[Critique] SISU : DE l’OR ET DU SANG

CRITIQUES | 26 juin 2023 | Aucun commentaire
Sisu poster

Titre original : Sisu

Rating: ★★★½☆

Origines : Finlande/États-Unis

Réalisateur : Jalmari Helander

Distribution : Jorma Tommila, Aksel Hennie, Jack Doolan, Mimosa Willamo, Onni Tommila…

Genre : Action

Durée : 1h31

Date de sortie : 21 juin 2023

Le Pitch :

En 1944, au cœur du désert lapon, un ancien soldat devenu chercheur d’or trouve un énorme gisement. Alors qu’il ramène son butin chez lui, sa route croise celle d’une garnison de soldats nazis…

La Critique de Sisu :

Remarqué en 2010 avec Père Noël Origines, un film atypique aux forts relents Amblin, rapidement considéré comme le Steven Spielberg finlandais, Jalmari Helander est aujourd’hui de retour, 8 ans après Big Game, son sympathique essai américain (dans lequel Samuel L. Jackson joue le rôle du présent des États-Unis) avec Sisu, une sorte de survival gore hautement décomplexé. Un film furieux, un brin foutraque, qui fonce dans le tas avec une énergie face à laquelle il semble difficile de rester indifférent.

De l’or pour le brave

Un type buriné cherche de l’or dans les steppes, alors son pays, la Finlande, chasse hors de ses frontières les armées du IIIème Reich. La lumière du soleil déclinant met en valeur les rides sur le visage d’un homme, qui, on le sait d’emblée, a tout vu. Seul avec son cheval et son chien, les poches pleines d’or, il quitte son campement de fortune et croise des nazis en route vers l’Allemagne.

Des soldats bien décidés à mettre la main sur son or… Cette introduction, remarquable car superbement filmée, pose les bases de Sisu et de son héros aussi badass que taiseux. Un type qui illustre parfaitement la réplique de Clint Eastwood dans Gran Torino : « il vous est jamais arrivé de tomber sur un mec qui fallait pas faire chier ? C’est moi. »

Sisu
Sisu-Tous droits réservés : Subzero Film Entertainment Oy/Stage 6 Films./Good Chaos.

Western sanglant

Cette introduction, aussi réussie soit-elle, donne aussi une idée un peu erronée quant à la véritable nature de Sisu. Porté par un personnage qui ne prononce pas un seul mot, ce film, dès le premier affrontement avec les nazis, organise en effet une montée en puissance qui implique des passages de plus en plus foutraques.

Porté par un souffle mythologique, auquel renvoi le titre (sisu, un mot intraduisible en français qui en gros, qualifie le fait de ne jamais rien lâcher), ce long métrage abandonne donc son côté très sobre pour verser dans le gore grand-guignol, embrassant au passage les clichés chers aux figures des films d’action américains des années 80/90. Le passage où les nazis découvrent que le chercheur d’or est en réalité un type hyper balèze qui a dézingué 300 soldats russes à lui seul illustre d’ailleurs bien cet état de fait.

Bas instinct

Sisu vient titiller la fibre nostalgique des amateurs d’action en convoquant des codes bien connus sans spécialement les détourner. Sauf peut-être quand le héros, un sexagénaire increvable, ne cesse de revenir à la charge malgré les mines, les balles, les coups dans la tronche et les tentatives de noyade.

Ce qui renvoie aussi au côté mythologique étant donné qu’à lui seul, ce personnage prend la forme d’une incarnation d’un esprit vengeur chargé de punir l’agresseur nazi pour ses crimes commis non seulement en Finlande mais aussi partout ailleurs.

En d’autre termes, le réalisateur Jalmari Helander laisse peu à peu tomber les ambitions que son introduction pouvait encourager pour adopter un style de cinéma plutôt classique mais à n’en pas douter très efficace.

Porté par la performance ô combien viscérale de Jorma Tommila, dont le visage incarne une fureur mêlée de résilience, Sisu abandonne certes le réalisme pour tomber dans quelque chose de presque cartoonesque, mais il le fait bien, avec un vrai sens du jusqu’au-boutisme, au point de devenir un authentique jeu de massacre souvent jubilatoire.

Magnifiquement éclairé, traversé de sublimes vignettes, un peu décevant à cause de sa simplicité, Sisu reste néanmoins suffisamment galvanisant pour marquer un maximum de points. Avec son héros, sorte de mélange entre Rambo, Casey Riback, John Wick et Jason Voorhees, son environnement aride parfaitement cinématographique, ses méchants vraiment méchants et ses incroyables éclairs de violence, ce film fait plaisir. Au point qu’on en vient à oublier ce qu’il aurait pu être avec un peu plus d’ambition…

En Bref…

Brut de décoffrage, super gore, bourrin et sans concession, certes un peu simplet mais très efficace et jubilatoire, Sisu tape fort. Pas le grand western crépusculaire qu’il aurait pu être mais une série B parfaitement emballée qui fait plaisir.

@ Gilles Rolland

Sisu cast
Sisu. Tous droits réservés : Subzero Film Entertainment Oy/Stage 6 Films./Good Chaos.
Par Gilles Rolland le 26 juin 2023

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