[Critique] PIRATES DES CARAÏBES : LA VENGEANCE DE SALAZAR

CRITIQUES | 24 mai 2017 | 1 commentaire
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Titre original : Pirates Of The Caribbean : Dead Men Tell No Tales

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateurs : Joachim Rønning, Espen Sandberg
Distribution : Johnny Depp, Javier Bardem, Kaya Scodelario, Brenton Thwaites, Geoffrey Rush, Orlando Bloom, Kevin McNally, Golshifteh Farahani, Stephen Graham, David Wenham, Keira Knightley, Adam Brown…
Genre : Aventure/Fantastique/Suite/Sage
Date de sortie : 24 mai 2017

Le Pitch :
La légende de Jack Sparrow n’est plus ce qu’elle était. Alors que certains le croient mort, lui ne cesse de multiplier les larcins, se mettant peu à peu à dos ses derniers amis. Lorsque sa route croise celle de Carina, une jeune femme à la recherche d’un secret bien gardé et celle du jeune Henry, qui pour sa part, cherche à rompre la malédiction qui pèse sur son père, le fameux Will Turner, les choses prennent une tournure pour le moins inattendue. Surtout que sur les flots, le redoutable Salazar, un marin maudit avide de vengeance, attend de régler son compte à Sparrow, aidé par son équipage de morts-vivants. Qui parviendra à mettre en premier la main sur le Trident de Poséidon, dont le pouvoir permet de prendre le contrôle des océans ? La course est lancée…

La Critique de Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar :

Débarqué pour une raison x ou y, Rob Marshall, le réalisateur du catastrophique mais très rentable Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence, a laissé la place à Joachim Rønning et Espen Sandberg, qui se sont notamment fait connaître il y a de cela plusieurs années, avec le western un peu à la ramasse mais plutôt divertissant Bandidas, où Salma Hayek et Penélope Cruz jouaient les Calamity Jane dans le Grand Ouest. Bref, pas de quoi sauter au plafond. Pour autant, on peut comprendre que Disney ait voulu embaucher de relatifs inconnus pour avoir une totale main mise sur un blockbuster tout de même chiffré à plus de 300 millions de dollars. Ce qui est énorme. Même à Hollywood…

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Tourner la page

Pour nous prouver que Pirates des Caraïbes : la Vengeance de Salazar est un film très cher, la production a tenu à introduire pour la cinquième fois son héros, Jack Sparrow, en y mettant les formes. Une entrée en matière très spectaculaire, parfaitement dans le ton de la saga et cohérente avec les caractéristiques d’un personnage qu’on est certes contents de retrouver, même si ne tarde pas à poindre l’impression qu’il a fait son temps. Une impression déjà au centre du volet précédent. On peut le voir faire tout et n’importe quoi, apprécier son look et son charisme et néanmoins penser que Johnny Depp devrait tourner la page, comme Disney d’ailleurs. Ce cinquième volet n’ayant vraiment à offrir que de grosses scènes d’action. Le minimum syndical pour un long-métrage à 300 millions de dollars.

Monkey Island

Pirates des Caraïbes 5 met le paquet pour nous en donner pour notre argent mais reste toujours à la surface des choses. Moins crétin que le précédent, c’est déjà ça, ce nouveau volet n’a rien de vraiment palpitant à raconter et passe deux heures à courir après son histoire, rebondissant dans des directions qui ne le mènent que vers des voies de garage. La mécanique est toujours la même mais au bout de cinq films, les ficelles ne sont plus des ficelles, ce sont de bonnes grosses cordes fatiguées qui menacent de rompre à tout moment. Le film évolue en équilibre entre l’outrance la plus totale et une bouffonnerie qu’il vient tutoyer plusieurs fois sans pour autant, il faut lui reconnaître ça, s’y abandonner totalement. Entre l’éternelle quête d’un Jack Sparrow qui roupille peinard sur ses acquis et faisant le singe savant, soit ce que le public attend de lui, sans se remettre en question, la pseudo histoire d’amour pas vraiment crédible ou encore la vengeance de Salazar, qui donne son sous-titre au long-métrage, qui brille avant tout par son manque de substance, rien ne permet au spectacle de se démarquer sur le fond, face à ces prédécesseurs ou même au tout-venant des productions à gros budgets actuelles. Au final, Pirates des Caraïbes 5 n’a rien à raconter de neuf. Tout est rangé dans des cases bien confortables et les surprises se font rares. Le show n’a rien d’affligeant mais rien de vraiment enthousiasmant non plus.

Une saga en cale-sèche

Au rayon des bonnes choses, il faut souligner la qualité des effets-spéciaux, et tant pis si la 3D, affreuse, vient assombrir le tableau. Les morts-vivants du capitaine Salazar en particulier, sont de toute beauté, tout comme les paysages et plus globalement la production design. Mais encore une fois, c’est le minimum syndical. Quelques séquences, comme celle de l’exécution, se détachent du lot et témoignent de la maîtrise d’un duo de réalisateurs qui malgré l’indigence d’un script feignant, parvient à tirer son épingle du jeu. Beaucoup plus en tout cas que Rob Marshall sur La Fontaine de Jouvence, de loin le pire volet de la saga. Johnny Depp lui, en fait des tonnes, devenant une caricature du Jack Sparrow des débuts. Amusant et irritant. Brenton Thwaites est bien mignon mais manque cruellement de charisme. Javier Bardem pour sa part, s’amuse comme un fou. Son plaisir à incarner une nouvelle fois un méchant, a quelque chose de communicatif, mais le manque de profondeur de son personnage lui interdit également de livrer autre chose qu’un numéro amusant. Pareil pour Geoffrey Rush, un autre pilier de la série des Pirates des Caraïbes, à l’aise dans un rôle calibré. Finalement, seule Kaya Scodelario arrive à vraiment créer la surprise. Il faut dire que son personnage est l’un des plus travaillés. La comédienne anglaise, découverte dans la série Skins, trouve la bonne tonalité. Belle et intrépide, elle ne s’en laisse pas compter et fait des étincelles. Tout le contraire des vétérans de retour pour cachetonner, Orlando Bloom et Keira Knightley. Un come-back attendu qui se solde par deux pauvres séquences plus risibles qu’autre chose, qui tombent comme un cheveu sur la soupe, étouffant dans l’œuf une émotion qui ne perce pas vraiment malgré des tentatives de toute façon pas vraiment convaincantes.

Coup d’épée dans l’eau

Écrit en pilotage automatique, Pirates des Caraïbes 5 fait le minimum. Quand certaines sagas cherchent au moins à prendre leurs spectateurs à revers, celle-ci continue jusqu’à l’épuisement, sans assombrir son propre, sans chercher à évoluer ou même sans témoigner d’un désir de renouveler ne serait-ce qu’un tant soit peu sa recette. En somme, on se retrouve aujourd’hui devant un film amusant certes, à l’image du caméo de Paul McCartney, mais très superficiel. À la limite de l’anecdotique, Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar ressemble à un roller coaster dont nous connaîtrions tous les rouages. La moindre bosse, le plus petit virage. Le genre qu’on a fait des centaines de fois et qui, après tout ces années, continue de tourner, mais commence à sérieusement lasser. Normal quand on cause d’une saga à la base inspirée d’une attraction Disney non ?

En Bref…
Plus réussi, moins crétin et visuellement plus flamboyant que le précédent volet, ce Pirates des Caraïbes 5 n’est pas non plus ce qu’on peut appeler un grand film. Poussif, feignant, il repose sur du vent. Sur une histoire totalement dénuée d’originalité et sur des numéros d’acteurs certes bien rodés, mais aussi plutôt fatigués, si on fait exception de l’investissement de Kaya Scodelario, dont la seule présence apporte un peu de fraîcheur dont le show manque tant.
Pour résumer, tout ceci manque cruellement de saveur. Il faudrait peut-être penser à raccrocher non ?

@ Gilles Rolland

Pirates-des-caraibes-5-kaya-scodelario-Depp  Crédits photos : The Walt Disney Company France

Par Gilles Rolland le 24 mai 2017

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