrophobique qui n’est pas sans évoquer le film Démons 2 de Lamberto Bava. Non seulement le cadre mais aussi le principe, avec des démons amenés à posséder les vivants pour mieux les torturer.

Gore groovy

Respectueux des codes établis par Sam Raimi, comme Fede Álvarez avant lui, Lee Cronin essaye quand même de prendre un peu ses distances. Toujours portés sur les répliques cinglantes et la torture psychologique, ses Deadites sont un poil plus sérieux. Le second degré est bien présent mais de manière moins marquée que dans la trilogie de Sam Raimi. Comme Fede Álvarez, Lee Cronin mise sur la sobriété et livre un long métrage sombre (à tous points de vue) et dérangeant.

Dérangeant car ici, les démons ne s’attaquent pas à un groupe d’amis mais à une mère célibataire et à ses enfants. Le mal s’en prend à une famille, exploitant l’amour que les membres se portent les uns aux autres, mais aussi leurs fêlures (l’absence du père) pour mieux les tourmenter. Ce choix suffit ainsi à Evil Dead Rise à se démarquer et d’une certaine façon, à prouver sa légitimité, même si encore une fois, la dynamique est la même que celle de tous les films de la saga (excepté le troisième volet).

Sang pour sang gore

Malgré son manque d’expérience, Lee Cronin fait preuve d’une maestria appréciable. Parfaitement compétent quand il s’agit d’exploiter la géographie de cet appartement, il parvient aisément à instaurer la peur, ne se réfugiant jamais derrière des effets faciles comme des jump scares opportunistes. Dès le début il donne le ton et jamais ne relâche la pression. Même l’introduction, plutôt longue, s’avère utile pour nous permettre de nous attacher aux personnages qui ensuite, vont devoir faire face à un mal dévorant en apparence invincible.

Jusqu’au-boutiste, Evil Dead Rise l’est donc assurément. Relativement soft au début, même s’il commence assez fort, il ne cesse de devenir plus brutal au fil des scènes pour finir dans un bain de sang (littéralement), tout en se vautrant avec une certaine jubilation dans une sauvagerie extrême assez étonnante pour un film amené à sortir au cinéma. Lee Cronin a bien compris ce qu’attendaient les fans et ce que réclamait la franchise.

Son film n’est certes pas très original mais il est gore. Très gore. Rien à voir avec les trucs fadasses qui sortent à longueur d’année et qui ne tiennent pas le quart de leurs promesses. Evil Dead Rise est un vrai film d’horreur. Un authentique festival de tripes et d’hémoglobine. Certains plans parvenant même, à cause de ce qu’ils impliquent, à déranger, au-delà de leur « simple » sauvagerie.

On citait plus haut Démons 2, qui lui-même, est bien dégueulasse. Force est de reconnaître qu’Evil Dead Rise n’a rien à lui envier et fait donc office d’exception, avec sa radicalité, face au tout-venant de la production horrifique. Avec ses effets à l’ancienne, tous extrêmement réussis, ses acteurs investis et son humour sous-jacent, pervers au possible, ce cinquième volet est aussi méchant que malsain, et aussi putride que bourrin.

En Bref…

Pur festival gore, jusqu’au-boutiste, brutal et sauvage, Evil Dead Rise ne fait pas vraiment avancer la saga mais s’impose tout de même grâce à son refus de la demi-mesure. Court, efficace, malsain même, grâce à son histoire étonnamment perturbante, il impose ainsi sa légitimité dans le sang, tout en faisant montre d’un réel équilibre qui lui évite de tomber (paradoxalement) dans l’excès. Une vraie réussite et assurément l’un des sommets horrifiques de 2023.

@ Gilles Rolland

Evil Dead Rise
Evil Dead Rise. Tous droits réservés : Warner Bros./New Line Cinema/Ghost House Pictures.
Par Gilles Rolland le 15 avril 2023

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