[Critique] HAPPY FEET 2

CRITIQUES | 21 janvier 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Happy Feet Two

Rating: ★★★★☆
Origine : Australie
Année de production : 2011
Réalisateur : George Miller
Distribution voix : (en V.O.) Robin Williams, Brad Pitt, Matt Damon, Sofia Vergara, Elijah Wood, Pink…
Genre : Animation/Comédie musicale
Date de sortie : 7 décembre 2011

Le Pitch :
Mumble, le manchot empereur spécialiste des claquettes, est un père de famille soucieux. Son rejeton, le petit Erik n’aime pas danser. Une aversion qui met une sacrée distance entre le père et le fils. Distance amplifiée le jour où Erik fait la connaissance de Sven, un curieux manchot capable de voler. Pourtant, c’est lorsque le peuple des empereurs se retrouve bloqué suite à un déplacement de glacier, qu’Erik va s’apercevoir que son père est bel et bien un héros…

La Critique :
Il n’y a pas trente-six façons de le dire : Happy Feet 2 est une merveille visuelle absolue. Comme le premier à son époque, Happy Feet 2 convoque le meilleur des technologies modernes et s’apparente à un rêve éveillé pour cinéphage avide de sucreries numériques et autres tableaux de maitres virtuoses. George Miller est un génie en pleine possession de ses moyens. Sans limite, le réalisateur mélange animation et images lives et accouche encore une fois d’une partition sublime. Comment ainsi ne pas avoir des étoiles plein les mirettes à la vue de ces incroyables images au cœur du banc de Krill (vous savez ces petites crevettes), où encore lors de la séquence finale ? De grands moments de poésie, à vous coller illico la chair de poule.

Happy Feet 2 découle d’une succession de choix tous plus judicieux les uns que les autres. Choix qui contribuent à donner au film un cachet pour le moins unique. De quoi continuer à creuser le fossé avec la concurrence. Car, s’il semble établi qu’actuellement, Pixar tient la palme en matière d’animation, Happy Feet est l’exception. Rien ne ressemble à Happy Feet. Non seulement sur la forme, mais aussi sur le fond.
En parlant du fond d’ailleurs, il est indéniable que ce second épisode relève le défi lancé par le premier. On pensait qu’il serait difficile de passer après l’incroyable somme de niveaux de lecture d’Happy Feet et pourtant, ce numéro 2 y arrive haut la main. Très tendance dans sa façon de connecter l’infiniment grand avec l’infiniment petit (rappelez vous The Tree of Life, qui partage avec Happy Feet 2 plus de points communs qu’on ne pourrait le penser), Miller replace chaque être dans son environnement et souligne l’importance de chacun, aussi minime soit-elle au premier regard. En cela, l’histoire parallèle de Will et de Bill, les deux Krills (incarnés par Brad Pitt et Matt Damon) est rudement bien vue. Personnalisant justement cet infiniment petit, le duo semble bien loin des préoccupations des manchots de l’affiche, mais s’avère animé par les mêmes motivations. Trouver sa place, dépasser sa simple condition, jouer un rôle dans la grande histoire du monde et s’accomplir ; en somme autant d’objectifs et de sujets de questionnements primordiaux. Pour l’être humain (car au travers de tout ce bestiaire, c’est bien sûr de nous dont il s’agit), mais aussi pour la bonne marche du monde. Autant de thèmes dominés par l’importance de nos rapports avec les autres, véritable axe narratif du film. L’amitié, la solidarité, l’entraide au delà des différences sont alors au centre d’une problématique ultra puissante, qui, au passage, égratigne comme il se doit l’humain, seul être vivant du film à baisser les bras au premier obstacle. Très évocateur, surtout si on considère que l’homme est le déclencheur de tous les changements qui bouleversent la vie des pingouins (fontes des glaces…)… Pour autant, Miller est suffisamment fin et intelligent pour ne pas  livrer une critique premier degré. Il refuse le manichéisme et la démagogie, préférant la suggestion, bien plus parlante bizarrement quand elle passe par le prisme d’une bande de manchots chanteurs et danseurs.

Un génie à l’œuvre donc, qui n’évite malheureusement pas toujours les petits accrocs. Si on sent la volonté inaltérable de Miller d’offrir à son public une histoire riche, aussi bien destinée aux enfants -qui sauront apprécier les excellents gags- ou aux adultes, -qui se passionneront pour la profondeur du récit-, ce dernier peine légèrement à rythmer le tout. Alourdi par des numéros musicaux inégaux (O-Zone restant LA faute de goût tandis que le final sur Under Presure de Queen et David Bowie est fantastique), Happy Feet 2 est un peu comme une bon vieux diesel : lent au démarrage, il trouve après la premier demi-heure, son rythme de croisière, pour finir par franchir la ligne d’arrivée à fond les bananes. Un diesel qui donne l’impression de se perdre par moment, mais qui finit irrémédiablement par trouver sa route.

Au final, on retiendra donc la poésie inaltérable du long-métrage, parfois beau à en pleurer et la finesse de son écriture. Les personnages sont également tous très bien croqués et la mise en scène gracieuse. Du George Miller quoi. Le seul mec assez talentueux pour dessiner un portrait de la nature humaine pertinent et lyrique, à travers un cochon (Babe, c’était déjà lui) et des pingouins. Avec Rango, Happy Feet 2 est probablement le meilleur film d’animation de l’année.

Important : À voir impérativement en version originale !

@ Gilles Rolland

 

Par Gilles Rolland le 21 janvier 2012

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