[Critique] NOBODY

CRITIQUES | 3 juin 2021 | Aucun commentaire
Nobody-affiche

Titre original : Nobody

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Ilia Naïchouller

Distribution : Bob Odenkirk, Connie Nielsen, Christopher Lloyd, RZA, Alexeï Serebriakov, Michael Ironside…

Genre : Action

Durée : 1h32

Date de sortie : 2 juin 2021

Le Pitch :

Hutch Mansell est un homme comme les autres. Un père de famille banal et sans histoire. Néanmoins, quand deux cambrioleurs s’introduisent chez lui et menacent les siens, quelque chose de profondément enfoui se réveille chez Hutch. Étant parvenu à se maîtriser face à ses agresseurs, il ne tarde pas à réveiller la bête qui sommeille en lui et laisse s’exprimer la sauvagerie pour laquelle il était jadis craint…

La Critique de Nobody :

Les films d’action ont considérablement évolué depuis les années 80. Un genre aux multiples visages qui, ces dernières années, a connu un rebond notable notamment sous l’impulsion de la saga John Wick. Et c’est justement le réalisateur du premier volet, David Leitch que l’on retrouve à la production de Nobody, dont le scénario est également écrit par Derek Kolstad, soit le scribe derrière les aventures bourrines du héros interprété à l’écran par Keanu Reeves. Pas étonnant dans ces conditions que Nobody rappelle, de par son concept et son déroulement, la fameuse trilogie.

Hardcore Odenkirk

Remarqué avec son inventif mais épuisant Hardcore Henry, le réalisateur russe Ilia Naïchouller revient au charbon avec Nobody. Un film qui attire d’emblée l’attention grâce à l’implication de Bob Odenkirk. Pas forcément l’acteur auquel on penserait pour tenir les rennes d’un pur film d’action. Mais c’est justement l’idée… Transformer un type ordinaire en véritable machine à tuer. Car s’il était plutôt prévisible de voir quelqu’un comme Keanu Reeves maîtriser l’art délicat du bourre-pif, c’est déjà plus inattendu de la part de celui que l’on connaît davantage pour ses plaidoyers enflammés et autres arnaques inspirées dans les séries Breaking Bad et Better Call Saul. Et c’est justement cette (bonne) idée qui permet à Nodoby de s’imposer, voire de surpasser John Wick

Nobody-Bob-Odenkirk

Better Call Hutch

Le scénario de Nobody s’impose un peu comment le croisement de John Wick et A History of Violence de David Cronenberg : comme dans le premier, un événement plutôt insolite (pour ne pas dire tiré par les cheveux) enclenche un déferlement de violence et comme dans le second, le héros tente par tous les moyens de ne pas faire revenir sur le devant de la scène l’assassin virtuose qui sommeil en lui. Au final, Nobody est bien sûr beaucoup moins fin et viscéral que le Cronenberg mais au moins aussi jubilatoire et brutal que John Wick. Une sorte de film d’action entre modernité et tendances old school dont le seul objectif est d’envoyer du bois pendant 1h30 s’en s’embarrasser de détails superflus.

Kill, Kill, Kill

Dans le premier rôle, complètement investi, affûté comme jamais, Bob Odenkirk s’impose comme l’atout principal de Nobody. Un acteur qui passe du coq à l’âne avec une facilité déconcertante, catapulté cogneur en chef, à la tête d’une histoire ultra basique qui le voit s’opposer à une organisation criminelle russe après une sorte d’enchaînement de situations pas spécialement crédibles mais pertinentes au vue de la tonalité du film. Si Wick prenait les armes à la suite du meurtre de son chien, Hutch lui, retourne à l’état sauvage quand il croit que les cambrioleurs qu’il a sagement laissé partir de chez lui ont dérobé le bracelet préféré de sa fille. Oui c’est un peu con mais encore une fois, c’est cohérent. Car jamais Nodoby ne se prend au sérieux.

Sans fioritures

Court et efficace, Nobody va directement à l’essentiel. C’est assez rare pour le souligner. À la réalisation, enfin canalisé, Ilia Naïchouller ne répète pas les mêmes erreurs que pour Hardcore Henry et met sa maestria technique au service de bastons bien jouissives et barbares dans lesquelles son acteur principal utilise tout autant ses mains, que des armes blanches ou de bons gros flingues. Ilia Naïchouller qui parvient à rendre justice à l’investissement de Bob Odenkirk et des autres acteurs, RZA et Christopher Lloyd en tête, tous les deux particulièrement en forme.

Donc, oui, les bastons sont super bien chorégraphiées et lisibles et au fond c’est le plus important tant ici, c’est l’action qui prime. De la méchante baston dans le bus à l’affrontement final, qu’on croirait tiré d’une bonne vieille série B des 80’s, Nobody réussit le principal. Même le méchant, un véritable cliché sur pattes, cadre parfaitement avec le décors.

Ajoutez à cela un montage inspiré, une bande-originale aux petits oignons et une jolie photographie et vous tenez l’un des meilleurs films d’action vus ces dernières années.

En Bref…

Porté par l’hallucinant Bob Odenkirk, ici parfaitement à son aise dans les pompes d’un mec auquel on ne la fait pas à l’envers, Nobody s’avère aussi simpliste et parfois bas de plafond dans son déroulé qu’efficace, brutal et inspiré dans sa mise en image. Au point même de surpasser John Wick grâce à son personnage un peu décalé et pour le coup plus attachant.

@ Gilles Rolland

Nobody-cast
Crédits photos : Universal Pictures France
Par Gilles Rolland le 3 juin 2021

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