[Critique] RESIDENT EVIL : CHAPITRE FINAL

CRITIQUES | 26 janvier 2017 | Aucun commentaire
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Titre original : Resident Evil : The Final Chapter

Rating: ★★☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Distribution : Milla Jovovich, Iain Glen, Ali Larter, Shawn Roberts, Ruby Rose, Eoin Macken, Fraser James, William Levy…
Genre : Action/Fantastique/Horreur/Adaptation/Suite
Date de sortie : 25 janvier 2017

Le Pitch :
Seule survivante de la bataille de Washington D.C., Alice émerge des décombres et apprend qu’un antidote à l’épidémie qui a décimé 7 milliards d’êtres humains est disponible à l’endroit même où tout a commencé : le Hive à Rancoon City. Elle décide donc de s’y rendre afin d’affronter et de tuer une bonne fois pour toute les dirigeants de l’organisation qui a précipité l’apocalypse…

La Critique de Resident Evil : Chapitre Final :

Sixième volet de la saga inspirée (de loin) de la série de jeux-vidéos de Capcom, Resident Evil : Chapitre Final sort 5 ans après le précédent et déjà bien moisi Retribution. L’occasion pour Paul W.S. Anderson, le papa de cette franchise qui a instauré depuis 2002 de nouveaux standards en matière de médiocrité, de revenir à la maison. Au scénario et à la mise en scène, il est partout et filme amoureusement Milla Jovovich, le pilier inébranlable de toute l’entreprise. Le résultat ? Et bien, c’est précisément ce qu’on craignait…

Resident-Evil-Final-Chapter-Milla

Alice au pays des zombies

Il était une fois une nana hyper badass qui pouvait dévisser la tête d’un mec trois fois plus balèze pour ensuite s’en servir pour tabasser 15 zombies simultanément. Prénommée Alice, cette fille pas comme les autres en a salement chié pour arriver là où elle est. Des morts-vivants, elle en a buté un paquet. Des monstres aussi, tant qu’à faire. Car le virus responsable de la transformation des milliers d’êtres humains en bouffeurs de cervelle les changent aussi en créatures difformes. Sinon, il faut bien avouer que ça serait moins drôle. Même les chiens y ont droit. Bref, c’est vraiment le gros bordel. Surtout maintenant que Washington D.C et la majorité des villes du globe ont été réduites en cendres et qu’il ne reste que trois pelés et un tondu pour aller péter la gueule à celui qui a causé tous ces malheurs à savoir ce bon vieux Dr. Isaacs, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Jorah Mormont de Game Of Thrones.
Il était donc une fois Leeloo et Mormont. Deux ennemis pour le meilleur, pour le pire et un peu pour le rire aussi, lancés dans une bataille sauvage… Voilà pour le topo.

The Running Dead

Histoire de boucler la boucle, Anderson a décidé de ne pas trop se compliquer l’existence. Comment clôturer ce joyeux bazar ? En fonçant dans le tas bien sûr ! Et le jeu-vidéo ? Et bien, on s’en est balancé jusqu’à maintenant alors pas de raison de venir raccrocher les wagons. On dit qu’il existe un antidote au virus et on envoie Alice le chercher. Point.
Le truc, c’est qu’il faut bien que le film dure un minimum de temps, histoire de ne pas encourager les spectateurs à demander le remboursement de leur place. Alors du coup, on met plein d’obstacles sur la ligne droite qu’emprunte l’héroïne pour rallier Rancoon City. Des trucs avec des ailes, des hommes sortis d’on ne sait où, des chiens vraiment très laids, des zombies et des soldats. L’occasion pour le réalisateur, qui a vraiment opté pour la simplicité, de continuer sur sa lancée et de piétiner toute forme de logique. Alors oui ça va vite et c’est déjà pas mal, mais qu’est ce que c’est con ! Vous n’avez pas idée à quel point ! Anderson s’éclate à filmer son épouse en train de se battre et de sauter pour éviter le souffle d’explosions en images de synthèse mais globalement, il faut bien reconnaître que rien n’a vraiment de sens.
Les personnages secondaires pour commencer, sont tous soit parfaitement crétins, soit très beaufs, soit transparents. Peu d’alternatives sont disponibles alors autant en faire des caisses, à l’image de Iain Glen (Jorah Mormont donc), qui en plus, se multiplie pour le plus grand plaisir de ses fans. Ali Larter aussi passe une tête, elle qui était déjà dans deux Resident Evil, mais si elle n’était pas là, cela ne changerait rien. À vrai dire, seuls deux personnages comptent vraiment. Alice et le toubib. Les autres ne sont là que pour se faire tuer ou pour faire joli. On en revient à Leeloo et Mormont.

Resident Evil Dead

En roue libre, Iain Glen tombe rapidement dans le ridicule. Il faut dire pour sa défense, que la direction d’acteur est aux fraises. Tout ce qui intéresse Anderson, c’est Milla et Milla justement, est là seule qui semble motivée. C’est le rôle de sa vie. Et tant pis si on est en droit de penser qu’elle aurait mieux fait de s’en détacher avant de s’y enfermer, elle qui nous a déjà prouvé qu’elle valait mieux. Mais au fond, elle a l’air de s’amuser. Physiquement en forme, plutôt charismatique, elle porte le film sur ses épaules et fait le maximum pour faire exister son personnage. Dommage que ce dernier, à l’instar du long-métrage dans son ensemble, ait été écrit avec un je-m’en-foutisme flagrant, sous couvert d’une volonté de soit-disant offrir une conclusion digne d’intérêt. C’est un peu raté mais on peut prendre les choses avec beaucoup d’humour. Croire que tout ceci est animé d’un joli second degré. Ce qui est faux bien sûr mais ça aide quand il s’agit d’assister à un show frénétique, souvent bordélique et illisible, qui serait foutu de provoquer des crises d’épilepsie chez ceux qui, à la base, ne sont pas épileptiques.
Pour la subtilité, on repassera. Anderson est tellement pressé, qu’il saborde le travail des décorateurs ou des techniciens des effets-spéciaux, dont certaines créatures ont pourtant l’air cool. Certaines seulement parce que même si Anderson nous gratifie d’un découpage à la serpe, on en voit assez pour deviner que le film est surtout un gros ramassis d’images de synthèse semble-t-il sorties d’un PC d’occasion tournant sous Windows 95.

Mais au fond, Resident Evil : Chapitre Final, ce bon gros best-of indigeste qui nous ressort les meilleurs moments des 5 films précédents, est logique. Ni pire ni meilleur, il s’assume peut-être un peu plus comme le gros délire mal dégrossi et débile à souhait qu’il est. Il n’est pas interdit d’y trouver son compte mais au fond, le show est trop insipide. Trop mal monté et vraiment trop brouillon. On devine derrière cette bouffonnerie un petit foutage de gueule. Au bout d’un moment, ça ne prend plus et on a juste envie que les lumières se rallument pour enfin pouvoir rentrer à la maison regarder un vrai film de zombies. Tout n’est donc pas à jeter mais mieux vaut savoir où on met les pieds…

En Bref…
Ce nouveau Resident Evil prétend condenser en 1h47 tout ce qui a fait le succès de la saga, toujours animé de ce manque de respect flagrant pour les excellents jeux-vidéo, auxquels les producteurs ont juste piqué le titre et quelques personnages. C’est bruyant, filmé n’importe comment, écrit avec les pieds et parfois assez moche. Mais il y a Milla qui y croit et quelques scènes qui surnagent. Les fans devraient y trouver leur compte. Pour les autres, une seule chose compte : c’est le dernier. Cette fois, ils nous l’ont promis, c’est fini !

@ Gilles Rolland

Resident-Evil-Final-Chapter-cast   Crédits photos : Metropolitan Filmexport

 

Par Gilles Rolland le 26 janvier 2017

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