[Critique] LE STRATÈGE

CRITIQUES | 22 janvier 2012 | 1 commentaire

Titre original : Moneyball

Rating: ★★★★☆
Origines : États-Unis
Réalisateur : Bennett Miller
Distribution : Brad Pitt, Jonah Hill, Philip Seymour Hoffman, Robin Wright…
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 16 novembre 2011

Le Pitch :
Ancien joueur de base-ball professionnel, Billy Beane est désormais manager général pour l’équipe d’Oakland. Confronté à la situation difficile de son équipe qui enfile les défaites, Billy décide de faire appel à Peter Brand, un jeune économiste prodige diplômé de Yale. Ensemble, ils décident d’appliquer des théories statistiques pour embaucher des joueurs laissés de côté par les grandes équipes… Histoire vraie.

La Critique :
Le base-ball intéresse autant les français que le curling. Personne ou presque ne connait les règles et tout le monde s’en balance. Aux États-Unis par contre, le base-ball est un sport vedette où les joueurs, à l’instar des cadors de la NBA, sont de véritables stars vénérées. En tout logique, les films traitant du sujet, qui étrangement mettent souvent en scène Kevin Costner (Duo à Trois, Jusqu’au bout du rêve, Pour l’Amour du Jeu), se plantent chez nous et rapportent des fortunes (pas dans tous les cas mais presque), outre-Atlantique. Aucune raison donc que Le Stratège viennent bouleverser la donne et fasse un home-run au pays des ballons ronds et ovales.
Et bien c’est un tort. Ne pas se décider à aller voir Le Stratège pour la simple et bonne raison que son sujet principal est le base-ball est une mauvaise raison. Car si on voit quelques types taper des balles avec une batte dans le film de Bennett Miller, là n’est pas le principal. L’essence du film, le principal,l se trouve ailleurs. Dans le personnage de Brad Pitt, figure héroïque classique, qui passe sont temps à nager à contre-courant, uniquement soutenu par un jeune diplômé maladroit (Jonah Hill), avec qui il va mettre en place un système inédit dans l’espoir de gagner les championnat. Dans l’écriture aussi, remarquable, ciselée, passionnante et in fine à la base de joutes verbales savoureuses, souvent drôles et toujours justes. Une partition brillante résultant du travail du prodige Aaron Sorkin (A la Maison Blanche, The Social Network…) et de Steven Zaillian (American Gangster…). Ensemble, les deux scénaristes arrivent à captiver l’attention sur la longueur, et offrent au film un supplément d’âme. Et le sport devient alors la toile de fond du portrait d’un homme tenace, fragile, marqué au fer rouge par la défaite, qui ne baisse pas pour autant la garde. Et là on pourrait se dire que tout ceci sent la success story à l’américaine à plein nez. Le genre d’histoire où un type que tout le monde donne perdant arrive à se hisser au sommet… Mais non. Voyez plutôt Le Stratège comme une version plus mature et posée de L’Enfer du Dimanche. Sans le bruit et la fureur ni le montage rock and roll. Une version néanmoins mordante, illustrée à hauteur d’homme, habitée et touchante. Un joli tour de force dont le dernier plan perdure longtemps après la fin du générique.

@ Gilles Rolland

 

 

Par Gilles Rolland le 22 janvier 2012

Déposer un commentaire

S’abonner
Notifier de
guest
1 Commentaire
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
trackback

[…] fort & Incroyablement près La Couleur des Sentiments Hugo Cabret Midnight in Paris Le Stratège The Tree of Life Cheval de […]