[Critique] MALIGNANT

CRITIQUES | 3 septembre 2021 | Aucun commentaire
Malignant-poster

Titre original : Malignant

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : James Wan

Distribution : Annabelle Wallis, Jake Abel, George Young, Jacqueline McKenzie, Mckenna Grace, Maddie Hasson…

Genre : Horreur/Épouvante/Fantastique

Durée : 1h51

Date de sortie : 1er septembre 2021

Le Pitch :

Une jeune femme commence à avoir des visions dans lesquelles elle assiste à d’horribles meurtres commis par un sombre personnage auquel il se pourrait bien qu’elle soit liée…

La Critique de Malignant :

Avec Malignant, James Wan, qui revient donc à l’horreur après avoir mis en scène la première aventure solo d’Aquaman, voulait faire un truc nouveau et totalement fou. Un petit film d’horreur vite fait bien fait, tourné avec un budget raisonnable et pas du tout relié à l’univers de Conjuring ou un truc du genre. Et c’est ainsi que son cerveau en ébullition a engendré Malignant, soit le nanar ultime ! Un trip totalement cintré, qui va plus loin que tout ce que Wan a fait depuis ses débuts. Un futur cas d’école ? Un film culte en devenir ? Tout ceci est très probable…

Film Malignant

Conjuring + Insidious

Malignant commence dans un hôpital. Un patient a visiblement pété une durite et se met à massacrer tout le personnel. On passe rapidement à autre chose après un générique un peu craspec et on se retrouve aux côtés d’Annabelle Wallis, enceinte, aux prises avec un mari violent. Et puis, comme le montre la bande-annonce, à un moment donné, très vite, au bout d’un quart-d’heure peut-être, une sorte de fantôme commence à faire des siennes. À vrai dire, Malignant part d’emblée dans tous les sens et rien ne semble indiquer que le mec aux commandes sait ce qu’il fait… Cela dit, le pire, ou le meilleur, c’est selon, reste à venir.

Vous reprendrez bien un peu de giallo ?

Il est aussi question d’un tueur de série hyper brutal. Le mec, quand il passe à l’action, Annabelle Wallis a des visions. À chaque fois c’est pareil. Le meurtrier fait une boucherie et une vieille reprise moisie du Where is my mind ? des Pixies retentit à fond les ballons. La musique d’ailleurs semble en permanence aux fraises, entre les grandes envolées classiques à la Hitchcock et des partitions plus modernes, typées 80’s ou, encore une fois, un truc du genre. Pendant ce temps justement, Wan s’amuse à faire son Sir Alfred et multiplie les plans un peu biscornus.

À l’écran, le résultat a une certaine gueule mais au bout d’un moment, au fur à mesure qu’il lâche la bride et passe les vitesses, la réalisation de Wan se fait de plus en plus bordélique. Comme quand il fait du pied aux maîtres du giallo… On peut comprendre que lui aussi ait été influencé par Argento et compagnie, mais dans ce contexte, ça fait tout de même bizarre. Les scènes gore, très gore même, vont aussi dans ce sens. Car Malignant est très graphique. Trop pour son propre bien d’ailleurs, si tant est que cela signifie quelque chose.

Le Pacte des ténèbres

Hyper froutraque, Malignant passe néanmoins à la vitesse supérieure dans sa dernière partie. Difficile d’en dire plus sans spoiler mais imaginez ce que pourrait donner un film situé à la croisée des chemins d’Insidious, du Pacte des Loups et d’un concert de Michael Jackson et vous aurez peut-être une petite idée. Son tueur évoquant tout autant le King of Pop qu’une version shootée à la cocaïne de Mark Dacascos qui aurait trop regardé les Yamakasis. Oui c’est compliqué mais que voulez-vous.. Malignant est un film compliqué. Une œuvre tour à tour baroque et foutraque, bordélique et sauvage, libre et débile… Tout ça à la fois. Et le plus beau, c’est que c’est furieusement drôle.

Et le scénario ? Quel scénario ? Si si, le scénario est là et bien là et enchaîne les inepties jusqu’à franchir la fameuse limite. Vous savez, cette ligne jaune à partir de laquelle un film devient tellement nul qu’il cesse d’ennuyer ou d’énerver pour totalement fasciner. Et encore, difficile de dire que Malignant est vraiment mauvais. Même si les vannes foireuses de certains personnages, les dialogues bas du front ou crétins (on se croirait parfois dans une télé-novelas) et la direction d’acteurs en roue libre vont dans ce sens. Mais au fond, même les nombreux travers contribuent à faire de Malignant un truc presque unique en son genre. Un film déconstruit, décousu et bourrin, qui se prend trop au sérieux mais qui, en même temps, force l’admiration dans ses excès et sa faculté à recycler de vieilles recettes pour totalement les pervertir.

Désireux de s’affranchir, le temps d’un projet peut-être plus personnel, des grosses machines de studios, James Wan a donné naissance à un film monstrueux. Malignant rappelle plein de choses mais finit par ne ressembler qu’à lui même. Un film au sein duquel Annabelle Wallis fait ce qu’elle peut pour garder la tête hors de l’eau. Malgré tout ce que le scenario la force à dire et à faire, elle est là, et assure, y compris quand ça part méchamment en sucette. Car vous pouvez le croire, quand Malignant dérape, il dérape vraiment !

En Bref…

Ultime nanar ou trip totalement frappadingue et extrême habité d’une liberté salvatrice ? Difficile à dire même si plein de choses incitent à opter pour la première option. Quoi qu’il en soit, Malignant est loin, très loin du sérieux d’un Conjuring ou d’un Dead Silence. Brutal, hardcore, clivant et drôle, à bien des niveaux, il pousse tous les compteurs dans le rouge, jusqu’au bout, ne recule jamais devant la bêtise ou l’excès, se prend le mur un nombre incalculable de fois mais finit toujours par se relever. Forcément, en ces temps de disette cinématographique où tous les projets ont tendance à se ressembler et à se distinguer par leur frilosité, ça fait quand même du bien. Et puis c’est toujours beaucoup plus intéressant que La Nonne, La Malédiction de la Dame Blanche, Conjuring et compagnie…

@ Gilles Rolland

Malignant
Crédits photos : Warner Bros. France
Par Gilles Rolland le 3 septembre 2021

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