[CRITIQUE] LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME

CRITIQUES | 10 mai 2024 | Aucun commentaire
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Titre original : Kingdom of the Planet of the Apes

Rating: ★★★★½

Origines : États-Unis/Australie

Réalisateur : Wes Ball

Distribution : Freya Allan, William H. Macy, Owen Teague, Peter Macon, Sara Wiseman, Neil Sandilands, Eka Darville…

Genre : Science-fiction/Aventure/Adaptation/Suite/Saga

Durée : 2h25

Date de sortie : 8 mai 2024

Le Pitch :

Plusieurs générations après la mort de César, les singes ont continué à se développer tout en s’imposant comme l’espèce la plus évoluée de la planète, laissant les humains devenus muets régresser à l’état sauvage. Au sein d’une communauté paisible, Noa doit faire ses preuves parmi les siens. C’est alors que les singes de Proximus, un puissant chef bonobo, font irruption et asservissent les proches de Noa. Désormais seul, le jeune singe va devoir braver de nombreux dangers pour retrouver sa famille. Sa quête le menant sur la route d’une humaine étonnamment évoluée…

La Critique de La Planète des singes : le nouveau royaume :

Le premier volet de la deuxième saga de La Planète des Singes, dirigé par Rupert Wyatt en 2011, a pris tout le monde par surprise. Intervenant 10 ans après le remake mal-aimé de Tim Burton et 38 ans après la sortie de La Bataille de la Planète des Singes, de J. Lee Thompson, ce film a ainsi permis à la saga de redémarrer, tout en restant connectée avec le chef-d’œuvre de Franklin Schaffner avec Charlton Heston pour raconter les événements ayant conduit à la domination des singes sur les humains.

Deux suites plus tard, toutes les deux dirigées par Matt Reeves, la franchise avait atteint ses objectifs : narrer l’histoire de César, le prophète du peuple des singes, relancer avec succès une saga culte et imposer de nouveaux standards en matière d’effets visuels. Alors quel était l’intérêt, autre que pécunier, de repartir sur un autre long-métrage ? Surtout avec le mec de la trilogie Le Labyrinthe aux commandes… Pourtant… Oui pourtant, car La Planète des Singes : le Nouveau Royaume est une vraie bonne surprise.

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La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume. Tous droits réservés : 20th Century Studios.

Nouveau départ

Les scénaristes ont tout d’abord eu la bonne idée de ne pas écrire un reboot mais bel et bien une suite. Le Nouveau Royaume commence d’ailleurs avec un petit récap de la trilogie précédente et reste profondément ancré dans l’univers qui a vu le singe César monter en puissance pour s’imposer comme l’équivalent de Moïse pour l’espèce désormais dominante. Ces mêmes scénaristes, qui, de concert avec Wes Ball, le réalisateur, ont aussi fait le choix de ne pas produire une suite directe. C’est ainsi que Le Nouveau Royaume débute plusieurs générations après la mort de César. Pas de personnages en commun avec les épisodes précédents mais plusieurs évocations et c’est très bien comme ça.

Astucieusement, Le Nouveau Royaume sonne donc avant tout comme une suite mais aussi, quelque-part, comme un reboot, sans adopter les facilités les plus opportunistes du concept même de reboot. Noa, le nouveau héros, doit retrouver sa famille. Il ne connaît pas César, a juste vaguement entendu parler de lui, mais va se confronter lui aussi à une menace qui pourrait bien mettre en péril l’équilibre fragile d’un monde en pleine reconstruction.

Métaphore simiesque

Le Nouveau Royaume prend son temps pour poser les bases de son récit mais ne tarde pas à creuser avec autant de ferveur que ses prédécesseurs les thématiques phares de la franchise. Gardiens d’un monde qu’ils refaçonnent, les singes sont pourtant bientôt déchirés par des conflits sanglants, comme les humains avant eux, alors que les humains justement, sont devenus rares, impuissants et à n’en pas douter sujets à quelques craintes. Noa devant justement collaborer avec une humaine pour non seulement sauver les siens mais aussi découvrir que les humains ne sont pas si faibles que ce que l’on a pu lui raconter et peut-être même animés de désirs qui pourraient ne pas être compatibles avec l’idée chère à César d’une cohabitation pacifique entre les deux espèces cousines.

Il est donc indéniable que Le Nouveau Royaume possède un vrai fond. Un fond et une âme. Contrairement à bien des blockbusters modernes, le film a bénéficié d’une écriture minutieuse afin de conférer une authentique épaisseur à des personnages attachants, complexes et ainsi fascinants. Des personnages qui savent de plus évoluer pour incarner les valeurs et les thématiques de l’histoire, toujours en lien avec la trilogie précédente mais aussi tournée vers l’avenir.

Monkey park

Incarné, émouvant, rejetant les blagues moisies qui parasitent trop souvent les films de ce calibre, malin et doté de plusieurs niveaux de lecture, La Planète des Singes : le Nouveau Royaume impressionne également d’un point de vue technique. Wes Ball se révèle carrément quand il s’agit de filmer les personnages, lui qui nous gratifie, dès le début, de séquences grandioses, pleines de souffle et de cœur, au sein de paysages spectaculaires.

Parfaitement au point, la performance capture, qui permet donc à des acteurs équipés de capteurs, de jouer les personnages singes, autorise un spectacle permanent. Loin des récents ratés inexplicables (compte tenu des budgets) du MCU, Le Nouveau Royaume fait preuve d’une flamboyance de tous les instants. En plan large ou en gros plan, dans l’action ou lors de scènes plus introspectives, les singes sont criants de vérité, troublants même, alors que l’histoire donne à Wes Ball l’opportunité de prouver contre toute attente qu’il sait tout autant se montrer capable quand il faut filmer du grand spectacle que des échanges plus posés. Ball qui nous livre même des séquences clairement virtuoses quand le récit le permet. Car au fond, ici, et c’est toujours ainsi que cela devrait se passer, c’est l’histoire qui dicte sa loi.

Kong returns

La Planète des Singes : le Nouveau Royaume, qui pour rappel est tout de même le 10ème film de la franchise, n’aurait pu être qu’une suite vaine et inutile. En réalité, c’est tout l’inverse. Sans renier ses origines, le film va de l’avant en permanence, tente des choses, mixes les genres, avec par exemple une excellente et exaltante partie infiltration, s’autorisant quelques concepts philosophiques et beaucoup de poésie, pour au final pleinement sublimer sa condition de blockbuster. Autant dire qu’on attend la suite avec beaucoup d’impatience…

En Bref…

La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume est probablement l’une des plus belles surprises de l’année cinéma 2024. Un film sombre et poétique, tantôt contemplatif tantôt virevoltant, qui en plus de rester connecté avec les valeurs de la saga initiée en 1968, tente des choses, va de l’avant et n’oublie jamais de raconter une histoire solide avec des personnages pleins de relief.

@ Gilles Rolland

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La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume poster. Tous droits réservés : 20th Century Studios.
Par Gilles Rolland le 10 mai 2024

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