[Critique] INFERNO

CRITIQUES | 11 novembre 2016 | Aucun commentaire
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Titre original : Inferno

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Ron Howard
Distribution : Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy, Ben Foster, Irrfan Khan, Sidse Babett Knudsen, Ana Ularu…
Genre : Aventure/Thriller/Adaptation
Date de sortie : 9 novembre 2016

Le Pitch :
Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, en Italie, sans avoir la moindre idée de ce qui a pu le mener là. Il est pris en charge par le docteur Sienna Brooks, qui l’aide à s’échapper quand une tueuse débarque arme au poing. Langdon se retrouve alors au centre d’une traque qui va le mener au cœur d’une machination inspirée de L’Enfer de Dante, qui pourrait bien mener une grande partie de l’humanité à sa perte…

La Critique d’Inferno :

Et de 3 pour Ron Howard et Tom Hanks, qui font à nouveau équipe pour adapter un des best-sellers de Dan Brown, après Da Vinci Code et Anges et Démons. Robert Langdon, le super professeur incollable quand il s’agit de résoudre des énigmes hyper complexes liées à l’Histoire, revient sur le devant de la scène, et se retrouve encore une fois à devoir sauver le monde. De notre côté, on se demande toujours un peu pourquoi, si ce n’est pour des raisons pécuniaires évidentes, Tom Hanks, et dans une moindre mesure Ron Howard, continuent d’insister avec Dan Brown… Non pas qu’Inferno soit foncièrement mauvais. En fait, il est plutôt divertissant. Mais une impression persiste : voir d’aussi bons comédiens et un cinéaste talentueux capable de beaucoup plus d’audace œuvrer sur un tel film revient un peu à embaucher un grand chef pour lui faire rapper des truffes hors de prix sur des nouilles au beurre. Vous voyez le genre…

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Braquage à l’italienne

Sorte de James Bond des profs d’Histoire, Robert Langdon est cette fois-ci en Italie pour résoudre un puzzle autour de la Divine Comédie de Dante. Il y est question de l’Enfer et d’un virus capable de tuer 95% de la population mondiale. Pas besoin d’avoir lu le bouquin pour piger l’essentiel. Il est par contre peut-être indispensable de l’avoir fait pour comprendre pourquoi le récit prend tellement de détours pour au final noyer le poisson. Alors oui Florence c’est beau, Venise aussi, mais au fond, ce qu’on cherche à nous raconter ne s’avère jamais vraiment passionnant. On est ici dans le genre de truc dont on sait très bien comment tout va se terminer. Le défi étant de captiver le public en enchaînant les péripéties. Ce que fait Inferno, mais pas de la bonne façon. Surtout quand il cède à l’appel du twist facile et un peu crétin, qui remet presque tout ce qui a précédé en perspective, en ayant tendance à annihiler les points positifs. Parce que si le scénario se traîne, mais se tient, dans sa première moitié, c’est cette somme de faux-semblants et de retournements vains qui plombent l’entreprise. Alors oui, c’est souvent ridicule mais heureusement, au final, on s’en moque un peu. Il est légitime de ne plus trop chercher à comprendre pourquoi certains personnages agissent comme ils agissent ou pourquoi lui est méchant alors qu’il était gentil et inversement. Inferno est un film à tiroirs. Chaque fois qu’on en ouvre un, on ne sait pas sur quoi on va tomber mais ce n’est jamais très enthousiasmant.

Tom Hanks et ses amis à la rescousse

Le talent du long-métrage consiste donc à nous prendre par la main sans nous lâcher jusqu’au bout. Le spectacle est visuellement soigné, si on fait exception de quelques effets périmés, c’est dépaysant et Ron Howard tient bon la barre, sans trop forcer non plus. Ce n’est pas spécialement palpitant mais ça se regarde. Tom Hanks y est bien sûr pour beaucoup. C’est d’ailleurs en grande partie pour lui qu’on est en droit d’acheter son billet, même si on n’a pas vraiment aimé Da Vince Code ou Anges & Démons, qui demeure d’ailleurs le meilleur de la trilogie.Toujours impeccable, même quand la partition qu’il doit jouer ne vaut pas tripette, le comédien est droit dans ses bottes et fait le job comme le professionnel qu’il est. Sa filmographie compte suffisamment de grands films pour qu’on supporte de le voir s’amuser à courir à droite et à gauche après des tueurs portés sur les écrivains italiens. Idem pour Felicity Jones, l’une des actrices les plus douées de sa génération. Elle ne fait rien de particulier, mais elle est là et ça suffit. Il y a aussi Ben Foster, à peu près aussi bien exploité que Paul Bettany dans Da Vince Code. Omar Sy pour sa part, bénéficie d’un temps de présence plus grand que dans tous les autres films américains qu’il a tourné. Il est bon mais son personnage ne l’est pas. Dommage. Néanmoins, ensemble, les comédiens confèrent un surplus de prestige à cette course-poursuite mollassonne, qui répète les mêmes gimmicks que les deux épisodes précédents. Que ce soit devant ou derrière la caméra, personne ne semble trop y croire. Le pilotage automatique est de mise. Y compris pour David Koepp (on lui doit les scripts de Jurassic Park, de Panic Room ou de Spider-Man), dont l’adaptation du roman de Brown sent bon le je-m’en-foutisme. On se maintient à la surface, de justesse. Ni les dialogues, ni le peu d’humour ni l’émotion ne provoquent de sursaut capable d’étonner. Le côté désuet peut par contre plaire, mais c’est peu, vu le budget, la somme de talents impliqués et le statut de cette production ainsi condamnée à se dégonfler un peu plus à chaque minute…

En Bref…
Film d’aventure feignant et prévisible, Inferno cherche à nous perdre dans les méandres de son histoire, mais finit par se manger le mur. Plutôt anecdotique, il reste néanmoins divertissant, à condition qu’on goûte à ce genre de choses. Et puis, au fond, il y a plus désagréable que de suivre Tom Hanks et Felicity Jones en Italie. Même si à la fin, on ne retient rien de notable.

@ Gilles Rolland

inferno-tom-hanks-felicity-jones  Crédits photos : Sony Pictures Releasing France

Par Gilles Rolland le 11 novembre 2016

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