[Critique] LA COLÈRE DES TITANS

CRITIQUES | 28 mars 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Clash of the Titans 2 : Wrath of the Titans

Rating: ★★☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Jonathan Liebesman
Distribution : Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fienes, Edgar Ramírez, Toby Kebbell, Rosamund Pike, Bill Nighy, Danny Huston…
Genre : Action/Aventure/Fantastique
Date de sortie : 28 mars 2012

Le Pitch :
L’heure est grave pour Zeus et ses collègues ! Affaiblis par le manque de dévotion de leurs fidèles, les Dieux sont en passe de perdre leur précieuse immortalité. Profitant de la situation, Kronos, le père de Zeus, Poseidon et Hadès menace de sortir de sa prison afin de répandre le chaos sur la Terre, aidé de ses Titans. Persée s’impose alors à nouveau comme le seul et unique espoir de l’humanité…

La Critique :
Il y a une chose pour laquelle on ne salue jamais les héros de la Grèce Antique. Connus pour braver tous les dangers, ces derniers combattent les monstres de la mythologie et défient sans arrêt les forces du mal. Ils bataillent dur, l’épée à la main sans jamais rechigner. Et ils font tout cela chaussés de nu-pieds ou de sandales en cuir. Des chaussures plus adaptées à des professions plus paisibles et en aucun cas étudiées pour crapahuter dans la rocaille en vue de défaire de méchants titans. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais essayez pour voir. Il s’avère plutôt duraille de se mouvoir équipé de la sorte. Tous les podologues du monde vous le diront…
Bref, c’est donc chaussé comme un pèlerin que Persée doit retourner au front.

La suite, pas si attendue que ça du Choc des Titans, long métrage déjà pas bien terrible réalisé par le français Louis Leterrier, convoque la même équipe et voit Persée et ses amis se frotter à toute une escouade de furieux Titans. Précédé d’une bande-annonce survitaminée, La Colère des Titans suit en fait le même schéma que son prédécesseur. Les scénaristes ne se sont pas foulés. Et c’est peu de le dire.

Présenté comme une succession homérique de combats spectaculaires contre des créatures disproportionnées, le film va de déception en déception. Les monstres défilent à intervalles réguliers et le plus gros, visible dans la bande-annonce, n’intervient qu’à la fin. Le film obligeant le spectateur à se farcir de longues plages de dialogues inutiles entre chaque affrontement. C’est maigre et sans surprise. Thésée est super balèze et même lorsque son frère, le maléfique Arès (joué avec truculence par Edgar Ramírez) se sert de sa tronche pour démolir la quasi-totalité d’un temple, le bougre s’en sort avec une légère migraine. Le dénouement est plié depuis le début et on ne peut même pas se raccrocher aux péripéties, qui en plus d’être téléphonées, ne présentent que très peu d’intérêt. La faute à un réalisateur (Jonathan Liebesman, World Invasion : Battle Los Angeles) qui semble dépassé et qui a bien du mal à se raccrocher à un script rachitique et indigent qui mélange les références au sein d’une même salade plus ou moins digeste. Le Minautore déboule, Thésée fait du catch, les Chevalier du Zodiaques ne sont pas loin et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Porté par un budget conséquent, La Colère des Titans arrive également à cumuler les fautes techniques. Les effets-spéciaux sont inégaux, les maquillages parfois ridicules (se référer au Minotaure) et les décors, bien qu’impressionnants, sont répétitifs. On nous abreuve régulièrement de plans d’ensemble pour bien nous faire comprendre que la Grèce c’est grand et pourtant les héros se rendent du point A au point B en une poignée de minutes. Il faut dire que sur le coup, c’est aussi le montage qui est à blâmer, mais ce n’est pas vraiment une surprise. Passé les deux ou trois premières séquences, il est clair que La Colère des Titans ne sera pas un cas d’étude à projeter dans les écoles de cinéma.

Mais qu’est -ce qui a bien pu motiver les acteurs à rempiler pour ce second épisode ? Le cachet certainement, mais peut-être pas uniquement. Si Sam Worthington a manifestement enclenché le pilotage automatique, Bill Nighy (Love Actually…), lui, semble s’amuser comme un fou et cabotine à outrance. Ce qui est très drôle. Drôle, ce vieux briscard irlandais de Liam Neeson l’est également. Apparemment conscient qu’il y a péril en la demeure, Neeson s’éclate, se fait taper sur la tronche, se fait attacher, joue à imiter Gandalf et finit par s’unir au perfide et désormais gentil Hadès pour botter les Titans hors de la Grèce. Une séquence hilarante qui rappelle les meilleures heures de Tango & Cash ou de n’importe quel autre buddy movie un peu décomplexé. Toujours très classe, Liam Neeson gagne un peu plus d’ampleur dans ce second volet et profite d’une liberté de mouvement plus grande. Il récite avec une espièglerie salvatrice des lignes de dialogues débiles, tout à fait raccords avec un scénario complètement aux fraises, riche en contre-sens et en absurdités en tout genre.

C’est alors que la vraie nature de La Colère des Titans émerge ! Il s’agit en fait d’une comédie. Involontaire on s’en doute, mais néanmoins redoutable. Pas de quoi sauver le navire du naufrage, mais suffisant pour passer un bon moment. Surtout si on prend en compte le manque de prétention du film, qui contrairement aux Immortels de Tarsem Singh, ne pète que très rarement au dessus de son cul.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Warner Bros

Par Gilles Rolland le 28 mars 2012

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