[CRITIQUE] RAVAGE
Titre original : Havoc
Rating: 




Origines : États-Unis/Royaume-Uni
Réalisateur : Gareth Evans
Distribution : Tom Hardy, Forest Whitaker, Timothy Olyphant, Justin Cornwell, Jessie Mei Li, Yeo Yann Yann, Luis Guzmán…
Genre : Action/Thriller
Durée : 1h47
Date de sortie : 25 avril 2025 (Netflix)
Le Pitch :
Un policier à l’ancienne, plus ou moins corrompu, est embauché par un influent homme politique dont le fils est devenu la cible d’une triade. Sa mission : retrouver et sauver le rejeton avant que celui-ci se fasse dessouder…
La Critique de Ravage :
Gareth Evans a tourné Ravage en 2021 mais dût procéder à quelques modifications en 2024 afin de contenter les costards-cravates de Netflix. Enfin en ligne sur la plate-forme au N rouge, le film divise méchamment. D’un côté des fans crient au chef-d’œuvre et de l’autre certains spectateurs s’indignent. Personnellement, je me situe à mi-chemin…
Le retour du bourrin virtuose
Remarqué avec Merantau en 2009, acclamé avec The Raid en 2011, Gareth Evans est devenu pour certain le sauveur du cinéma d’action.
Artisan d’une recette plutôt corsée en ketchup, Evans n’a pas vraiment changé son fusil d’épaule pour Ravage et a donc à nouveau poussé tous les potards dans le rouge sang. Tout ça pour nous vendre une sombre histoire de flic pourri en quête de rédemption dans une ville de cauchemar peuplé d’immondes raclures.
Trop c’est trop
Finalement, Ravage se situe un peu à la croisée des chemins de The Raid 2 et de Gangs of London, la série qu’Evans a emballée en 2020. Du polar bien bourrin qui tâche. En première ligne, Tom Hardy délaisse enfin les habits de Venom et retrouve des couleurs. Pas exploité à sa juste valeur, le comédien anglais parvient néanmoins à saisir le truc. Après tout, Evan ne lui demande qu’une chose : froncer les sourcils et foncer dans le tas. Je n’ai rien contre les trucs violents et brutaux qui ne sont que violents et brutaux. Bien au contraire. Le problème ici, c’est qu’Evan en fait des caisses. Comme avec The Raid 2, qui partage avec Ravage un côté résolument indigeste.

Sang sur la ville
Tom Hardy se frotte à des méchants pour sauver le fils d’un politicien pourri jusqu’à l’os, incarné ici par Forest Whitaker. Ses opposants, Evans les réduit littéralement à des poches à sang. Tu leur tires dessus et ils explosent. Très gore, Ravage en fait donc vite des tonnes. Dès sa scène d’introduction d’ailleurs, qui en plus d’être étrangement laide car farcie à raz la gueule de CGI mal finis, reste difficilement lisible. De quoi donner le ton d’un film qui offre certes un maximum d’action mais qui finit par écœurer et… c’est plus gênant… ennuyer.
Dans le mur
Écrit avec les pieds, Ravage s’enfonce au fil des minutes dans des clichés mal digérés. Avec son anti-héros à la John McClane, ses méchants unilatéraux et ses seconds rôles dont on se fout au bout de 15 minutes, le film n’a ainsi pas grand chose à offrir si ce n’est une scène plutôt bien emballée (mais trop longue) dans un night club et une conclusion ultra sauvage, où on réalise qu’Evans doit penser que nous nous trimbalons tous avec une réserve de 30 litres de sang dans le corps. Les mecs se font tirer dessus, entament alors des chorégraphies d’un autre âge, les dialogues sont aussi plats que le jeu de Timothy Olyphant (pourtant doué) et la tension dramatique s’avère au mieux inexistante, au pire ridicule.
Un virtuose en péril
En d’autres termes, Gareth Evans commet avec Ravage les mêmes fautes qu’avec The Raid 2 : Il échoue à instaurer un véritable équilibre et compte visiblement trop sur une action omniprésente et finalement insipide pour combler un trop plein de défauts scénaristiques et techniques. Pas spécialement beau, trop long pour son propre bien, creux et vain, Ravage a certes quelques belles cartes dans sa manche, mais cela ne suffit pas.
En Bref…
Bien lourdingue, bourrin jusqu’à l’overdose car creux et vain, Ravage contient heureusement quelques bastons bien emballées et se distingue par une énergie qui peut inciter à l’indulgence.
@ Gilles Rolland

