[Critique] LE TRANSPORTEUR HÉRITAGE

CRITIQUES | 9 septembre 2015 | Aucun commentaire
Le-Transporteur-Héritage-poster

Titre original : The Transporter Refueled

Rating: ★☆☆☆☆
Origines : France/Chine
Réalisateur : Camille Delamarre
Distribution : Ed Skrein, Ray Stevenson, Loan Chabanol, Gabriella Wright, Radivoje Bukvic, Lenn Kudrjawizki, Noémie Lenoir…
Genre : Action/Suite
Date de sortie : 9 septembre 2015

Le Pitch :
Frank Martin, un ex-mercenaire des forces spéciales, reconverti dans le transport de marchandises sensibles, mène sa vie avec la même rigueur que ses affaires. Quand son père vient lui rendre visite sur la Côte d’Azur, Frank se retrouve malgré lui au centre d’une vendetta impitoyable, aux côtés de quatre femmes fatales aux intentions troubles. La mission qui s’impose alors au Transporteur va l’obliger à chambouler ses habitudes…

La Critique :
Si il a débuté sous la houlette de son pote Guy Ritchie, Jason Statham a vite tapé dans l’œil de Luc Besson qui lui offert la rôle de Frank Martin, alias le Transporteur. Un film qui a connu 2 suites et qui s’est imposé comme l’un des filons les plus rentables d’Europa Corp, la boite du réalisateur de Leon et du Grand Bleu. Pourtant, Statham n’a pas souhaité rempiler pour un quatrième opus. On le comprend. Raison invoquée : hors de question de signer pour 3 autres longs-métrages sans droit de regard sur les scripts et sans pouvoir obtenir une augmentation substantielle. Besson ayant lancé entre temps la série, il n’éprouva aucune difficulté quant au fait de lui trouver un remplaçant.
C’est ainsi qu’Ed Skrein est entré dans le costard tiré à quatre épingles du chauffeur bourrin après avoir soit disant laissé tomber son rôle dans Game of Thrones (celui de Daario Naharis, qui fut attribué à Michiel Huisman). Un acteur certainement méritant, mais qui n’a vraiment pas les épaules assez larges pour remplacer au pied levé le Stath’.
Car ne nous voilons pas la face. Les Transporteur ont toujours surtout brillé par leur bêtise crasse, typique des productions Besson. Sans Statham, les trois premiers volets n’ont aucun intérêt, car lui seul arrivait, de par sa présence, sa capacité à habiter son rôle et ses compétences physiques, à sauver les mubles. Désormais hors jeu, il laisse une coquille vide. En comparaison, son remplaçant apparaît donc rapidement aussi intense qu’un plat de nouilles au beurre, tandis que son jeu, monolithique, et son physique pas assez imposant (à tout point de vue), n’arrivent pas à sauver ce qu’il y a à sauver, c’est à dire tout.

Le-Transporteur-Ed-Skrein

Le Transporteur Héritage (titre qui ne veut rien dire au regard du scénario) cumule tout ce qu’on peut reprocher aux pires scripts de Luc Besson. Dans le désordre, on trouve donc un mec surpuissant quasi-invincible, des prostituées par dizaine, des Audi, des méchants russes, des poursuites en bagnoles, des flics français bien débiles et des blagues pas drôles. Complètement à la ramasse, l’histoire, qui est quand même le résultat du travail de trois types (Besson et deux autres scribouillards), ne raconte rien d’un tant soit peu stimulant et au final, le long-métrage se résume à une enfilade toute naze de clichés vus dans toutes les productions que Besson a projeté dans les multiplexes ces dernières années. Derrière la caméra, la marionnette du patron d’Europa Corp, Camille Delamarre, confirme, après l’atroce Brick Mansions, qu’il ne sait pas filmer l’action, plus à l’aise quand son objectif se place à hauteur de culs pour filmer les formes généreuses de mannequins, dont la seule présence suffit à ramener la condition de la femme au cinéma 40 ans en arrière. Noémie Lenoir, malgré ses tentatives (vaines) de faire exister son personnage, est plus proche de la plante verte que du bras droit du méchant qu’elle est censée incarner, et finit donc de confirmer le caractère ultra-machiste de ce film de gros beaufs.
Les ralentis ridicules s’enchaînent, pour noyer le poisson et essayer de nous faire oublier que ce qui se passe n’a aucun intérêt, les combats sont mal chorégraphiés, les acteurs, pas du tout dirigés, sont en roue libre, et les dialogues ne font que prouver le je-m’en-foutisme flagrant de toute l’entreprise. Mention spéciale au personnage campé par Ray Stevenson, qui remplace plus ou moins celui qu’incarnait François Berléand dans les trois premiers volets, et dont les interventions sont presque toutes pathétiques au possible.

Plus proche d’une longue et douloureuse pub pour Audi et Apple, que d’un film de cinéma, Le Transporteur Héritage est nul. Tout simplement. Il nous rappelle (même si personne n’avait oublié), que Luc Besson continue de se foutre royalement de la gueule de son public, à qui il fourgue toujours le même film, en changeant juste le titre et les acteurs. Les fondamentaux sont là : la police française est tournée en ridicule, les actrices incarnent toutes des prostituées, on se tape sur la tronche et une Audi noire envoie d’autre caisses dans le décors lors de cascades même pas soignées.
À vrai dire, ce n’était déjà pas folichon avant, mais depuis quelques temps, et ce nouveau Transporteur en est bien la preuve, les productions bas de gamme Europa Corp, ne cherchent même plus à faire illusion en soignant un peu la forme. Tout ou presque craint un maximum. C’est laid, mal fichu, con comme tout, et parfaitement crétin. On peut en rire, mais c’est très loin de suffire.
Jason Statham n’a pas pris que de bonnes décisions concernant sa carrière, mais celle qui l’a poussé à laisser de côté le Transporteur est probablement l’une ce celles dont il peut le plus se féliciter. Sans lui, la franchise n’a pas tardé à caler. Ne vous y trompez pas : ce qu’on veut nous faire passer pour une belle cylindrée au puissant moteur, n’est en fait qu’un vieux tacot qui perd de l’huile et qui pue l’essence, et qu’on a maquillé à la va-vite. Le genre de truc qui aurait plus sa place à la casse.

@ Gilles Rolland

 Le-Transporteur-HéritageCrédits photos : EuropaCorp Distribution

 

Par Gilles Rolland le 9 septembre 2015

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