[Critique] MISS SLOANE

CRITIQUES | 27 mars 2017 | Aucun commentaire
Miss-Sloane-poster

Titre original : Miss Sloane

Rating: ★★★☆☆
Origines : États-Unis/France
Réalisateur : John Madden
Distribution : Jessica Chastain, Mark Strong, Sam Waterston, Gugu Mbatha-Raw, Alison Pill, John Lithgow, Jake Lacy, Michael Stuhlbarg…
Genre : Drame
Date de sortie : 8 mars 2017

Le Pitch :
Lobbyiste aussi réputée que crainte, Liz Sloane opère dans les coulisses du pouvoir à Washington DC, armée d’un instinct qui ne lui a jamais fait défaut. Approchée par un important cabinet afin de contrer les agissements du lobby des armes, la jeune femme va se confronter à l’affaire la plus épineuse de sa carrière. Au risque d’y sacrifier beaucoup plus qu’elle ne le pensait…

La Critique de Miss Sloane :

Réalisateur de Shakespeare In Love, l’un des lauréats aux Oscar les plus décriés, John Madden change radicalement de registre après son diptyque Indian Palace et vient se frotter au monde impitoyable des lobbys, chatouillant du même coup l’un des points les plus sensibles de la Constitution Américaine, à savoir le droit de posséder une arme à feu et de s’en servir si les circonstances l’exigent.

Miss-Sloane-Jessica-Chastain

Nager avec les requins

John Madden ne pouvait guère rêver mieux que Jessica Chastain pour tenir le rôle principal de son film. Capable de faire souffler le chaud et le froid avec la même intensité, toujours pertinente, ô combien charismatique et belle à tomber, l’actrice fait une parfaite Miss Sloane. La comédienne qui parvient en plus à donner un écho à la puissance que dégage son personnage, et à en retranscrire aussi les fêlures, de plus en plus visibles, au-delà du masque impassible faisant office de redoutable arme. Jessica Chastain est clairement la principale bonne raison de donner une chance au long-métrage. Elle le porte tout du long, en incarne le propos et ne cesse de relever la saveur à la base un peu fade d’un scénario beaucoup trop bavard.
Car Miss Sloane parle beaucoup. Il parle et raconte des trucs pas toujours simples, mettant du même coup en évidence la difficulté de rendre passionnantes et surtout accessibles des choses qui, de prime abord, ne le sont pas forcément. De ce point de vue-là, le film échoue à rendre son propos limpide et on finit immanquablement par se moquer des subtilités pour ne s’attacher qu’à ce qui concerne directement l’héroïne. Car au fond, il n’y a qu’elle qui compte. C’est dommage mais ce n’est déjà pas si mal.

House of Cards

Si ils abordent des sujets assez différents (quoi que, il est dans les deux cas question de prendre le pouvoir dans un milieu infesté de crapules), la série House Of Cards et Miss Sloane partagent plusieurs points communs. Le personnage principal est prêt à tout, presque seul contre tous et le récit s’inscrit dans une actualité brûlante. Le problème, comme souligné plus haut, c’est que contrairement à la série avec Kevin Spacey, Miss Sloane ne parvient pas à faire prendre une sauce bien lourde à digérer. Trop d’informations viennent parasiter une histoire finalement assez basique, qui en plus, se termine par un bon vieux twist des familles, qui si il n’est pas désagréable du tout, finit de mettre en évidence les failles d’un scénario beaucoup moins malin que véritablement roublard. Et pas toujours dans le bon sens, cela va de soi.

Académisme camouflé

John Madden, réalisateur plutôt académique, tente avec Miss Sloane ne se la jouer plus insaisissable, mais n’y parvient que partiellement. Sa mise en scène, somme toute classique, fait écho au scénario et à la tendance générale du film, qui tourne beaucoup autour du pot pour essayer de simuler une complexité un peu surfaite. Cela dit, on peut aussi choisir d’y voir une tentative de dénoncer certains travers. Miss Sloane s’attaque à quelque chose de grand, de plus ou moins malsain et de tentaculaire. La question méritait assurément un film écrit par ailleurs par un ancien avocat. Un scénariste débutant qui sait de quoi il parle mais qui échoue parfois à faire preuve d’universalité dans son discours et surtout de clarté. Les idées sont confuses et il n’est pas interdit de se paumer en chemin. Non pas parce que c’est trop compliqué, car comme dit plus haut, ça ne l’est pas vraiment, mais plutôt parce que tout ceci apparaît certes exalté, mais un peu brouillon aussi. Belle tentative donc, mais résultat un peu en demi-teinte.

En Bref…
Thriller ambitieux si il en est, Miss Sloane se perd un peu en conjonctures. Le spectacle n’est pas désagréable et parfois plutôt prenant, mais force est de reconnaître que sans Jessica Chastain, tout ceci n’aurait pas non plus un intérêt démentiel.

@ Gilles Rolland

Miss-Sloane  Crédits photos : EuropaCorp

Par Gilles Rolland le 27 mars 2017

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