[Critique] LES GARDIENS DE LA GALAXIE

CRITIQUES | 13 août 2014 | Aucun commentaire
Les-Gardiens-de-la-Galaxy-affiche-France

Titre original : Guardians Of The Galaxy

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : James Gunn
Distribution : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Lee Pace, Bradley Cooper, Vin Diesel, Benicio Del Toro, Karen Gillan, Glenn Close, John C. Reilly, Michael Rooker, Djimon Hounsou…
Genre : Science-Fiction/Action/Aventure/Fantastique/Adaptation
Date de sortie : 13 août 2014

Le Pitch :
Peter Quill, un aventurier fantasque, entre en possession d’un mystérieux globe, convoité par le puissant Ronan, qui compte bien s’en servir pour mener à bien ses noirs desseins. Des projets mettant en péril l’univers tout entier. Traqué, Quill conclut alors une alliance improbable avec quatre personnages hétéroclites, pour, dans un premier temps, revendre l’objet afin de se partager une somme rondelette. C’est alors presque fortuitement que ceux que l’on ne va tarder à surnommer les Gardiens de la Galaxy vont embrasser leur destin, unir leur force, et ainsi faire honneur au nom de leur équipe…

La Critique :
Bienvenue chez les Gardiens ! Couleurs criardes, y-compris sur le visage des personnages, tubes rétro, raton-laveur et arbre qui causent, vaisseaux spatiaux, méchants burinés et croisements improbables sont au programme de la nouvelle adaptation des studios Marvel.
Les Gardiens de la Galaxie déboulent et rien ou presque n’a préparé le public non familiarisé avec les comics, au spectacle concocté par James Gunn.
Mieux vaut savoir où on met les pieds avant d’aller ses frotter à ses drôles de créatures. Les Gardiens sont des héros d’un autre genre. Du moins pour la plupart d’entre eux. Ce ne sont pas des super stars et ils ne vivent pas sur notre bonne vieille Terre. Eux, ils évoluent dans l’espace. Sur des planètes peuplées de monstres à la tronche en biais et dans les bas-fonds de la société alien. Ce sont des tricards. De gentils dégénérés un peu têtes brûlées.
Quoi de plus normal donc que ce soit James Gunn qui ait écopé de la réalisation et de l’écriture de ce pari un peu plus burné que d’habitude de Marvel. Gunn qui a été formé chez Troma, soit la patrie du gore craspec et dégoulinant, ayant notamment enfanté ce cher Toxic Avenger. Un autre Avenger tiens ! Un mec avec une serpillère, carrément radioactif et plus enclin aux furieuses décapitations qu’aux blagues à la Tony Stark. Certes il ne reste à première vue plus grand chose de Troméo et Juliette (la première livraison de Gunn pour Troma) dans Les Gardiens. Pourtant, un certain souffle de liberté a réussi à se frayer un chemin à travers les exigences imposées par Kevin Feige, le boss de Marvel. Une légèreté salutaire également, ainsi qu’une propension à maîtriser le « n’importe quoi » pour au final arriver à imposer une vision atypique, à défaut d’être véritablement unique.

Si Les Gardiens de la Galaxie est sans aucun doute le film plus « original » des studios Marvel (et n’ayons pas peur des mots, l’un des meilleurs), il n’en demeure pas moins un produit calibré selon le cahier des charges de Kevin Feige. L’audace est avant tout visuelle et sonore. Dans le fond, le long-métrage adopte des codes beaucoup plus connus. C’est ainsi que nos anti-héros à contre-courant, présentés comme des renégats allergiques à l’autorité et habitués à bosser seuls, vont devenir une équipe soudée, pour finalement effacer le « anti » devant « héros ». Pas véritablement introduits dans les précédentes productions Marvel (mis à part via la scène post générique de Thor 2), les protagonistes du métrage s’inscrivent dans une tradition populaire et sont moins rugueux que ce que l’on veut bien nous faire croire. Cela empêche-t-il le plaisir de les voir évoluer dans un univers aussi vaste qu’impressionnant ? Pas le moins du monde.
Il faut avant tout savoir ce que l’on va voir. Oui, Les Gardiens de la Galaxie est un film Marvel et oui, James Gunn a quand même réussi à affirmer une patte borderline sur certains détails cruciaux. Suffisamment pour conférer à son œuvre une personnalité attachante.

Le cinéaste a donc tenu à faire les choses en grand. Vu qu’il est aussi au scénario, son film est cohérent avec lui même et avec son univers. Porté sur la comédie, le réalisateur de Super ou du tordant Horribilis injecte de sa verve décalée à des personnages qui appelaient justement la dérision. Et vu qu’il n’y aucune grosse star dans l’équipe des Gardiens, chacun peut briller à sa façon sans se faire écraser par les autres. C’est valable pour Star Lord, tout comme pour Rocket le raton laveur, Gamora, l’alien sexy, Groot, l’arbre cousin des Eths de Tolkien, et Drax, la brute philosophe. Des héros bariolés campés avec un second degré salutaire par des acteurs vraiment investis (Chris Pratt explose, Zoe Saldana est dangereusement attractive, et Dave Bautista trouve son premier vrai grand rôle). Et c’est aussi valable pour Bradley Cooper, qui prête sa voix au génial Rocket. Bien développés, tout aussi bien écrits, les personnages arrivent à exister avec suffisamment de consistance pour que l’on s’attache et pour provoquer l’empathie. Qu’ils soient de chair et sang ou tout en images de synthèse d’ailleurs. Ce qui n’est pas forcement le cas de ceux qui gravitent autour (Benicio Del Toro et Glenn Close sont là en touristes), mais ce n’est pas si grave compte tenu de ce qui explose à l’écran.

Premier volet d’une saga dans la saga, Les Gardiens dans la Galaxie renoue avec le space opera à l’ancienne. En l’état, avec ses monstres de foire, son humour bon enfant et la grande diversité de décors qu’il présente, sans parler des affrontements galactiques homériques, le film se rapproche des premiers Star Wars. Sans en égaler la puissance et la force rhétorique bien sûr, mais néanmoins assez pour déclencher de belles bouffées de nostalgie chez les amateurs de ce genre de joyeusetés spatiales. Surtout si on considère le parfum 80’s qui émane de ce cirque devant lequel il est aisé de laisser tomber ses défenses.
Le kitsch est aussi très important. Il est partout. Il fait office de liant en renforçant une cohérence quasi-miraculeuse compte tenu du projet. Des éléments pris à droite et à gauche sont assemblés les uns aux autres et ça fonctionne. Les échanges de tirs entre les vaisseaux se font au son des Runaways, le spectacle est grandiose, parfaitement orchestré, et la photographie particulièrement lumineuse.
Inspiré, Les Gardiens de la Galaxie l’est donc avant tout quand il exploite à fond le potentiel graphique de son univers on ne peut plus riche. Dans les airs ou au sol durant les bastons là aussi superbement chorégraphiées.

Tout est dans le timing et dans le dosage. Les vannes arrivent au bon moment et elles sont drôles. Idem pour les affrontements. Mis côte à côte, les nombreux éléments qui font des Gardiens ce qu’ils sont, proposent au public un cocktail souvent jubilatoire, parcouru de quelques morceaux de bravoure n’ayant rien à envier au précédentes livraisons Marvel les plus abouties. Le divertissement est total et fédérateur. James Gunn n’a pas vendu son âme. Il est là, aux commandes d’un bâtiment de guerre monumental, conscient de sa condition. Il a pris du recul et a dompté la bête, sans faire trop de compromis.
Réengagé pour mettre en scène la suite, James Gunn est désormais dans la place. Gageons qu’il saura alors nous proposer une aventure plus riche en enjeux. Ce qui fait défaut à ce premier volet en forme de brillante introduction à quelque chose qui on l’espère, sera doté d’un scénario plus ambitieux. Mais là est le travers de la quasi totalité des premiers volets de la monumentale saga Marvel…

Reste une belle et grande surprise. Un film funky, décomplexé, toujours fun, abouti, visuellement enthousiasmant et parfois carrément impertinent.

@ Gilles Rolland

Les-Gardiens-de-la-Galaxy-castCrédits photos : The Walt Disney Company France

 

Par Gilles Rolland le 13 août 2014

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