[CRITIQUE] LES GUETTEURS

CRITIQUES | 13 juin 2024 | Aucun commentaire
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Titre original : The Watchers

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisatrice : Ishana Night Shyamalan

Distribution : Dakota Fanning, Georgina Campbell, Olwen Fouéré, Siobhan Hewlett…

Genre : Horreur/Épouvante/Adaptation

Durée : 1h42

Date de sortie : 12 juin 2024

Le Pitch :

Mina, une jeune Américaine installée à Galway en Irlande, doit traverser une partie du pays dans le cadre de son travail. Son GPS l’emmène au cœur d’une forêt sombre où elle tombe en panne. Elle ne tarde pas alors à trouver une étrange maison où vivent trois personnes. Prisonnières, ces dernières lui expliquent qu’il est non seulement impossible de sortir de cette forêt mais que cette dernière est peuplée de créatures cauchemardesques…

La Critique de The Watchers :

Adaptation du roman The Watchers d’A.M. Shine, The Watchers est le premier film en tant que réalisatrice d’Ishana Night Shyamalan, la fille de M. Night Shyamalan, ici crédité en tant que producteur. La fille qui a d’ailleurs adapté studieusement la recette de son paternel pour nous gratifier d’un film d’épouvante à l’ancienne qui, sans être déshonorant, cumule un peu toutes les tares de la première œuvre…

La maison d’architecte dans les bois

Le postulat des Guetteurs est plutôt sympathique et prometteur. Une jeune femme un peu mystérieuse, qui survole sa propre existence à cause d’un grave traumatisme passé, devient la cible de créatures non moins mystérieuses dans une forêt d’Irlande. Un film qui débute donc dans les rues pittoresques de Galway avant de se terminer dans une forêt certes un peu flippante mais néanmoins plutôt commune. Un premier détail regrettable tant la réalisatrice, si ce n’est au fil de quelques jolis plans aériens, n’exploite jamais vraiment les spécificités des paysages à sa disposition.

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Les Guetteurs. Tous droits réservés : Warner Bros./New Line Cinema/Blinding Edge Pictures/Inimitable Pictures

Par la suite, Ishana Night Shyamalan fait comme papa et pose beaucoup de questions, alors que Dakota Fanning atterrit dans une maison paumée dans les bois avec des monstres tout autour qui viennent la mater tous les soirs. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Dakota peut-elle faire confiance aux autres locataires de la maison ? Pourquoi ont-il l’électricité ? Qui paye la taxe d’habitation ? Les Guetteurs répond à toutes ces questions (peut-être pas à la dernière) mais pas de manière aussi convaincante qu’espérée. Et même si Ishana n’a pas inventé l’histoire, vu qu’elle a adapté un roman, le traitement qu’elle fait de cette dernière dénote d’une certaine maladresse.

Monstres mateurs

Si la mise en place est donc plutôt intrigante, la suite l’est beaucoup moins. Très vite, Les Guetteurs se pose. Beaucoup trop pour son propre bien. Quelques séquences commencent à faire poindre la chair de poule mais rapidement, la réalisatrice se retranche vers des clichés qui plombent l’ambiance et éloignent toute perspective de peur viscérale. Du moins jusqu’à au fameux twist, prévisible et lui aussi très maladroit, qui survient après une séquence plutôt bancale.

Difficile de ne pas regretter que Les Guetteurs s’attarde alors sur des points qui n’en méritaient pas tant alors qu’il en néglige d’autres beaucoup plus intéressants. Les créatures par exemple, paraissent très convaincantes mais malheureusement, on ne les voit pas assez. Les personnages quant à eux, ne sont pas vraiment creusés. Y compris le plus important, celui de Dakota Fanning donc, qui fait office de clichés sur pattes avec son trauma à gérer et sa façon un peu curieuse de régler les situations.

Dans les bois, personne ne vous entend crier

Marqué par des choix un peu bizarres, qui flirtent parfois avec le ridicule (coucou le perroquet), Les Guetteurs manque aussi d’équilibre. Très proche des films de M. Night Shyamalan (et pas les meilleurs), il cherche aussi un peu à se raccrocher aux codes du genre elevated horror tout en entretenant un côté vintage plutôt agréable. Malheureusement, la rythmique patine aussi un peu.

Trop lent au début, il monte dans les tours à la fin pour bâcler son dénouement qui intervient donc après un incontournable twist un peu douteux. Comme si la réalisatrice avait été sommée d’en finir au plus vite, quitte à sacrifier une partie des enjeux. Ce qui est d’autant plus regrettable tant le film, en exploitant un certain folklore irlandais, aurait pu proposer un spectacle plus viscéral et plus flippant. Ce qu’il n’est jamais vraiment.

En Bref…

Premier film typique, avec ses maladresses, ses défauts mais aussi sa sincérité, Les Guetteurs tente bien d’exploiter le folklore irlandais mais peine à convaincre. Très inégal et flirtant parfois avec le ridicule, il comporte néanmoins quelques belles scènes, peut compter sur une jolie photographie et sait intriguer durablement, même si le dénouement n’est pas vraiment à la hauteur.

@ Gilles Rolland

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Dakota face à Fanning dans Les Guetteurs. Tous droits réservés : Warner Bros./New Line Cinema/Blinding Edge Pictures/Inimitable Pictures
Par Gilles Rolland le 13 juin 2024

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