[Critique] L’ÂGE DE GLACE 4 : LA DÉRIVE DES CONTINENTS

CRITIQUES | 27 juin 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Ice Age : Continental Drift

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateurs : Steve Martino & Mike Thurmeier
Distribution voix : en V.F. : Vincent Cassel, Elie Semoun, Gérard Lanvin, Christophe Dechavanne / En V.O. : Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Jennifer Lopez, Nicki Minaj, Seann William Scott, Queen Latifah, Nick Frost, Alain Chabat, Peter Dinklage…
Genre : Animation/Comédie/Aventure/Saga
Date de sortie : 27 juin 2012

Le Pitch :
Alors qu’il pourchasse inlassablement son gland, Scrat cause accidentellement la dérive des continents. Les conséquences sont terribles, notamment pour Sid, Manny et Diego, qui vont être entrainés dans une incroyable aventure sur les flots…

La Critique :
C’est toujours le même refrain. Certes, la redondance n’est pas rare de nos jours, mais quand même. Les mecs derrière L’Âge de Glace 4 nous resservent la même tambouille. Toujours à des kilomètres des meilleurs Pixar ou d’un Happy Feet et de leurs multiples niveaux de lectures passionnants, L’Âge de Glace 4 y va pépère et ressort les mêmes ficelles.

Les fans de Scrat, le petit rongeur, seront toujours à la fête, tout comme les enfants qui apprécieront. Normal, le film a été fabriqué pour eux. Pour revenir à Scrat, il faut bien avouer que ça devient un peu gavant. On peut dire tout ce que l’on veut à son propos. Il est mignon, il est facétieux, rigolo, obstiné, irrésistible, mais il est aussi un peu lourdingue. Non pas que ses séquences, égrainées au fil de l’intrigue principale ne soient pas drôles, mais à force, ça sent un peu le sapin. De plus, si vous avez vu tous les spots promos, vous avez tout vu ou presque. Scrat est l’un des arguments les plus puissants du film et les producteurs ont tout misé sur lui, quitte à plomber la surprise de la découverte en ce qui concerne quasiment toutes ses apparitions. Bref, ce n’est pas grave pourrait-on se dire car il y a aussi Sid, Manny et Diego. Du côté de ces derniers, ce n’est guère mieux. Le long-métrage est en pilotage automatique du début à la fin, se contentant de recycler les éléments qui ont contribué à bâtir la réputation de la franchise. Seuls les nouveaux personnages apportent un peu de sang neuf à la sauce, qui reste fadasse. La grand-mère de Sid en premier lieu assez irrésistible par moments et l’équipe des pirates, si tant est que l’on apprécie ce genre de trucs…

Visuellement, difficile de s’extasier. Le travail est honnête et parfois plutôt impressionnant, mais là encore rien ne semble évoluer. Vu ce que nous sort la concurrence, L’Âge de Glace 4 fait office d’outsider à la traine. Pour peu que l’on ne goûte pas au look des personnages, c’est le pompon. Heureusement, la réalisation est assez dynamique, ce qui rattrape un peu le coup. Le plaisir de retrouver malgré tout ces sympathiques personnages aide aussi pas mal. Au fond, ce quatrième opus n’est pas le pire des quatre. La palme revient au numéro 2 (et celle du meilleur au premier bien sûr).

L’Âge de Glace 4 tire donc un peu sur la corde. Ça sent le réchauffé sur la banquise et la fonte des glaces a salement plombé nos héros. À réserver aux inconditionnels, le film de Martino et de Thurmeier reste mineur, même si on se doit de souligner les quelques belles séquences spectaculaires, dont celle qui voit le nid douillet de nos protagonistes éclater en morceaux et se répandre dans l’océan. Pour autant, difficile de rester éveiller sur la longueur. Et puis franchement, c’est quoi ces mammouths ados tout bonnement insupportables, qui nous refont un remake des séries estampillées AB Productions ? L’amitié c’est super on est d’accord avec vous les gars, mais il doit y avoir de meilleures façons de faire passer le message non ? Là, non seulement c’est téléphoné, mais en plus ça ne passe pas du tout. Heureusement que le canard boiteux de l’équipe, celui qui est rejeté à cause de sa différence (le bien nommé Louis, une espèce de marmotte hérisson) a une bonne tronche, sinon il n’y aurait vraiment rien à sauver. Le propos est à côté de la plaque et paraît gravement daté. Périmé avant l’heure, superficiel, hors sujet… Vous avez compris.

La film navigue ainsi entre les héros historiques de la saga (Sid et compagnie) et les amis de ces derniers, restés sur le continent. D’un côté, l’aventure qui sauve le film du naufrage, avec des pirates, de l’amour, de belles leçons de vie à destination des petites têtes blondes et des retournements de situations prévisibles, et de l’autre un mix entre amours ados et prises de conscience inhérentes à l’importance d’être tolérant. Entre les deux, il y a Scrat. Et Scrat reste Scrat. Si vous en redemandez, allez-y vite. Au mieux, vous passerez un bon moment et au pire vous pourrez toujours profiter de la clim de votre cinéma, même si 10€ semble être un prix un poil élevé pour 1h30 de sieste au frais.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Blue Sky Studios

Par Gilles Rolland le 27 juin 2012

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