[Critique] GOLD

CRITIQUES | 20 avril 2017 | Aucun commentaire
Gold-poster

Titre original : Gold

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Stephen Gaghan
Distribution : Matthew McConaughey, Edgar Ramirez, Bryce Dallas Howard, Corey Stoll, Tobey Kebbell, Bill Camp, Craig T. Nelson…
Genre : Drame
Date de sortie : 19 avril 2017

Le Pitch :
Le père de Kenneth Wells a monté sa société à la force de ses mains, en cherchant de l’or et d’autres métaux précieux. Quand c’est au tour de Kenneth de prendre la relève, le contexte n’est plus le même et l’argent commence à manquer. À deux doigts de la faillite professionnelle et personnelle, il entretient un rêve un peu fou et ne désespère pas un jour, de tomber sur un gisement qui lui permettra de se refaire. Ce qui se produit finalement quand il s’associe avec un célèbre géologue, avec lequel il se met en tête de trouver de l’or en Indonésie, là où personne n’a vraiment cherché. Histoire vraie…

La Critique de Gold :

Kenneth Wells, le héros de Gold, n’a pas vraiment existé mais l’histoire que le film raconte est par contre sur bien des points authentique. Un récit assez incroyable (qu’il ne vaut mieux pas connaître avant de voir le long-métrage) qui a inspiré aux scénaristes ce personnage qui, notamment grâce à Matthew McConaughey, insuffle la folie et l’énergie dont manque parfois le script de cette success story viciée reposant donc en grande partie sur son protagoniste principal et sur son caractère « bigger than life »…

Gold-Bryce-Dallas-Howard-Matthew-McConaughey

L’or, j’adore

Si Gold n’est pas vraiment un biopic, il en adopte néanmoins beaucoup des clichés. Quand on veut faire une chemise, on prend un patron. Là c’est pareil. Patrick Massett et John Zinman, qui ont écrit le film se sont donc d’une certaine façon contentés de suivre un chemin balisé. On connaît la chanson. Un mec parti de rien arrive tout en haut puis chute à nouveau avant… Bref, de ce côté-là, Gold n’apporte pas grand chose de neuf. Dommage que Stephen Gaghan, qui s’est notamment fait connaître en signant l’impressionnant scénario du Traffic de Steven Soderbergh, n’ait pas mis la main à la patte. Après tout, il avait dirigé et écrit Syriana et ça se voyait. Là non. Il a juste mis en scène. Mais ce n’est pas si mal car sa réalisation a de gueule. C’est l’une des choses qui permettent au long-métrage de s’extraire de la banalité à laquelle son scénario aurait tendance à le condamner. La réalisation, lumineuse, dynamique et inspirée, et ce qu’on nous narre également, parce qu’il faut bien avouer que cette histoire est assez incroyable pour quoi qu’il en soit maintenir l’attention. La façon de le faire n’a rien de bien enthousiasmant mais en substance, il y avait en effet de quoi faire un film et l’angle adopté est le bon. Le principal trait de génie des deux scénaristes, on y revient, étant d’avoir créé le personnage de Kenny Wells. Cette espèce de Tony Montana non-violent au grand cœur, qui porte Gold sur ses épaules tout du long…

Goldfinger

Et si Kenny Wells est aussi intéressant, stimulant et même un petit peu galvanisant, c’est aussi et surtout grâce à Matthew McConaughey. Proche du quintal, le cheveu rare, l’acteur a opéré une transformation dont seuls les grands comédiens proches de l’Actors Studio ont le secret. Le mec a bouffé n’importe quoi pendant 4 mois, est passé au maquillage et est devenu cette espèce de tornade chauve, capable d’accrocher le regard 2 heures durant. De nous embarquer et de nous raconter son histoire, tout en vérifiant que personne ne décroche parce qu’on a beau voir les ficelles, parfois très grosses, finalement, tout ce qui nous intéresse, c’est ce roublard de McConaughey en pleine possession de son art, faisant de chacune de ses lignes de dialogues, autant d’occasions de nous encourager à louer encore une fois son extraordinaire habilité. Monstre de charisme, il dévore toutes ses scènes et si il laisse finalement assez peu de place aux autres, Edgar Ramirez et Bryce Dallas Howd, trouvent quand même le moyen de s’imposer. Chapeau bas. Gold pêche par un classicisme trop voyant dans son écriture mais niveau acteurs, c’est la grande classe.

Goodbye Yellow Brick Road

Ok, Gold ne parvient pas, dans son ensemble, à s’imposer comme l’une des plus grandes success story que le cinéma nous a offert récemment. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas méritant. Pour McConaughey donc, et pour toutes les raisons évoquées plus haut, mais aussi car il raconte en filigrane les années 80, aux États-Unis et annonce la monumentale gueule de bois que le pays allait se payer, après avoir brûlé la chandelle du capitalisme par les deux bouts et un peu par le milieu aussi. Ce que fait le film également, c’est étudier les effets de la réussite sur un type qui en a toujours rêvé. Il gratte le vernis et expose le côté un peu pervers d’une trop grande ambition, pour mettre en exergue le plus important. Pas de façon originale là encore, mais il le fait, et plutôt consciencieusement qui plus est. Gold aurait pu être davantage à limage de son personnage principal. Plus rock and roll, plus audacieux et plus incisif. Il aurait pu mais il ne l’est pas. Ce qu’il est, c’est classique, parfois excellent, mais la majorité du temps « simplement » bon et divertissant. On peut choisir de le regretter ou apprécier.

En Bref…
Suivant le schéma classique de la success story à l’américaine, Gold n’a rien de vraiment original. Cependant, il gagne ses galons grâce à la spectaculaire performance de Matthew McConaughey, impérial jusqu’au bout, et aussi parce ce que ce qu’il nous raconte est suffisamment incroyable et intéressant pour maintenir l’intérêt 2 heures durant.

@ Gilles Rolland

Gold-Matthew-McConaughey-Edgar-Ramirez  Crédits photos : StudioCanal

Par Gilles Rolland le 20 avril 2017

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