[CRITIQUE] GOD IS A BULLET

CRITIQUES | 13 mars 2024 | Aucun commentaire
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Titre original : God is a bullet

Rating: ★★½☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Nick Cassavetes

Distribution : Nikolaj Coster-Waldau, Maika Monroe, Jamie Foxx, January Jones, Karl Glusman, Jonathan Tucker…

Genre : Thriller/Adaptation

Durée : 2h35

Date de sortie : 26 janvier 2024 (VOD)

Le Pitch :

Bob Hightower, un policier sans histoire, très croyant, voit sa vie basculer dans l’horreur quand sa fille est enlevée par une secte satanique. Alors qu’il n’a aucune piste, il reçoit l’aide inattendue de Case, qui est justement parvenue à s’extraire de l’emprise du gourou à l’origine du kidnapping. Ensemble, Bob et Case décident de tenter l’impossible…

La Critique de God is a bullet :

Adaptation du roman brut de décoffrage de Boston Teran (Satan dans le désert en version française), God is a bullet est porté par Nick Cassavetes, jadis réalisateur acclamé pour She’s So Lovely et N’oublie jamais. Un film qui se montre, à l’instar du livre, plutôt brutal mais qui, contrairement au roman, prend quelques détours qui au final, nuisent à sa bonne tenue.

Hardcore

Un père très croyant infiltre une secte pour retrouver sa fille. Remplacez la secte par le milieu du cinéma porno underground et God is a bullet évoque très fortement Hardcore, le film de Paul Schrader avec George C. Scott. Dans Hardcore où le personnage principal recevait aussi l’aide d’une fille avec laquelle il n’avait rien en commun mais qu’il allait apprendre à comprendre et même à apprécier. Comme Nikolaj Coster-Waldau et Maika Monroe dans le long-métrage de Nick Cassavetes qui en plus, introduit une sorte de romance un peu bizarre et particulièrement mal écrite, qui nuit au propos global ainsi qu’à son impact.

On comprend pourtant pourquoi Cassavetes a souhaité rapprocher Bob, ce flic très pieux aux abois et Case, cette femme détruite par une secte, couverte de tatouages et ancienne héroïnomane. Oui car au fond, cette love story hors sujet dilue la noirceur abyssale qui caractérise cette histoire de secte satanique particulièrement brutale. Elle l’a dilue, et comme dit plus haut, elle la dénature aussi un peu.

Trancher dans le vif

God is a bullet n’hésite pas donc à sombrer dans la violence la plus crasse pour illustrer son propos. Les membres de la secte sont très méchants, sauvages au possible et plutôt flippants. Comme dans le bouquin. Mais comme pour la love story, Cassavetes en fait aussi des caisses à ce niveau. God is a bullet tombe vite dans l’excès.

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Séance de tattoo express avec Nikolaj Coster-Waldau et Jamie Foxx dans God is a bullet. Tous droits réservés : Patriot Pictures/XYZ Films/Itaca Films.

Les effets de mise en scène, le montage parfois un peu chaotique, les tatouages à outrance, le gore, les têtes qui explosent, un serpent à sonnette, des larmes et encore du sang… Le film ne s’interdit rien. Au point d’oublier de raconter correctement son histoire.

Prenez par exemple les membres de la secte. De parfaites ordures qui au final, ne font que brutaliser des gens, se droguer, écouter les Dead Boys et picoler. Jamais on ne les voit s’adonner à un quelconque culte et s’ils n’étaient pas recouverts des pieds à la tête de tatouages outranciers, rien ne les distinguerait vraiment des bad guys classiques.

Idem pour le chef de la secte. Il est horrible oui, mais encore une fois, finalement, on ne nous montre jamais comment ou même pourquoi il dirige sa secte.

Massacre brouillon

Les personnages de God is a bullet sont donc globalement très brouillons. Les méchants, mais aussi les gentils. Le père incarné par Nikolaj Coster-Waldau est convaincant mais ses réactions sont parfois étranges. Maika Monroe est celle qui s’en sort le mieux mais son rôle se distingue aussi par son outrance pas toujours pertinente. Et Jamie Foxx ? Il ne fait que passer une tête. Un exemple ? On ne pige pas pourquoi le père se fait tatouer alors que jamais par la suite, le scénario n’exploite cette idée vu qu’il ne s’infiltre jamais vraiment dans la secte. Il débarque avec un fusil à pompe et tue des mecs à la chaîne pour retrouver sa fille.

Au final, God is a bullet semble hésiter en permanence entre le drame viscéral à la Hardcore et la série B décomplexée et violente. Le tout sur plus de 2h30… Oui c’est long…

La sentence est donc sans appel : non seulement God is a bullet est régulièrement ennuyeux mais il ne permet jamais vraiment à l’émotion de percer. Alors que l’histoire s’y prêtait particulièrement. Dommage car quand le film assume pleinement son statut de série B sans prétention, il sait se montrer valeureux.

Dans la violence, quand Cassavetes laisse tomber les postures et les prétentions hors sujet, God is a bullet s’avère efficace et même parfois dérangeant. Écrasé par ses références, jamais aussi direct que le bouquin, il rate néanmoins le coche et se termine en plus par une séquence qui malheureusement, illustre parfaitement tout ce qu’il n’a pas réussi à accomplir jusqu’alors.

En Bref…

Trop long pour son propre bien, schizophrène quand il hésite entre le pur drame et la série B un peu décérébrée, extrêmement violent mais aussi étrangement guimauve, God is a bullet n’est pas pour autant ce qu’on peut appeler un ratage intégral. Parlons plutôt de rendez-vous manqué…

@ Gilles Rolland

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Maika Monroe badass dans God is a bullet. Tous droits réservés : Patriot Pictures/XYZ Films/Itaca Films.
Par Gilles Rolland le 13 mars 2024

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