[Critique] SANS UN BRUIT 2

CRITIQUES | 17 juin 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : A Quiet Place : Part II

Rating: ★★★★½

Origine : États-Unis

Réalisateur : John Krasinski

Distribution : Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe, Cillian Murphy, Djimon Hounsou, John Krasinski…

Genre : Horreur/Épouvante

Durée : 1h37

Date de sortie : 16 juin 2021

Le Pitch :

Après leur affrontement avec les créatures dans leur ferme, Evelyn Abbott et ses enfants décident de partir pour tenter de trouver d’autres survivants…

La Critique de Sans un bruit 2 :

Enfin sur les écrans après de multiples reports dus à la crise sanitaire, Sans un bruit 2 reprend exactement là où le premier s’arrêtait, à savoir à la fin du combat contre les bestioles à l’ouïe fine. Une suite toujours réalisée par John Krasinski, avec Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe et quelques petits nouveaux dont le principal, Cillian Murphy…

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À pas de loup…

Si le premier épisode adoptait les codes de ce genre de film et jouait, du moins dans sa première partie, sur une certaine économie de moyens et donc d’effets, en ne dévoilant pas tout de suite les créatures, la suite elle, y va franchement dès le début. Investi et visiblement très soucieux de ne pas décevoir son public après l’énorme succès de son premier essai derrière la caméra, John Kransiski a ainsi parfaitement compris qu’une suite devait se justifier. Et tant qu’à faire sans trop tarder. Le fait de débuter celle-ci en opérant un flash-back pour nous conter les origines de l’attaque des monstres est donc très malin.

Une introduction qui permet de retrouver la famille Aboott avant que le cauchemar ne commence, dans une insouciance rapidement mise à mal par l’arrivée de ces abominations attirées par le moindre bruit. Une entrée en matière d’une redoutable efficacité, à la fois sauvage et superbement réalisée (à base de petits plans séquences aussi virtuoses que pertinents) qui donne le ton. Rarement ces dernières années un film n’a su, en seulement quelques minutes, nous clouer à notre fauteuil avec autant de force que Sans un bruit 2.

Horreur feutrée

Par la suite, Krasinski tient bon la barre et justifie sans cesse sa démarche en étendant son univers sans pour autant totalement renoncer au huis-clos. La grosse différence étant qu’ici, les monstres sont visibles et bien vindicatifs dès le début. Les attaques s’avèrent super impressionnantes, soulignées par de très beaux effets spéciaux et la rythmique nous tient en haleine tout du long. Sans un bruit 2 fait donc régulièrement sursauter, ce qui est plutôt rare de nos jours, sans avoir recours à des effets trop opportunistes. L’horreur est plus frontale et la tonalité, teintée d’espoir, reste aussi plus mélancolique. De quoi instaurer une atmosphère propice à l’émergence d’une belle émotion, jamais sacrifiée sur l’autel du grand spectacle.

Monster Bash

Car à nouveau John Krasinski est aux commandes du scénario, son récit se tient du début à la fin. Oh bien sûr il y a quelques raccourcis, comme cette histoire de message codé à la radio (pourquoi codé au juste vu que les bestioles ne comprennent rien de toute façon ?) mais on saisit aussi que c’est pour la bonne cause. Dans une acceptation totale des codes, le réalisateur/scénariste fait son possible pour les mettre au service de son histoire, qui se déroule sans aucun temps mort, au fil d’une montée en puissance remarquablement calibrée, qui trouve son point culminant dans une scène pour le moins excellente et chargée en émotion.

Grâce la sensibilité et à l’humanité, dénuée du moindre cynisme, qu’il met dans son écriture, Krasinski ne perd pas de vue ses personnages, leurs craintes, leurs espoirs et leur force. Les acteurs sont ici particulièrement bien servis : Emily Blunt est à nouveau parfaite en mère courage, Noah Jupe confirme qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération, Cillian Murphy livre une performance super intense et Millicent Simmonds s’impose à nouveau comme la révélation ! La jeune comédienne se posant comme le véritable moteur du film, elle dont le seul regard, déterminé mais souvent empreint de tristesse, suffit à mettre en exergue cette émotion qui petit à petit, se fraye un chemin, à pas feutrés. Sans cette émotion, Sans un bruit 2 aurait déjà été un pur film d’horreur, tendu, efficace et visuellement très convainquant, sincère vis à vis de ses intentions et de son public. Avec cette émotion et cette humanité, il devient autre chose et parvient à se hisser au-dessus de son prédécesseur.

En Bref…

S’il était légitime de se méfier de cette suite, programmée après le succès du premier volet, elle s’avère au final supérieure. Pour son caractère frontal, son côté très impressionnant, sa rythmique impitoyable et sa nervosité, mais aussi pour cette émotion qui au fond, fait toute la différence. Chapeau Jim Halpert !

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Paramount Pictures
Par Gilles Rolland le 17 juin 2021

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