[CRITIQUE] MONKEY MAN

CRITIQUES | 22 avril 2024 | Aucun commentaire
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Titre original : Monkey Man

Rating: ★★★★☆

Origines : États-Unis/Canada/Singapour/Inde

Réalisateur : Dev Patel

Distribution : Dev Patel, Pitobash Tripathy, Vipin Sharma, Ashwini Kalsekar, Sharlto Copley, Vijay Kumar, Adithi Kalkunte…

Genre : Action/Drame

Durée : 2 heures

Date de sortie : 17 avril 2024

Le Pitch :

Un jeune homme de Bombay cherche à tout prix à venger sa mère. Subsistant au jour le jour en participant à des combats truqués, il voit se présenter l’occasion d’approcher celui qu’il cherche à atteindre depuis des années…

La Critique de Monkey Man :

Premier film en tant que réalisateur de Dev Patel, un acteur découvert dans la série Skins, en même temps que Kaya Scodelario et Nicholas Hoult, Monkey Man a été vendu dans le monde comme le nouveau John Wick. Un film de baston, pour les amateurs de bastons, avec de la sueur, du sang, des larmes et des chorégraphies brutales au sein duquel un type en bousille plusieurs autres pour se venger. Le truc, et c’est une bonne nouvelle, c’est que Monkey Man n’est pas un énième John Wick

Monnaie de singe

Monkey Man cite John Wick assez rapidement. Le héros, incarné par Dev Patel, présent devant et derrière la caméra, cherche un flingue et un gars lui propose le même que John Wick. Une manière de se débarrasser d’une affiliation qui, on s’en rend compte très vite, n’a rien de vraiment pertinent.

Pour autant, dans Monkey Man aussi, ça tape fort. La différence finalement, c’est que Dev Patel, qui a imaginé toute l’histoire tout en participant à l’écriture du scénario, cherche tout aussi rapidement, à conférer un authentique fond à son histoire de vengeance. À tel point que si les affrontements peuvent, de loin, évoquer ceux de Keanu Reeves dans la saga John Wick, le récit lui, fait office de version hardcore et sauvage de Slumdog Millionaire.

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Monkey Man. Sobhita Dhulipala. Tous droits réservés : Universal Pictures.

Dev Patel ayant aussi eu l’excellente idée d’inclure dans son script des références appuyées à l’hindouisme. Principalement quand il convoque Hanuman, un héros mi-homme mi-singe auquel le personnage de Patel renvoie indubitablement.

Bastons des bas-fonds

Dans les rues de Bombay, l’homme incarné par Dev Patel, qui ici fait à nouveau preuve d’une incroyable intensité matinée d’une vulnérabilité qui rend son héros plus « humain » que John Wick (oui encore lui) et donc plus attachant, cherche à atteindre le responsable du meurtre de sa mère. Prêt à tout, y compris à totalement s’oublier dans la bataille, sans penser aux répercutions de ses actes, il frappe, reçoit des coups, risque sa vie et se construit progressivement une puissance qui pourrait bien faire la différence. Encore une fois, sur cet aspect, Monkey Man gagne ses gallons, en s’attachant au cheminement de son protagoniste central, tout en prenant le temps de lui conférer une vraie profondeur.

Ainsi, non seulement on comprend ses motivations mais on ressent aussi sa rage et sa douleur. En empruntant certains des codes du film d’outsider, où généralement, un type qui ne paye pas de mine parvient à s’élever, Dev Patel tisse une toile aux multiples implications, sans jamais cesser d’ancrer son récit dans une mythologie pleine de respect. Et si Monkey Man n’est pas foncièrement original, force est de lui reconnaître une identité à part. Patel essaye des choses, patine parfois un peu en cours de route mais finit toujours par se relever jusqu’à se rendre « coupable » d’authentiques morceaux de bravoure.

Premier coup de maître

Pour un premier film, Monkey Man traduit une impressionnante maîtrise de la grammaire cinématographique. Ayant su s’entourer de solides techniciens, Dev Patel a pu traduire à l’écran la souffrance et la farouche volonté de son héros en plongeant ce dernier dans une atmosphère tangible, où les couleurs expriment tour à tour l’urgence, la douleur ou la renaissance. Parfois contemplatif, souvent percutant, brutal et violent, Monkey Man fait donc aussi office de bel accomplissement technique. Y compris bien sûr durant les combats, lisibles et inventifs, qui ne se contentent pas de singer la concurrence pour essayer et expérimenter en permanence.

En Bref…

Premier essai et premier coup de maître pour Dev Patel qui signe avec ce Monkey Man un excellent film d’action. Un film plutôt original et audacieux, plein de cœur et de rage, qui se paye en plus le luxe de posséder une âme.

@ Gilles Rolland

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Monkey Man. Tous droits réservés : Universal Pictures.
Par Gilles Rolland le 22 avril 2024

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