[Critique] LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE

CRITIQUES | 20 mars 2013 | 1 commentaire

Titre original : Olympus Has Fallen

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Antoine Fuqua
Distribution : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Rick Yune, Robert Forster, Angela Bassett, Dylan McDermott, Radha Mitchell, Melissa Leo, Ashley Judd…
Genre : Action
Date de sortie : 20 mars 2013

Le Pitch :
Assigné aux basses besognes des services secrets américains après un accident qui couta la mort de la Première Dame, Mike, un ancien garde du corps du Président, ronge son frein, jusqu’au jour où un commando nord-coréen s’en prend violemment à la Maison Blanche. Rapidement dépassés, les services secrets sont balayés par les assaillants qui acculent le Président et son fils dans le bâtiment.
Une belle occasion pour Mike de voler au secours de son ancien employeur, mais aussi et surtout de prouver sa loyauté indéfectible envers sa patrie…

La Critique :
Devançant le White House Down de Roland Emmerich, qui verra aussi la demeure du Président américain prendre cher, Antoine Fuqua (Training Day) organise avec son dernier film, une sorte de revival patriote d’un certain genre de films d’action.
Autant le dire tout de suite : La Chute de la Maison Blanche n’a rien d’original. Si vous avez vu Piège de Cristal, Piège en Haute Mer, Ultime Décision, ou encore Piège à Grande Vitesse (tous les trucs qui commencent par le mot Piège donc) et si vous êtes un admirateur de Jack Bauer (de la série 24), vous avez déjà tout compris. Antoine Fuqua n’apporte strictement rien de nouveau à un style qui a vu son apogée dans les années 80 et 90. En gros, le schéma est le suivant : des méchants s’en prennent de manière frontale à la nation américaine (ou à l’un de ses symboles) et établissent un siège dans un bâtiment (ou un objet mobile suffisamment grand, comme un train ou un avion). À l’extérieur, tout le monde est largué et à l’intérieur, tous les gentils sont morts ou asservis. Ne subsiste qu’un type. Seul, il est généralement un peu rebelle ou carrément tricard, mais mortellement compétent quand il s’agit de botter des culs à la chaine. Ainsi, John McClane est un simple flic, Casey Riback de Piège en Haute Mer, est cuistot, et Mike, du film qui nous intéresse ici, est un ancien garde du corps mis au placard par le Président lui-même. Comme ses prédécesseurs, Mike ne fait pas l’unanimité, il gère, sait se servir de ses dix doigts et maîtrise toutes les armes possibles et inimaginables.
À l’extérieur, bien à l’abri dans un poste de commandement d’urgence, des costard cravates aboient des ordres, se demandent si on peut faire confiance à ce gus seul contre tous, et transpirent à grosses gouttes. Vous voyez le genre ?

Sublimé par John McTiernan avec le premier Die Hard, le genre connait depuis 1988 de multiples redites, pas forcement toutes heureuses. La Chute de la Maison-Blanche ne fait pas partie des pires. Ce qui ne veut pas dire qu’il fasse pour autant partie des meilleures.
Porté par Gérard Butler, qu’on aimerait quand même voir se mettre un tant soit peu en danger dans des rôles un peu moins balisés, le long-métrage compense heureusement son manque de prise de risques en envoyant du lourd niveau action. C’est peut-être la moindre des choses venant d’un produit à 80 millions de dollars, mais ici, c’est la radicalité de l’action en question qui étonne.
Loin de cacher les exécutions sommaires et autres fusillades brutales, Fuqua tient à illustrer avec son esprit de frondeur, les méfaits de ces terroristes lourdement armés. Dès le début (très réussi), ça tire dans tous les sens et le sang gicle. Par la suite, lorsque Butler est dans la place (très convainquant il est vrai en action man badass), le spectacle ne perd rien de sa sauvagerie. Très correctement mis en image, bien qu’un poil trop sombre, le film remplit son cahier des charges et offre ce que l’on est venu chercher. Les deux heures passent relativement bien et cette volonté de rythmer avec fougue une action balisée, mais frontale, confère à l’ensemble un côté burné bienvenu.
Épaulé par de multiples gueules, dont certaines déjà oscarisées (Morgan Freeman, Melissa Leo, Aaron Eckhart en Président, ou Ashley Judd, brièvement de retour au premier plan), La Chute de la Maison Blanche ne va jamais plus loin que son simple concept de base. De plus, il s’avère bien sûr prévisible. Les méchants, qui sont cette fois-ci nord-coréen, actualité oblige, sont vraiment d’ignoble individus qui veulent priver les américains de leur Président mais aussi -nous dit-on- de leur mode de vie, et les gentils sont vraiment gentils. Il n’y pas de demi-mesure dans l’action, pas plus qu’il n’y en a dans l’élan de patriotisme qu’entend illustrer le film. Bannière étoilée à l’appui, La Chute de la Maison Blanche est un vrai film de yankee. De ceux qui arriveraient presque à nous filer une envie pressante de demander la Green Card. Le Président est jeune, beau, sympa comme pas possible et les héros n’ont pas peur de mourir pour leur nation bien aimée.
On avait compris. Dommage qu’Antoine Fuqua appuie sévèrement son propos à la fin, histoire d’en rajouter une couche avant le générique et de se ranger du même coup aux côtés de ses films de propagande à gros budgets, comme Independence Day, World Invasion : Battle Los Angeles ou encore Deep Impact, dont la fin est curieusement similaire à celle de La Chute de la Maison Blanche. Ici, pas d’aliens furax, mais de « simples » humains issus d’un pays qui -dans la vraie vie- réussit à foutre les jetons au Monde libre.
Avec sa dernière réalisation, Antoine Fuqua brosse son pays dans le sens du poil. Heureusement, il n’oublie pas de faire exploser deux ou trois trucs en cours de route, ni de faire couler le sang. À réserver aux amateurs de ce genre de trips. Des trips bourrins, à prendre au second degré pour apprécier pleinement le déploiement de testostérone de l’ami Butler, ainsi que les nombreux dommages collatéraux qu’il provoque.

@ Gilles Rolland

La-chute-de-la-maison-blanche-photoCrédits photos : SND

Par Gilles Rolland le 20 mars 2013

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paulus
paulus
8 années il y a

bon commentaire gilles comme toujour